Le projet
Depuis 1987, le BICE s’est engagé dans la promotion et la protection des droits fondamentaux des enfants en Côte d’Ivoire et en particulier à Abidjan.
Ces actions visent le développement intégral de l’enfant. Elles s’appuient actuellement sur l’établissement d’une véritable culture des droits de l’enfant et l’application des principes et normes de la convention relative aux droits de l’enfant.
Les enfants en situation de handicap sont particulièrement vulnérables, voire négligés.
En effet, l’idéologie sociale traditionnelle rend suspect l’enfant handicapé aux yeux du groupe. L’ordre ancestral a prévu un rite d’accompagnement pour supprimer cet enfant. S’il ne meurt pas, il est à la charge de ceux qui ne peuvent pas se dérobe : les parents, mais surtout la mère. Il arrive que celle-ci soit chassée avec son enfant et doive en assumer seule la charge.
Les maigres moyens dont disposent les familles particulièrement démunies ou en difficultés vont bien souvent d’abord aux enfants valides.
Notre projet, initié il y a plus de 10 ans à Abidjan, vise à offrir la possibilité d’une vie pleine et entière à des enfants malgré le handicap qui les frappe et à redonner un espoir à leurs parents. Les actions menées leur permettent d’accéder à des soins, à une éducation spécialisée, à des loisirs, une vie sociale et une autonomie la plus grande possible. Les parents trouvent un appui psychosocial et, si nécessaire, un appui à leur recherche d’emploi.
Les activités
- Les plus jeunes enfants bénéficient d’activités d’éveil précoce qui contribue à leur développement, leur épanouissement et à leur autonomisation (plus de 70 enfants concernés),
- Des consultations médicales ont lieu chaque semaine à notre Centre et les spécialistes du Centre du Guidance Infantile y viennent régulièrement,
- Une rééducation fonctionnelle bien adaptée est offerte à tous les enfants qui en ont besoin, (20 par jour)
- Les interventions chirurgicales orthopédiques et autres sont facilitées,
- Les enfants ont accès aux aides techniques, orthèses et prothèses,
- Les enfants non scolarisés bénéficient d’une éducation de base adaptée,
- Un psychologue et un assistant social reçoivent les parents en entretien ou effectuent des démarches ou le suivi des enfants scolarisés en milieu ordinaire ou des jeunes placés en apprentissage
- Un atelier d’apprentissage à la coupe et couture, offrant une dizaine de places est fonctionnel,
- Les parents trouvent un lieu d’écoute,
- Les parents se sont organisés en une association de parents : l’APEH Yop
- La sensibilisation des centres de santé pour un dépistage précoce des déficiences permet la mise en place de soins appropriés et réduit les risques de handicap sévère pour certains nourrissons.
- Les mercredis et samedis, les enfants du quartier viennent jouer au centre et participent à des animations éducatives.
- Des activités sportives : l'entrainement d'un groupe d’enfants les samedis matin et leur participation aux « Jeux Olympiques Spéciaux »
Chiffres clés
Plus de 250 enfants sont suivis chaque année dans notre centre d’accueil et d’éducation des enfants en situation de handicap (CESEH), commune de Yopougon, Abidjan, qui est agréé par les services de l’Etat.
Témoignage de la maman de Pinda en situation de retard psychomoteur
« Eric est notre premier enfant. La grossesse s’est bien déroulée car j’ai suivi tous les examens et conseils des sages-femmes. Seulement les examens ont relevé des traces de drépanocytose chez moi. Mais je n’ai pas eu la maladie jusqu’à l’accouchement. Avant l’accouchement, j’ai eu des contractions pendant une semaine. Le huitième jour, j’ai été évacuée au CHU de Cocody où j’ai accouché par césarienne.
A la naissance, l’enfant a beaucoup convulsé et il a été admis en réanimation pendant deux semaines. A quatre mois, quand j’essaie de le faire assoir, il était raide, les pieds tendus. Je me suis rendu chez un pédiatre qui m’a orientée vers un neurologue à la Guidance Infantile d’Adjamé. Là-bas, j’ai fait faire un EEG et un scanner qui ont révélé des traces d’épilepsie. Il a été mis sous traitement.
C’est ainsi qu’une dame que je connais m’a orientée vers le CESEH pour la rééducation de mon enfant. Cela fait 7 mois que je suis arrivée ici. Avant que je ne vienne ici, mon enfant avait le visage toujours en l’air ; il ne tenait pas le cou ; ses membres supérieurs comme inférieurs étaient raides.
Aujourd’hui, mon enfant tient son cou, il n’est plus raide comme avant ; il arrive même à fléchir les genoux, il se couche sur son ventre et essaie de ramper. Mon fils a beaucoup évolué.
Je remercie le Kiné, tonton Alain et le Directeur du centre qui nous soutient, nous encourage. J’espère que mon fils va marcher un jour ».






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