Notre mission :

Défendre les droits et la dignité des enfants partout dans le monde

26 juin 2018 | 09:22

Lancement du nouvel ouvrage sur la résilience du BICE

Lancement du nouvel ouvrage sur la résilience du BICE
©BICE

Le nouvel ouvrage de Stefan Vanistendael sur la résilience se lit comme un récit d’une vie professionnelle passée aux quatre coins du monde à accompagner les enfants les plus vulnérables à se reconstruire après les pires traumatismes.

Le nouvel ouvrage sur la résilience de Stefan Vanistendael « Vers la mise en œuvre de la résilience, La casita un outil simple pour un défi complexe » a été présenté le 18 juin dernier au Collège des Bernardins devant une assemblée d’une soixantaine de donateurs et amis du BICE. Pour l’occasion, qui célébrait également les 70 ans du BICE, la Prof. Cristina Castelli, directrice de l’Unité de recherche sur la résilience de l’Université catholique du Sacré Cœur de Milan et Vice-présidente du BICE, entourait l’auteur. Deux partenaires de nos projets Tuteurs de résilience, Yulia Akhtyamova pour le Centre de Pédagogie Curative (CCP) de Moscou et Rana El Khoury pour le projet Fratelli mis en œuvre par les Lassaliens et les Maristes au Liban étaient également venues témoigner de leurs actions sur le terrain.

La résilience nous fait changer de regard

L’auteur de l’ouvrage sur la résilience a tout d’abord tenu à rappeler la genèse du concept de résilience. Si la réalité de la résilience a de tout temps été vécue, il a fallu attendre les années 90 en France pour qu’on lui donne enfin un nom et que l’on cherche à en approfondir les mécanismes. Alors que Boris Cyrulnik participait très largement à la vulgarisation du sujet, le BICE s’interrogeait sur son utilité pratique dans ses interventions auprès des enfants.

La réponse vint lors d’un séminaire du BICE en 1993 grâce au professeur Friedrich Loesel : « La résilience n’est effectivement pas une technique d’intervention, mais elle nous inspire, dans tous nos engagements, elle est porteuse d’une espérance réaliste ».
C’était bien cette dynamique de la résilience qu’il fallait capter, ce changement de regard fondamental et profondément chrétien qui place l’enfant, avec toutes ses potentialités, au cœur de l’action. La quête de la résilience a, depuis, guidé tous les projets du BICE, jusqu’à lui inspirer le programme « Tuteurs de résilience » qui lui est entièrement dédié.

Un ouvrage sur la résilience pour la comprendre et la favoriser

La professeur Cristina Castelli a complété le propos en soulignant que la résilience se construit à partir de facteurs de protection innés (intelligence, personnalité, …) et acquis (culture, famille, amis, …), propres à chaque enfant. L’enfant doit prendre conscience des différents facteurs sur lesquels il peut s’appuyer pour se remettre débout et aller de l’avant. Mais cette démarche peut lui sembler dans un premier temps bien abstraite… La casita, cette petite maison qui met en scène et ordonne les différents facteurs, est alors un outil précieux.

 

Elle permet, par exemple, de comprendre qu’il est inutile de chercher à construire les étages de la maison si les fondements (besoins essentiels) ne sont pas prioritairement remplis. Elle explique aussi que chaque chambre peut être plus ou moins investie en fonction des besoins et du contexte. Dans le cadre d’enfants migrants, la continuité des traditions familiales et culturelles est, par exemple, particulièrement importante pour fournir des repères et assurer une intégration réussie dans le nouveau pays.

La résilience en action sur le terrain

Les deux partenaires terrain du BICE ont enfin fourni des récits plein d’optimisme et d’émotions de leurs actions, auprès des enfants réfugiés au Liban et des enfants en situation de handicap en Russie. Yulia du CCP a ainsi cité cette maman venue au centre avec son petit garçon qui n’aimait que le chant. Alors que tous les diagnostics précédents s’étaient concentrés sur ce que l’enfant «ne pouvait pas faire » (manger seul, parler, marcher, etc.) », les éducateurs du CCP se sont intéressés, au contraire, à ce dont il était capable. D’abord faire des vocalises, puis chanter, puis parler, … puis marcher. L’enfant avait compris qu’il pouvait accomplir des choses et progresser !