Notre mission :

Défendre les droits et la dignité des enfants partout le monde

16 juin 2017 | 16:56

Déclaration du BICE pour la Journée de l’Enfant Africain 2017

©M-L Joliveau

Sans certificat de naissance, l’enfant n’est pas sujet de droit mais objet. En cette Journée de l’Enfant Africain du 16 juin, le BICE et ses partenaires exhortent Etats et instances internationales à se mobiliser pour garantir à chaque enfant son identité légale.

Une Afrique qui n’enregistre pas assez ses enfants

Le BICE et 13 organisations membres de son réseau en Afrique se sont associés à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain pour dénoncer la situation critique des enfants sur le continent. Ils pointent particulièrement du doigt le trop faible taux d’enregistrement des naissances dans plusieurs pays. A titre d’exemples :

  • Au Mali, les agents de l’état civil n’hésitent pas à réclamer des frais indus pour l’établissement du certificat de naissance, alors que ce dernier est garanti gratuit par la loi ;
  • En RD Congo, à Kinshasa (ville de 10 millions d’habitants), seuls 39% des nouveau-nés étaient enregistrés en 2014. A Bukavu, le chiffre tombait à 32% (étude de notre partenaire PEDER en 2010). Les frais d’enregistrement, la pénurie de bureaux d’état civil et le manque d’information dissuadent bon nombre de parents d’initier les démarches nécessaires.
  • Au Togo, seuls 35% des enfants de moins de 5 ans possédaient un acte de naissance en 2015 (atelier PEV-ProDeg-GIZ).

Cette situation est inacceptable car, sans acte de naissance, l’enfant n’a pas d’existence juridique : il ne peut donc jouir d’aucun de ses droits, notamment en termes de santé, d’éducation et de protection. Il risque alors de devenir l’objet des pires violences.

Si la Journée de l’Enfant Africain marquait un tournant décisif ?

La Journée de l’Enfant Africain est là pour rappeler aux Etats africains et à la communauté internationale l’objectif 16 et sa cible 16.9 de l’Agenda 2030 qui engagent les Etats à enregistrer les naissances.
Le BICE et ses partenaires recommandent en particulier aux Etats de dédier enfin les ressources nécessaires à l’enregistrement systématique, gratuit et rapide des naissances. Les collectivités locales doivent être mobilisées et formées sur la démarche, et les professionnels et leaders communautaires sensibilisés au sujet.

Pour en savoir plus

La déclaration du BICE et de ses partenaires pour la Journée de l’Enfant Africain
La déclaration du BICE et de ses partenaires pour la Journée de l’Enfant en Europe de l’Est, dans le Caucase et l’Asie Centrale