Dans le sud-est maritime du Togo, de nombreux enfants et jeunes – en particulier les filles – sont encore aujourd’hui exclus de l’école ou sans perspective professionnelle. « Malgré l’engagement du Togo pour l’éducation, la scolarisation universelle reste hors d’atteinte, surtout en zones rurales où la pauvreté et le travail des champs privent de nombreux enfants d’instruction », explique Mawouto Afansi, directeur de l’Association pour la promotion et la protection de l’enfant et de la jeune fille (A2PEJF)1.
Pour répondre à cette situation, le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) et l’A2PEJF, son partenaire local, mettent en œuvre un nouveau projet qui favorise l’accès à l’éducation et à la formation des plus vulnérables. Déployée entre mars 2026 et février 2027 dans les communes de Bas-Mono 1 et 2 et des Lacs 2 et 4, l’initiative s’inscrit en effet dans un contexte marqué par l’extrême précarité. L’accès effectif à l’éducation se heurte également à d’autres obstacles : l’absence fréquente d’actes de naissance2, le manque d’orientation scolaire et professionnelle, les coûts indirects de la scolarisation, les violences notamment celles basées sur le genre, les grossesses précoces…
Des actions en faveur de l’éducation adaptées aux diverses réalités du terrain
Face à ces défis, le projet adopte une approche globale et inclusive, centrée sur les enfants et les jeunes, leurs familles et les communautés.
135 enfants et jeunes seront ainsi accompagnés de façon personnalisée en vue de favoriser leur maintien à l’école ou leur insertion professionnelle :
- Appui à la scolarisation (fournitures, uniformes, frais scolaires) de 60 enfants dont 40 filles.
- Établissement d’actes de naissance pour 15 enfants non déclarés à l’état civil.
- Accompagnement psychosocial, médical et psychologique de 15 enfants victimes de violences.
- Formation professionnelle et aide à la création de micro-entreprises pour 45 jeunes déscolarisés.
« Des suivis réguliers seront menés auprès des bénéficiaires pour s’assurer que leur scolarisation ou leur intégration professionnelle se déroulent bien », précise Mawouto Afansi.
Sensibilisation des adolescents contre les violences
54 élèves, membres de clubs scolaires dans six établissements, participeront à deux jours de formation sur diverses thématiques : la masculinité positive, la résilience et le projet de vie, les différentes formes de violences, notamment celles subies en milieu scolaire, les infractions pénales, en particulier les agressions sexuelles. Ces élèves deviendront ensuite des relais actifs auprès de leurs camarades en animant trois séances de prévention par club et par an (six pendant la durée du projet). Pour permettre le bon déroulement de cette action, qui prévoit la sensibilisation de 3 000 élèves, un suivi mensuel sera assuré par l’A2PEJF.
En parallèle, huit causeries éducatives sur la vie affective et relationnelle (4 par an) seront organisées avec l’implication des chambres des métiers. 640 apprentis seront concernés.
Mobiliser les communautés pour une protection durable de l’enfance
Enfin, le projet repose sur la conviction que la réussite éducative des enfants passe par un environnement protecteur et bienveillant. C’est pourquoi il prévoit un important volet de mobilisation communautaire : renforcement des relais locaux, formation de 135 parents, de 50 enseignants et 50 acteurs communautaires à l’éducation responsable, à la prévention des violences et à la résilience.
En combinant accompagnement individuel, mobilisation des familles, formation des acteurs éducatifs et participation active des jeunes, ce projet entend créer les conditions d’un changement durable. L’enjeu est de taille : permettre à chaque enfant et à chaque jeune de se projeter dans un avenir digne, autonome et libéré des violences.
[1] Membre du réseau du BICE depuis 2019, l’A2PEJF-Togo est un acteur reconnu de la protection de l’enfance dans la région sud-est maritime. Implantée à Attitogon, l’association a déjà contribué, grâce au soutien du BICE, à l’enregistrement de centaines d’enfants à l’état civil, à la prise en charge de victimes de violences et à la sensibilisation de milliers de personnes aux droits de l’enfant. Son ancrage communautaire et sa collaboration étroite avec les autorités locales constituent un levier essentiel pour la réussite et la pérennité du projet.
[2] L’absence d’état civil constitue un frein majeur, entre autres, à la scolarisation. Sans acte de naissance, un élève ne peut passer les examens officiels, ni obtenir de diplôme. Le premier examen officiel au Togo est le Certificat d’études du premier degré (CEPD) passé à la fin de l’école primaire, en CM2, généralement vers l’âge de 11 ou 12 ans.
