Le Guatemala est l’un des pays d’Amérique latine où les conditions de vie des enfants sont les plus difficiles. Selon l’ODHAG, partenaire du BICE, près de 21 % d’entre eux y vivent dans l’extrême pauvreté (Encovi 2023). Et le pays détient le triste record régional de la malnutrition infantile, avec un taux parmi les plus élevés au monde. L’accès à l’éducation reste profondément inégalitaire et, en trois ans, près de 77 000 plaintes pour violences contre des enfants et adolescents ont été déposées.
Face à ce constat, le projet Silencio… que estoy diciendo algo que te interesa (Silence…Je vais te dire quelque chose qui t’intéresse) a été conçu pour sensibiliser les enfants à leurs droits et leur offrir un espace d’expression sur ce sujet.
Un livre sans texte… mais chargé de sens
Créé et illustré par Angela Gabriela De León, psychologue au sein de l’ODHAG, ce livre silencieux raconte en image l’histoire d’Ali et Alex, deux enfants confrontés à un monde d’injustices. Une école en gélatine où il est impossible d’entrer pour l’une, une belle école pour l’autre, un lieu où il leur est interdit à tous deux de parler, des responsabilités d’adultes qui les empêchent de jouer, l’absence d’un foyer chaleureux, de leurs parents…
À travers ces scènes symboliques, le livre met en lumière les défis auxquels sont confrontés les enfants dans un pays où leurs droits fondamentaux (éducation, participation, loisirs, protection, identité) restent largement bafoués. Pensé pour les 4-12 ans, il invite à la réflexion et au dialogue, tout en stimulant l’imagination.
Diffusé dans 11 écoles publiques
L’impact du projet dépasse largement les objectifs initiaux. Grâce à une gestion efficace des ressources, 3 150 exemplaires du livre ont été imprimés – au lieu des 250 prévus –, permettant une diffusion dans 11 écoles publiques ainsi qu’auprès des enfants accompagnés par les services de psychologie de l’ODHAG.
Trois écoles pilotes ont été équipées, en complément, de coins calmes. Des petits espaces sécurisants et chaleureux qui comprennent une petite bibliothèque, des livres, un tapis coloré, un ours en peluche géant et du mobilier adapté aux enfants. Ils permettent une lecture collective, suivie de discussions et d’activités artistiques autour de diverses thématiques dont les droits de l’enfant.

Un livre silencieux qui favorise l’expression et l’écoute
« Dans le groupe scolaire centraméricain dans la zone 1 de la capitale, les enfants ont accueilli le projet avec enthousiasme, rapporte l’ODHAG. La lecture collective a suscité de nombreuses réactions. Les enfants ont pris plaisir à interpréter les illustrations à voix haute, à échanger. Ils en ont bien compris le sens. Cela a aussi été l’occasion pour eux d’exprimer ce que ces sujets leur faisaient ressentir. »
Grâce à la diffusion élargie du livre, de nouveaux ateliers, lectures participatives et activités pédagogiques pourront être organisés dans les établissements partenaires. L’ouvrage sans texte devient ainsi un outil durable pour sensibiliser les enfants à leurs droits et favoriser leur participation dans la société.
