Notre mission :

Défendre les droits et la dignité des enfants partout dans le monde

1 mars 2018 | 08:24

Comment faire progresser la justice juvénile au Guatemala

Justice juvénile au Guatemala
©BICE

L’ICCPG est le partenaire du BICE au Guatemala pour le programme Enfance sans Barreaux. Dans ce cadre, il assure différentes formations afin de développer la justice réparatrice et de sensibiliser la population locale au sort des enfants en conflit avec la loi dans son pays.

Au cours de l’année 2017, l’ICCPG a organisé trois cycles de formation pour la justice juvénile au Guatemala. Ces formations ont rassemblé 331 participants, issus des autorités judiciaires du pays (Secretaría del Bienestar Social, ministère public, police nationale civile) et des membres de la société civile. Esmeralda Monterosso Sanchez, responsable des formations pour l’ICCPG, revient sur ces dernières.

Quelles ont été les principaux progrès de la justice juvénile au Guatemala ?
La justice juvénile au Guatemala a progressé. Parmi ces avancées, on peut souligner la mise en place de juges pour enfants dans les tribunaux de première instance, lorsque des enfants ou des jeunes se retrouvent en conflit avec la loi. Ce dispositif s’étend dans tout le pays. Actuellement, il y a 22 juges de ce type, secondés par des équipes spécialisées qui s’assurent que la justice soit rendue au mieux.

En quoi consistent les formations que vous assurez en partenariat avec le BICE ?
Les formations que nous assurons dans le cadre du programme Enfance sans Barreaux, avec l’appui du BICE, se répartissent en 3 groupes :

  • les formations spécialisées en terme de justice pénale juvénile qui s’adressent aux acteurs de la justice ;
  • les formations de sensibilisation à destination des médias ;
  • les formations pour les organisations de la société civile qui accompagnent les enfants en conflit avec la loi (ECL).

L’objectif commun à l’ensemble de ces formations est de sensibiliser à la situation des ECL, sous l’angle des droits de l’homme et du respect de la dignité.

Quelles ont été les réactions des membres de la justice qui ont suivi cette formation ?
Le principe de la formation a été très bien reçu. Les membres de la justice sont conscients de la spécialisation que nécessite la justice juvénile au Guatemala. Ces formations, étalées dans le temps, sont toujours en cours de réalisation.
On peut déjà mesurer leur impact au travers des statistiques. Les mesures non privatives de liberté pour les enfants en conflit avec la loi gagnent du terrain. Ce sont elles que les juges tendent aujourd’hui à privilégier.

Quelles relations l’ICCPG entretient-il avec l’Etat pour réaliser ce type de formation ?
Ces formations présentent une conjonction d’intérêt pour l’ICCPG et les autorités publiques, et particulièrement le Secrétariat du Bien-être social (Secretaria del biensestar social) en charge de la justice juvénile au Guatemala. Nous avons ainsi élaboré ensemble les programmes de formation et choisi, d’un commun accord, les thèmes à aborder. Cette formation est ainsi une sorte de pensum que les équipes techniques doivent étudier, puis qu’elles doivent appliquer dans leurs process avec les adolescents.

Le changement de gouvernement en 2016 a-t-il eu une incidence sur les formations ?
Depuis l’installation du nouveau gouvernement, nous nous sommes rapprochés du directeur du Secrétariat du Bien -être social, qui voit d’un œil favorable nos formations. Mais certains nouveaux membres de l’administration se montrent, eux, plus récalcitrants, ce qui ralentit nos opérations. Toutefois, le gouvernement continue à voir positivement le process de spécialisation que nous menons car il est conscient de n’avoir actuellement ni les moyens financiers ni les compétences pour l’assurer.

L’Etat met-il en œuvre les moyens nécessaires pour appliquer les méthodes préconisées ?
Avec le nouveau gouvernement, le budget du Secrétariat du Bien-être social est essentiellement dévolu aux salaires et aux questions administratives. Ce qui limite les initiatives. C’est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire que l’ICCPG soutienne le Secrétariat afin que soient mis en œuvre les process que l’ICCPG élabore en interne.