L’épidémie d’Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC). Au 28 juin, le ministère de la Santé recensait 1 274 cas confirmés, dont 360 décès, ainsi que 502 personnes hospitalisées en isolement. Un bilan qui inclut 47 nouveaux cas et 12 décès signalés la veille par les autorités sanitaires du pays. Si la province de l’Ituri concentre la majorité des contaminations (1 165 cas confirmés), le Nord-Kivu est également touché (106)1.
Une population épuisée par l’accumulation des crises
« Ici, les événements catastrophiques s’enchaînent, se cumulent. La population a faim, a peur. Elle est à terre, témoigne l’un des partenaires du BICE à Goma. Chaque nouvelle crise rend notre quotidien plus impossible encore. » Dans la capitale du Nord-Kivu, comme dans les environs, Ebola constitue une nouvelle menace pour une population déjà extrêmement éprouvée. « L’activité économique est fortement ralentie depuis la prise de la ville par le M23 et la poursuite des affrontements aux alentours : les banques sont fermées, les prix des denrées élevés, les emplois se font rares et l’extrême pauvreté est partout. Cette situation de survie s’est encore aggravée avec Ebola », ajoute un acteur associatif local.
Les habitants qui traversaient régulièrement la frontière avec le Rwanda pour retirer de l’argent ou commercer ne le peuvent plus depuis sa fermeture décidée afin de limiter la propagation du virus. La route vers Butembo, au nord, est également coupée. « Nous sommes désormais totalement isolés. Les ressources se raréfient. Beaucoup de familles peinent à se nourrir une fois par jour. Nous avons le sentiment que personne ne s’occupe de la population. »
Continuer de protéger les enfants et sensibiliser aux gestes barrières
Dans ce contexte terrible, les partenaires du BICE continuent leurs activités essentielles auprès des enfants, dans le strict respect des règles sanitaires. « Nous ne pouvons les laisser sans appui, ils ont vécu et continuent de vivre, pour certains, des choses trop dures. Ils ont besoin d’un accompagnement attentif. D’autant que nous le savons : plus la situation s’aggrave, plus les enfants sont exposés aux violences, y compris sexuelles, et à l’exploitation économique. »
En parallèle, ils mènent des actions de prévention pour sensibiliser les populations aux gestes de protection et aux symptômes de la maladie afin de limiter la propagation du virus. Ces initiatives sont d’autant plus essentielles que l’épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle il n’existe, à ce jour, aucun vaccin homologué.
[1] Trois cas ont aussi été détectés dans le Sud-Kivu. Et un cas a été signalé le 27 juin dans une zone de santé (Mandima) pas encore touchée dans la province d’Ituri. L’Ouganda recense 20 cas confirmés, dont deux décès. Dans ce pays, le dernier cas recensé remonte au 21 juin.
