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21 avril 2017 | 07:38

Bilan sans appel pour les droits de l’enfant au Mali

Bilan sans appel pour les droits de l’enfant au Mali
@ML Joliveau

Les rapports des experts indépendants des Nations unies sur l’impact de la crise sur les droits de l’enfant au Mali se suivent… et se ressemblent. Celui présenté par M. Baldo Sullivan à la 34ème session du Conseil des droits de l’homme ne fait malheureusement pas exception.

Le BICE et le Bureau national catholique de l’enfance au Mali (BNCE-Mali) déplorent l’impact de la crise au Mali sur les enfants. Enrôlés dans les groupes armés ou dans les forces de l’ordre, abusés sexuellement, exploités, victimes de mariages et de grossesses précoces, privés du droit à l’éducation, ils sont les premières victimes du conflit.

Les droits des enfants sont bafoués selon l’expert des Nations unies au Mali

Dans le contexte d’insécurité et de violence qui règne dans le pays, les droits de l’enfant ne sont très souvent plus respectés.

Droit à l’éducation et à la protection. Dans son rapport, l’expert indépendant, M. Baldo, a noté que, pour cause d’insécurité, 393 écoles avaient été fermées au Centre et au Nord du Mali tandis que, dans les écoles encore ouvertes, les sévices sexuels et le harcèlement étaient fréquents. La situation des petites et jeunes filles est particulièrement critique : mariage et grossesses précoces, excision, esclavage sexuel, viol… M. Baldo a regretté qu’aucune loi ne soit promulguée pour lutter contre les violences basées sur le genre et insisté sur l’importance d’ériger le viol en infraction pénale.

Droit à la justice. Le BICE et le BNCE-Mali ont, eux, dénoncé les arrestations arbitraires et les détentions préventives de longue durée, sans assistance juridique. Faute de moyens, les conditions de détention sont déplorables, les services d’enquêtes inefficaces et les délégués à la protection de l’enfance censés œuvrer auprès des Hauts Commissaires (dans chaque région et dans le district de Bamako) inexistants.
Comme l’avait déjà relevé le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, le BICE et son partenaire ont souligné que la lutte contre l’impunité des auteurs de violences sexuelles sur les jeunes filles piétinait. Le nombre de cas signalés reste encore très faible car les victimes hésitent à porter plainte. Elles sont encore trop souvent stigmatisées par la communauté et sont mal informées de la procédure judiciaire, procédure qui en plus est trop onéreuse pour la plupart des familles.

La mission de l’expert au Mali est prolongée pour suivre l’évolution du pays

Le BICE et son partenaire local ont soutenu la prolongation du mandat de M. Baldo au Mali pour une année supplémentaire, dans le cadre de la résolution sur l’assistance technique et le renforcement des capacités dans le domaine des droits de l’homme. M. Baldo rendra un nouveau rapport à la 37ème session du Conseil, en mars 2018. Ce rapport évaluera l’évolution de la situation des droits de l’homme dans le pays, en s’attachant tout particulièrement à la question de la justice et de la réconciliation.