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Colombie. Des résultats solides pour l’école-boulangerie Bethléem

Depuis mars 2025, Trazando Futuros 2 (Dessiner l’avenir 2) accompagne des adolescents vulnérables vers l’insertion socioprofessionnelle en Colombie. Ce projet de trois ans, porté par les Religieux Tertiaires Capucins (RTC) avec l’appui du BICE, allie formation et soutien psychosocial. Une approche globale qui porte déjà ses fruits.

L’équipe de rédacteurs. Publié le
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En Colombie, et particulièrement à Bogota, de nombreux jeunes grandissent dans des environnements marqués par la précarité, la violence et l’absence de perspectives professionnelles avec un accès limité à la formation et à l’emploi. Ce sont ces jeunes que Trazando Futuros 21 accompagne : adolescents victimes des situations de violence ou sous mesure de justice réparatrice, tous confiés à notre partenaire par l’Institut colombien du Bien-être familial. Face aux ruptures scolaires, aux pressions économiques et à l’attrait de revenus immédiats, le projet leur propose une réelle alternative. L’opportunité d’envisager un futur durable.

Apprendre un métier… et bien plus encore

Au cœur du projet, l’école-boulangerie Bethléem (maison du pain en français) est un espace de transformation. Au cours de la première année, 237 jeunes ont été formés à la boulangerie et à la pâtisserie, avec un taux de réussite remarquable certifié par un diplôme d’État : 97 % en boulangerie et 74 % en pâtisserie.

« Mais au-delà des chiffres, ce sont des parcours qui changent, note Alessandra Aula, secrétaire générale du BICE. Dans l’atelier, chaque geste compte : pétrir, attendre, façonner, recommencer. Avec l’accompagnement du maître boulanger et de la psychologue, ces étapes deviennent autant d’occasions de réfléchir sur soi-même. La patience, la rigueur, le contrôle de soi ne sont plus des concepts abstraits : ils prennent forme dans la pâte, dans le temps de cuisson, dans le résultat final. Peu à peu, les jeunes comprennent que, comme le pain, leur propre chemin demande du temps, de la constance et de l’attention. »

La formation comprend également un accompagnement en compétences transversales. Les jeunes apprennent à gérer un budget, à interagir avec les clients, à valoriser leurs produits, mais aussi à travailler en équipe et à s’adapter. Ils découvrent comment transformer une idée en activité génératrice de revenus, comment se présenter, comment se projeter.

La famille et la communauté, des piliers de la reconstruction

L’organisation d’une première foire entrepreneuriale a marqué un moment clé de l’année. Pendant une journée, 45 jeunes ont présenté leurs produits, échangé avec des entrepreneurs, rencontré des représentants d’institutions. Derrière les stands et les dégustations, un enjeu essentiel : oser. Oser montrer son travail, oser parler, oser croire que ce que l’on fait a de la valeur. Cette expérience a ainsi renforcé leur confiance en eux et permis de créer des liens avec un écosystème économique indispensable à leur insertion.

Parce qu’aucun parcours ne se construit seul, le projet a intégré les familles et les communautés au cœur de son action.

139 parents ont participé à des ateliers avec leurs enfants, autour de la communication, la gestion des conflits et la prise de décision. Dans des contextes souvent caractérisés par des tensions ou des ruptures, ces moments partagés ont aidé à retisser des liens et à favoriser une coresponsabilité dans les choix de vie. L’adolescent n’est plus isolé, il avance avec sa famille, dans une dynamique de soutien mutuel.

De leur côté, les journées de solidarité, au cours desquelles des produits de Bethléem ont été distribués dans un hospice et dans un centre de prise en charge des addictions, ont offert à 87 jeunes une expérience marquante. En allant à la rencontre de personnes fragilisées, ils ont pu développer leur empathie et réfléchir, en parallèle, à leurs propres choix afin de prévenir des comportements à risque.

Des premiers pas vers l’emploi

L’un des objectifs majeurs du projet est l’insertion professionnelle. Et les premiers résultats sont encourageants : 38 jeunes ont accédé à un emploi dès cette première année, dans des secteurs variés tels que la restauration, l’alimentation ou les services. Et parmi eux, 4 ont été recrutés par Bethléem. Le début d’un chemin vers l’autonomie et la stabilité…

Bethléem : une boulangerie au service des autres

Bethléem incarne aussi une autre idée forte : une activité économique peut être au service d’un projet social, en créant à la fois de la valeur et de l’impact. En parallèle de sa mission pédagogique, l’école-boulangerie a poursuivi l’autonomisation progressive de sa production, en renforçant son organisation et sa capacité à répondre à des besoins réguliers. Elle fournit désormais deux internats des RTC accueillant près de 400 enfants. Et fabrique au total environ 240 000 unités par an. Un plan de développement visant à accroître la production et à desservir un troisième internat a également été élaboré.

Au terme de cette première année, Trazando Futuros 2 confirme la pertinence d’une approche globale, qui relie formation, accompagnement psychosocial, insertion professionnelle et engagement communautaire. « Les résultats sont là, conclut Alessandra. Mais l’essentiel est ailleurs, dans la transformation des regards, dans l’estime retrouvée, dans la capacité de ces jeunes à se projeter autrement. Dans un environnement où tant d’entre eux sont enfermés dans des trajectoires difficiles, Trazando Futuros rappelle une vérité simple et essentielle : aucun destin n’est figé. » Comme la pâte qui lève lentement avant de devenir pain, chaque jeune porte en lui une possibilité de transformation. Encore faut-il lui en donner le temps, les moyens… et la confiance.


[1] Ce projet de trois ans (mars 2025-février 2028) prolonge le travail initié depuis 2021 avec l’ouverture de l’école-boulangerie Bethléem.

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