Notre mission :

Défendre les droits et la dignité des enfants partout dans le monde

Soutien et formation des jeunes filles retirées des groupes armés en RD Congo

©D. Durnez

La province du Nord Kivu de la RD Congo est le théâtre, depuis près de 20 ans, de violents conflits. Plus de 130 groupes armés y sévissent, qui n’hésitent pas à recruter ou enrôler de force de jeunes enfants.

Les ONG présentes sur le terrain estiment à ce jour à 4000 le nombre d’enfants présents dans les groupes armés de la RD Congo. Soldats, cuisiniers, informateurs ou encore objets sexuels pour les combattants, ces enfants sont tous victimes de violences graves et subissent un sort misérable. Les jeunes filles, qui représentent 40% de ces enfants, sont les plus fragilisées.

Celles qui parviennent à fuir les milices doivent faire face au rejet familial. Elles ne sont en effet pour leurs parents qu’un objet de honte, une bouche supplémentaire à nourrir qui ne pourra jamais se marier et n’apportera donc jamais de dot. Exclues et discriminées, ces jeunes filles désocialisées n’ont d’autres recours que de se mettre en danger pour survivre. Arrêtées souvent arbitrairement, elles dépérissent en détention ou se livrent aux pires formes de travail et sont, souvent, contraintes de se prostituer.

C’est dans ce contexte que le BICE apporte son soutien à son partenaire, la Fraternité laïque mariste Cœur sans Frontières (CSF) pour la réinsertion de ces jeunes filles, parfois déjà mères, démobilisées volontairement des groupes armés en RD Congo.

Comment réinsérer les jeunes filles démobilisées des groupes armés en RD Congo

Dans le cadre du programme Education, le BICE et CSF s’associent pour assurer la formation professionnelle et le soutien psycho-social de 70 jeunes filles démobilisées, âgées de 14 à 17 ans. L’objectif est de permettre à ces jeunes filles de se réintégrer dans la société, en renouant avec leur famille et en exerçant une profession. Ce travail de réinsertion sur un an a lieu au centre de jour de Goma de CSF.

  • Des familles d’accueil, volontaires, fournissent le logement à celles qui n’ont pas de famille dans la ville. Elles sont accompagnées et soutenues par des membres de CSF et une psychologue.
  • Les jeunes filles reçoivent les soins et le matériel de base nécessaire pour leurs besoins fondamentaux : examen médical et traitements nécessaires, kit d’hygiène trimestriel (savon, sous-vêtements, seau, etc.), un repas quotidien équilibré.
  • Elles bénéficient d’un soutien psycho-social personnalisé, assuré par une psychologue et des animateurs sociaux de CSF, formés à être Tuteurs de résilience.
  • Des démarches sont effectuées auprès des familles biologiques et de la communauté pour les sensibiliser sur leur rôle de parents et les inciter à renouer progressivement les liens rompus avec leur enfant.
  • Des cours d’alphabétisation sont dispensés, si besoin, ainsi que des cours d’éducation à la vie : protection de soi, gestion des conflits, éducation sexuelle, …
  • Parallèlement, les jeunes filles suivent, pendant 10 mois, une formation professionnelle en coiffure ou couture, selon leur choix. Un kit de démarrage leur est remis en groupe à la fin de l’année afin qu’elles puissent s’associer et lancer une activité génératrice de revenu qui contribue aussi à développer leur auto estime.

Activités

  • Réhabilitation physique, psychologique et sociale de jeunes filles traumatisées par leur enrôlement forcé dans les groupes armés
  • Médiation familiale et communautaire pour la réintégration des jeunes filles dans leur famille
  • Alphabétisation, formation professionnelle et installation pour assurer une réinsertion économique et sociale durable