Depuis plusieurs semaines, le Liban est à nouveau plongé dans une spirale de violences, dans le contexte plus large de la guerre opposant Israël, soutenu par les États-Unis, à l’Iran. En réponse à des attaques du Hezbollah, allié de l’Iran, les bombardements israéliens, qui touchent principalement le sud du pays mais aussi certaines zones de la vallée de la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth, provoquent d’importantes destructions et contraignent des centaines de milliers de personnes à fuir leur domicile dans l’urgence, laissant souvent tout derrière eux.
À cette crise sécuritaire s’ajoute une aggravation de la situation économique. Les prix des denrées alimentaires ont fortement augmenté, tandis que le coût du mazout — indispensable pour le chauffage — a doublé en l’espace d’un mois. Subvenir aux besoins les plus essentiels devient un défi quotidien.
Pour les enfants, cette situation est particulièrement éprouvante. Elle les expose à des ruptures multiples (déplacements, déscolarisation, difficultés économiques accrues, perte de repères…) et à une grande insécurité.
Le Foyer de l’Amitié, un environnement protecteur
Situé à Zahlé dans la Bekaa, le Foyer de l’Amitié, partenaire du Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE), poursuit son action auprès des enfants vulnérables depuis plus de 40 ans1. Il accompagne « des enfants victimes des guerres successives, de la pauvreté, d’environnements familiaux difficiles », précise l’équipe du Foyer. Et répond, à chaque crise, à son échelle, aux besoins des familles déplacées.
« Nous accueillons actuellement 50 enfants et plusieurs familles ayant fui les zones bombardées. Mais le contexte actuel rend notre mission complexe. Les situations de détresse se multiplient, alors que nos ressources sont limitées, notamment en raison de la hausse des prix. Sans le soutien d’amis comme le BICE, nous ne pourrions continuer. »
Une première contribution d’urgence va être envoyée début avril par le BICE pour aider le Foyer à assurer l’essentiel : héberger, nourrir, chauffer, favoriser l’accès à l’éducation et maintenir un cadre de vie stable et protecteur. Une action solidaire qui rappelle combien le rôle des acteurs locaux est primordial pour protéger les enfants et familles les plus vulnérables.
[1] Reconnu d’utilité publique par l’État libanais, le Foyer de l’Amitié a été fondé à Dar al-Sadaka en 1979, en pleine guerre civile libanaise.
