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Déplacements de population en RDC
© MWT

Goma, RDC. Redonner espoir aux enfants et adolescents brisés par la guerre

Dans l’est de la République Démocratique du Congo, la persistance des conflits armés alimente une crise humanitaire de grande ampleur. Le Bureau International Catholique de l’Enfance, présent depuis dix ans dans cette région aux côtés de ses partenaires locaux, y poursuit son engagement. Il vient de lancer à Goma avec l’association Men and Women Working Together un projet dédié à la résilience et à l’autonomisation des jeunes.

L’équipe de rédacteurs. Publié le
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« Je voudrais rappeler les grandes difficultés que connaît la population de l’est de la République Démocratique du Congo, contrainte de fuir en raison de la violence et confrontée à une grave crise humanitaire », a déclaré le pape Léon XIV, dans son homélie du 18 janvier 2026.

Depuis la prise de Goma fin janvier 2025, puis la prise de Bukavu deux semaines plus tard, la situation sécuritaire dans le Nord et le Sud-Kivu continue de se détériorer et les rebelles de gagner du terrain1. Au quotidien, les civils sont les premières victimes. Les enfants, en particulier, paient le plus lourd tribut de cette crise prolongée. Conditions de vie dramatiques après avoir fui les affrontements, problèmes d’approvisionnement en produits de première nécessité, nombreux actes de violences physiques et sexuelles, fermetures d’écoles, enrôlements de force, risque de maladies accru, accès aux soins limité…

« Je rencontre des enfants qui luttent désormais pour trouver au moins un repas par jour. Ceux qui connaissaient un certain confort vivent aujourd’hui dans une précarité insupportable, minés par la peur et le désespoir, témoignage un éducateur. Ces enfants n’attendent pas seulement une aide matérielle, ils ont besoin d’un accompagnement attentif. Nous avons connu de plusieurs conflits ici ; mais celui-ci est terrible, nous épuise. »

150 enfants et adolescents accompagnés à Goma

Dans ce climat de terreur et de précarité, il est urgent d’agir pour offrir aux jeunes victimes du conflit un espace de protection et de reconstruction. C’est l’objectif du projet « Rebâtir l’espoir » porté par l’association congolaise Men an Women Working Together (MWT) en partenariat avec le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE).

Mis en œuvre sur toute l’année 2026 à Goma, ce projet s’adresse à des enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans, durement affectés par le conflit. Qu’ils aient perdu leurs proches, aient été déplacés de force, exposés à des violences ou victimes d’exploitation, tous partagent un même besoin urgent de protection et de reconstruction. L’initiative leur offre un accompagnement psychosocial structuré, ainsi que des perspectives concrètes de réinsertion sociale et économique.

Un accompagnement psychosocial pour dépasser les traumatismes

Au cœur du projet : la mise en place d’un espace sûr et bienveillant dans lequel 150 enfants reçoivent un suivi psychologique personnalisé. Parmi eux, 50, les plus fragilisés, bénéficient d’un accompagnement renforcé avec, notamment, des ateliers de résilience en groupe et à des rencontres parents/tuteurs-enfants.

En parallèle, l’ensemble des jeunes prennent part régulièrement au sein de leurs quartiers à des jeux éducatifs, des activités culturelles et sportives adaptées, encadrées par des éducateurs. À chaque rencontre, un goûter nutritif est proposé.

« Ces différentes actions visent à briser l’isolement psychologique et à retisser du lien social, à rétablir la confiance en l’autre. Les réunions avec les parents ou les tuteurs permettent de renforcer la dynamique familiale et son rôle de soutien, souvent mis à mal par les effets du conflit », explique le partenaire du BICE.

Former, autonomiser, intégrer

Par ailleurs, 50 adolescents bénéficient de formations artisanales (bijouterie, recyclage créatif, artisanat textile) et d’initiation à la gestion économique et à l’épargne communautaire. À leur issue, chaque jeune sera doté d’un kit de production pour lancer sa propre activité génératrice de revenus.

Regroupés en Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), ces adolescents pourront gérer collectivement leurs économies, renforcer leur autonomie financière et retrouver toute leur place au sein de leur communauté.

Un impact durable porté par les communautés

Au-delà des bénéficiaires directs, le projet s’appuie sur une mobilisation collective. Parents, leaders communautaires et structures sociales sont sollicités pour garantir la continuité des actions et créer un environnement protecteur autour des jeunes. Un enfant écouté, soutenu, formé et protégé aujourd’hui pourra, demain, contribuer à bâtir une société plus juste, plus apaisée.


[1] Et ce, malgré l’accord-cadre signé à Doha au Qatar en novembre 2025 entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe rebelle M23. Un accord entre la RDC et le Rwanda a également été conclu en juin 2025 à Washington (médiation américaine) puis ratifié lors d’une cérémonie officielle le 4 décembre 2025.

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