Au Guatemala, les enfants représentent une part importante de la population. On estime que près de 6,6 millions de filles et de garçons vivent dans le pays, soit plus d’un tiers de la population totale. Malheureusement, beaucoup d’entre eux grandissent dans des conditions difficiles : six enfants sur dix vivent dans la pauvreté. La situation est encore plus préoccupante pour les enfants autochtones, particulièrement exposés aux inégalités et aux privations.
Alors que les premières années de vie sont particulièrement déterminantes pour le développement physique, émotionnel et cognitif, l’accès aux services essentiels reste inégal. La couverture de l’éducation préscolaire demeure limitée et la malnutrition infantile reste très élevée, touchant environ 60 % des enfants âgés de 6 à 24 mois. À ces difficultés s’ajoutent les conséquences sociales et psychologiques des crises qui s’enchaînent ces dernières années. Crises qui ont accentué les situations de vulnérabilité, les troubles anxieux et les ruptures familiales.
Dans ce contexte, agir pour garantir les droits fondamentaux des enfants – notamment le droit à l’éducation, à la santé (dont la santé mentale) et à la protection – constitue une priorité.
Un projet centré sur le développement intégral des enfants
Le projet mené par l’Office des droits humains de l’Archevêché de Guatemala (ODHAG) avec le soutien du BICE s’attache à contribuer au développement intégral des enfants et adolescents, en agissant à la fois auprès des jeunes eux-mêmes et des adultes qui les entourent. D’une durée de deux ans (2026-2027), il associe soutien psychologique, actions éducatives et formation.
Une cinquantaine d’enfants et d’adolescents confrontés à des difficultés émotionnelles ou comportementales seront accompagnés par le service de psychologie de l’ODHAG. « Le suivi sera individuel et durera le temps nécessaire à chacun pour aller mieux », explique notre partenaire. Dans un contexte où les services de santé mentale accessibles et gratuits restent rares, cet accompagnement représente un soutien essentiel pour les familles les plus vulnérables.
Le projet prévoit également des actions éducatives dans la commune rurale d’Amatitlán, au sud de la capitale. Cette zone a été choisie en raison de sa forte proportion de jeunes — près de 43 % de la population a moins de 19 ans — mais aussi des difficultés d’accès aux services éducatifs et sociaux pour de nombreuses familles. En forte croissance, cette commune reste marquée par un manque d’opportunités locales, obligeant de nombreux habitants à travailler ailleurs. Ce qui accentue les défis auxquels sont confrontés les enfants.
Soutenir l’éducation et la petite enfance
À Amatitlán, le projet accorde une attention particulière à la petite enfance, période décisive pour le développement des compétences d’apprentissage. Dans deux écoles, une centaine d’enfants âgés de 5 à 6 ans recevront un kit éducatif ludique intitulé « Aprender es divertido », destiné à stimuler leur curiosité et à encourager l’apprentissage par le jeu.
Les familles seront également associées à cette démarche. Des kits pédagogiques seront remis aux parents et aux personnes qui s’occupent des jeunes enfants afin de soutenir leur rôle éducatif et de promouvoir des pratiques bienveillantes au sein du foyer.
Les enseignants joueront eux aussi un rôle essentiel dans cet accompagnement. Une centaine d’entre eux participeront à une formation spécialisée sur les stratégies et méthodologies d’éducation pour la petite enfance. Cette formation leur permettra de mieux prendre en compte les dimensions sociales et émotionnelles du développement de l’enfant, notamment les enjeux liés à la santé mentale.
Ces actions visent à créer autour des enfants des environnements plus attentifs à leurs besoins, que ce soit à l’école, dans la famille ou dans la communauté.
Une coopération régionale en faveur des droits de l’enfant
Au-delà des actions locales, le projet s’inscrit dans une dynamique régionale. L’ODHAG coordonne en effet la Mesa BICE Centre Amérique, un espace de collaboration réunissant des organisations du Guatemala, du Salvador et du Honduras. L’objectif : partager des expériences et coordonner des initiatives en faveur des droits de l’enfant.
Un diplôme latino-américain multidisciplinaire sera notamment proposé à des professionnels engagés dans la défense des droits humains, afin de consolider leurs compétences en matière de protection intégrale de l’enfance.
Une étude régionale analysera également la situation des enfants et adolescents dans les trois pays. Les résultats seront présentés lors d’une rencontre permettant d’identifier les défis communs et de définir des pistes d’action pour améliorer leurs conditions de vie et la défense de leurs droits en Amérique centrale.
