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1 juin 2017 | 13:10

Stefania Gandolfi. Pour une éducation de qualité, équitable pour tous les enfants

Pour Stefania Gandolfi, le droit à l’éducation est la clé d’accès aux autres droits
©BICE

Entretien avec Stefania Gandolfi, spécialiste de l’éducation interculturelle et de l’éducation aux droits de l’homme, titulaire de la chaire Unesco « Droits de l’homme et éthique de la coopération internationale » à l’Université de Bergamo (Italie).

Pour Stefania Gandolfi, le droit à l’éducation est la clé d’accès aux autres droits

Le droit à l’éducation est celui qui permet d’apprendre, de comprendre, de maîtriser des connaissances et des capacités fondamentales. Ainsi l’exercice de ce droit est présent dans tous les aspects de la vie d’une personne : expression, santé, travail…
Si un élève s’approprie ce droit, sa conscience, sa participation, son ouverture et son comportement changent. Par exemple, au Burkina Faso dans un projet de droit à l’éducation, on a pu observer que lorsque ce droit n’est pas respecté (pour différentes raisons telles que la famine, l’éloignement, le manque d’enseignant, le manque de formation des enseignant, etc.), la société entière en est victime. L’enfant est violé dans sa nature, son développement. A contrario, le droit effectif se manifeste par la place qui est donnée ou prise par l’enfant dans sa famille, dans la société.

Une éducation de qualité place l’enfant au centre de la démarche

On a une éducation de qualité lorsque l’enfant est au centre de la démarche éducative : ainsi il est sujet et débiteur de droits. Elle est effective quand elle éduque les personnes à être sujet de tous les droits de l’homme, à agir selon leurs droits dans leur interdépendance. L’accès à l’éducation pour tous ne garantit pas une éducation de qualité.
La qualité de l’éducation se mesure non seulement par sa capacité à accueillir tous les enfants, mais aussi par sa capacité à leur apprendre les droits de l’homme et à les utiliser, de façon libre et responsable, dans leur insertion sociale et professionnelle. La qualité implique l’égalité des chances qui est inclusive, avec une participation de la communauté et des autorités publiques. De plus, elle doit se baser sur un curriculum pertinent qui permet un équilibre entre toutes les disciplines ainsi qu’une inclusion des savoirs qui proviennent de la vie quotidienne tels que l’éducation à la santé, à l’alimentation, à la communication, au respect envers les parents, etc.
Elle implique aussi de répondre aux attentes de la communauté avec une flexibilité au niveau de l’organisation et de la méthodologique. Les savoirs provenant de la communauté peuvent alors être discutés, intégrés ou rejetés. Ils peuvent parfois même être valorisés par rapport aux savoirs provenant du monde scientifique. Ainsi les compétences sont au service du développement de la personne à partir de ses propres questions, de ses propres expériences.
Une éducation de qualité doit être interculturelle : aujourd’hui, il n’y a plus de groupe d’apprenants homogènes. Tout enseignant est confronté à plusieurs contextes, plusieurs cultures, plusieurs langues (officielles ou pas) et il est indispensable d’avoir une approche interculturelle dans tous les aspects pédagogiques et pas seulement multiculturelle (avec une juxtaposition des cultures ou des contextes).

La collaboration entre tous les acteurs est nécessaire

Le rôle de l’Etat est fondamental. Mais pour démocratiser l’éducation et faciliter l’accès à tous, il faut un dialogue, une coopération entre les différents acteurs civils et étatiques. Cette collaboration doit aussi inclure les parents, les communautés qui peuvent identifier les besoins pour parvenir à une éducation qui soit en cohérence avec le contexte dans lequel elle s’inscrit.

Stefania Gandolfi interviendra lors du Congrès international du BICE le 7 juin prochain.