Le BICE a organisé, avec quatre de ses partenaires africains, une séance de formation en ligne consacrée aux livres sans texte (ou livres silencieux) élaborés par ces associations dont le projet avait été sélectionné en 2025 à la suite du cours imparti par le BICE. Cette session a permis de sensibiliser 31 professionnels à ces outils innovants, en s’appuyant sur les expériences déjà menées sur le terrain.
Les livres sans texte au service de la résilience des enfants
Ces quatre ouvrages, expérimentés avec des enfants, utilisent uniquement l’image pour favoriser l’expression des émotions, le dialogue et la reconstruction personnelle. Ils constituent des outils particulièrement adaptés aux enfants ayant traversé des situations de vulnérabilité, parfois traumatiques, et qui peinent à mettre des mots sur leur vécu.
À travers des histoires très différentes, ces expériences illustrent la grande souplesse de cet outil, capable de suivre des enfants confrontés à des réalités variées : difficultés d’accès à l’éducation, déplacements liés aux violences, rupture sociale, perte de confiance en soi ou encore isolement émotionnel.
Obstacles à l’éducation
Au Bénin, l’organisation Franciscains-Bénin a développé un livre autour de la liberté d’expression et de l’accès à l’éducation. L’histoire met en scène un enfant empêché de se rendre à l’école après la destruction d’un pont, avant qu’une mobilisation collective permette sa reconstruction. Le projet a impliqué 150 élèves et 40 enseignants.
Déracinement
En République démocratique du Congo, Cœur Sans Frontières a travaillé avec 100 enfants autour de l’histoire de Kratos, un jeune chimpanzé contraint de fuir son environnement à cause d’un contexte de violence. Ce récit aborde notamment les mécanismes d’autoprotection, l’espoir et l’adaptation face aux crises.
Rupture sociale
De son côté, DDE-CI a présenté Le sursaut de Moussa, un livre silencieux destiné aux enfants en conflit avec la loi et confrontés aux addictions. À travers le parcours d’un adolescent en situation de grande détresse, l’outil favorise l’expression des émotions et la réflexion autour des possibilités de réinsertion en Côte d’Ivoire.
Manque de confiance en soi
Enfin, l’association Calbril a partagé l’expérience du projet Le rêve de Petit Élan, imaginé et réalisé avec des enfants âgés de 7 à 13 ans au Cameroun. À travers l’histoire d’un jeune éléphant qui apprend à croire en lui en aidant les autres, ce projet a permis d’aborder des thématiques essentielles comme la confiance en soi, le courage et l’entraide.





Former de nouveaux acteurs aux ateliers de résilience
En outre, les deuxième et troisième séances ont été organisées en direction de cinq associations n’ayant pas encore mis en place d’ateliers de résilience. Dix acteurs sociaux ont ainsi été formés. L’objectif : faire le lien entre silent book et atelier de résilience, et donner des outils concrets pour accompagner les enfants confrontés à des événements traumatiques.
Les participants ont été initiés à différents ateliers permettant d’aider les enfants à identifier leurs ressources personnelles et à renforcer leurs capacités de résilience comme la valise de soi, les cinq doigts, sous l’orage et la ligne du temps. Les discussions ont également porté sur les techniques d’écoute active, l’analyse des productions des enfants et la mise en place de plans d’intervention adaptés.
Au fil des présentations et des échanges, les participants ont souligné l’intérêt des livres silencieux et des ateliers comme supports psychosociaux. Ces trois journées ont également permis de renforcer les liens entre les partenaires du réseau et de partager des pratiques inspirantes, adaptées aux réalités de terrain.
