Le 24 juin, deux violents séismes de magnitude 7,2 et 7,5, survenus à quelques secondes d’intervalle, ont frappé le nord du pays. Les secousses ont été particulièrement dévastatrices dans les régions de La Guaira et Caracas, provoquant l’effondrement de nombreux bâtiments, des centaines de victimes, des milliers de blessés et de personnes déplacées. Notre partenaire le CECODAP, membre du réseau du BICE, est déjà mobilisé sur le terrain.
Des conséquences aussi psychologiques
« Les situations d’urgence ne provoquent pas uniquement des dégâts matériels. Elles engendrent également peur, anxiété, confusion et incertitude, en particulier chez les enfants et les adolescents, explique Carlos Trapani, coordinateur général du CECODAP. Dans les jours qui suivent une catastrophe, ces réactions sont normales. Mais elles peuvent avoir des conséquences durables, notamment chez les plus jeunes, si elles ne sont pas prises en charge rapidement. » Au Venezuela, où les familles vivent déjà depuis près de deux décennies dans un contexte de crises économique et sociale, ces tremblements de terre viennent aggraver des vulnérabilités préexistantes.
Pour le CECODAP, la réponse humanitaire doit donc être globale. « La distinction entre besoins matériels et besoins psychosociaux est artificielle. Dans la pratique, ces deux dimensions sont profondément liées et se renforcent mutuellement. » Les familles ont besoin, en même temps, d’un abri, d’eau, de nourriture, de soins, mais aussi d’un appui psychosocial pour retrouver des repères, réduire le stress et renforcer leur capacité à protéger leurs enfants.
Mobilisation du BICE aux côtés de son partenaire local
Au-delà de ces besoins immédiats, le séisme accroît aussi les risques de séparation familiale, de violences et d’exploitation des enfants. « La santé mentale ne peut être abordée de manière isolée. Elle est étroitement liée à la capacité du système de protection à retrouver les familles, garantir des lieux d’accueil sûrs et rétablir un environnement protecteur », souligne Carlos Trapani.
Pour répondre à ces différents défis, le BICE soutient un projet d’urgence porté par le CECODAP qui associe une aide matérielle et alimentaire à un soutien psychologique. Pendant un mois, deux psychologues interviendront en présentiel ou à distance auprès de 165 enfants, adolescents et membres de leurs familles dans les régions de Caracas et de La Guaira, ainsi que dans des zones plus isolées. Une évaluation des besoins de protection de chaque enfant facilitera, si nécessaire, son orientation vers des services spécialisés. Les parents seront également accompagnés afin de renforcer leur capacité à soutenir leurs enfants dans cette période particulièrement éprouvante.
