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Marie Bochet athlète française de haut niveau
©Yves Perret YPMédias

Marie Bochet : « Le sport fait du bien à notre société et à nos corps »

Alors que le jeux paralympiques d’hiver débutent le vendredi 6 mars, découvrez l’interview-portrait de Marie Bochet, athlète française de haut niveau, multimédaillée en paraski. En retraite sportive depuis 2024, elle est aujourd’hui engagée auprès de la fédération handisport et du comité paralympique.

L’équipe de rédacteurs. Publié le
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Quel genre d’enfant étiez-vous ?

Marie Bochet : J’ai la chance d’avoir grandi au coeur d’une vallée de montagne préservée, au contact de la nature et des grands espaces. Un environnement bienveillant qui attise la curiosité et le dynamisme. Je suis née avec une agénésie, c’est-à-dire une malformation de l’avant-bras gauche. Avant même ma naissance, ma famille et notre entourage savaient que je serai une enfant différente physiquement. Je n’ai pas subi de regards pesants sur mon handicap, ce qui m’a permis de m’accepter plus facilement.

Quelle place a eu le sport et le parasport dans votre parcours ?

Quand on veut pratiquer un sport, le premier contact c’est le sport valide. Mon handicap permettait assez facilement d’intégrer ce type de club. Puis, j’ai été confrontée à ma différence, qui s’est avérée limitante si je voulais aller plus loin. J’ai découvert la fédération handisport et un circuit parallèle qui permettait aux personnes en situation de handicap d’accéder à la pratique de très haut niveau, de façon adaptée. Cela m’a offert une autre voie. J’avais alors 12 ans. Le handisport m’a accompagnée dans l’entrée dans l’adolescence, m’a fait rencontrer d’autres formes de handicap et m’a ouverte à d’autres histoires. Cela m’a permis de relativiser, de mieux accepter mon corps à ce moment de la vie où on n’est jamais satisfait de son physique (rires). Et puis le sport permet de développer ses capacités, de repousser ses limites, d’apprendre à mieux se connaître et de prendre conscience de ce dont on est capable de faire, même avec un corps différent. D’ailleurs, c’est valable pour tous, handicapés ou non.

Aujourd’hui, vous représentez un modèle auprès des jeunes, notamment auprès des filles. Quel conseil pourriez-vous leur donner ?

Mon conseil aux enfants : il faut oser ! Se faire confiance !

Il faut oser ! Des enfants s’entendent dire qu’ils ne sont pas capables de faire certaines choses. Qu’ils vérifient par eux-mêmes. S’ils ont envie et qu’ils pensent que c’est bon pour eux, il ne faut pas se restreindre aux croyances limitantes des autres. Il faut se faire confiance. Je me le dis encore à moi-même aujourd’hui adulte quand je doute de mes choix.

Vous êtes aussi engagée comme championne de la paix avec l’association Peace and Sport. En quoi le sport est-il un vecteur de paix ?

Le meilleur exemple est le village olympique et paralympique. Pendant deux semaines, tous les athlètes vivent ensemble, quelles que soient leurs croyances ou leurs origines. Le sport a cette puissance de rassembler et de permettre aux gens de vivre dans la communion d’un événement festif. On retrouve cette force à l’oeuvre dans la pratique amateure. Dans les clubs sportifs, des personnes qui ne se croiseraient pas autrement jouent ensemble. C’est la raison pour laquelle je suis également engagée dans le parasport pour rendre accessible au plus grand nombre la pratique sportive, laquelle fait du bien à notre société et à nos corps.

Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2026 se tiennent à Milan-Cortina en février et mars. Pensez-vous que cela puisse justement permettre un meilleur accès au handisport ?

Pour favoriser l’accès, notamment des plus jeunes, au handisport, il faut d’abord des clubs sportifs inclusifs. Aujourd’hui encore, le maillage est faible. Le Comité paralympique a lancé un programme de formation des clubs « valides » pour les aider à mieux accueillir et orienter ces publics. Cela étant dit, faire connaître ce mouvement parasportif à travers les médias et les événements comme les Jeux paralympiques est primordial. Milan-Cortina 2026 puis les Jeux d’hiver Alpes 2030 en France pourront être des accélérateurs sur le sujet.

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