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Défendre les droits et la dignité des enfants partout dans le monde

Tuteurs de résilience en Ukraine

Tuteurs de résilience en Ukraine
©Women‘s Consortium of Ukraine

Suite au conflit à l’Est de l’Ukraine en 2014, de nombreuses familles ont fui vers d’autres régions du pays. Au traumatisme du départ, s’ajoutent des conditions de vie particulièrement difficiles.

Le projet Tuteurs de résilience en Ukraine permet d’accompagner les enfants déplacés à cause du conflit pour les aider à se reconstruire et à croire à nouveau en l’avenir.

Les conflits armés très violents qui ont secoué la région en 2014 ont fait plus 9 000 morts et 20 000 blessés. 2 millions de personnes se sont réfugiées dans les pays voisins (Russie, Biélorussie, Pologne, …) ou les régions limitrophes.

Le gouvernement a pris des mesures pour accueillir les personnes déplacées à l’intérieur du pays ; l’installation reste néanmoins longue, dure et éprouvante. Sans toit, nombre de familles ont dû se loger dans des écoles ou des bâtiments de bureau. Sans travail, elles n’ont, pour survivre, que les maigres aides financières allouées par l’Etat. L’octroi prioritaire de places en crèches et dans les écoles pour les enfants nouvellement arrivés a, quant à lui, avivé tensions et hostilités avec les communautés locales.

Plus que tout, les déplacés ont à affronter les conséquences psychologiques de l’exode. Les enfants sont tout spécialement en état de choc, traumatisés par ce qu’ils ont vu, vécu et par tout ce qu’ils ont eu à quitter si brusquement.

Le BICE met en place le projet Tuteurs de résilience en Ukraine

Dans ce cadre, le BICE a mis en place, avec son partenaire Women’s Consortium of Ukraine (WCU), deux formations Tuteurs de résilience en Ukraine. Ces formations, réalisées avec le concours de l’Unité de recherche sur la résilience de l’Université Catholique du Sacré Cœur de Milan, étaient destinées aux psychologues et aux travailleurs sociaux, en charge d’enfants déplacés. Ces professionnels, déjà formés à l’aide psychologique de premier secours, se trouvaient en effet démunis pour un accompagnement à plus long terme.

Grâce à ces formations, les participants ont pu :

  • approfondir la notion de résilience,
  • travailler sur l’identification et la compréhension des émotions de l’enfant et de ses ressources, internes comme externes,
  • s’initier aux exercices pratiques à réaliser avec les enfants pour favoriser leur résilience.

Ces formations étaient conçues comme un « Training for Trainers »(¹). Grâce à elles, les participants sont en mesure d’assurer la formation de leurs pairs et en démultiplier ainsi l’effet. Une nouvelle formation de suivi est prévue en 2018.

Activités

  • Formation de professionnels de l’enfance à la résilience assistée
  • Accompagnement psychologique des enfants traumatisés par la guerre pour favoriser leur résilience

Témoignage

Témoignage de Mme Elena Konstantinova, « Tuteur de Résilience » en Ukraine

Bogdan est un jeune garçon de 13 ans. Il a fui avec sa mère la zone de conflits pour venir dans notre ville, à Pervomaïsk. Il a vécu des choses très dures, a croisé quotidiennement des personnes blessées dans les rues, des gens de son entourage ont été tués… Dans sa nouvelle école, Bogdan restait isolé de ses camarades, il était nerveux. Il ne cessait de dessiner des rues avec des rangés de tombes et des cadavres gisant sur les routes. Ce sont ces dessins qui ont incité son professeur à l’adresser à un psychologue.

Les enfants victimes de conflits grandissent avant leurs pairs. Pour Bogdan, les enfants de son âge et leurs jeux semblaient trop enfantins ou trop joyeux. Dans nos discussions, il revenait tout le temps sur son passé et ne voulait absolument pas prendre conscience de sa nouvelle vie. Il était comme « gelé » émotionnellement. Heureusement, peu à peu, il s’est ouvert à son psychologue.

Les ateliers issus de la formation « Tuteurs de résilience » ont été pour cela d’un précieux secours. L’atelier « Le Trésor perdu » a par exemple aidé Bogdan à se libérer de la douleur dont il ne voulait pas parler. Cet atelier consiste à sculpter ce que l’on a perdu en pâte à modeler. Ici, on a sculpté ensemble son père et un cœur. Après, Bodgan s’est senti vraiment mieux.

Au fil des ateliers et des sessions de travail, Bogdan est devenu moins anxieux et plus confiant. Selon sa mère, il ne vit plus dans les souvenirs de son ancienne école : il a enfin trouvé sa place dans sa nouvelle classe.