Depuis le 28 mai et jusqu’au 19 juin, le BICE coordonne une formation en ligne consacrée à l’éducation aux droits de l’enfant, à la culture de paix et à la participation citoyenne des jeunes. Organisée dans le cadre du projet École sans Murs 2 cofinancé par l’Agence française de développement (AFD), cette initiative déployée en Afrique réunit 47 participants issus de 16 structures membres du réseau du BICE.
Accompagner les jeunes dans leur engagement citoyen
Animées par deux organisations partenaires du BICE en République démocratique du Congo, GHOVODI et PEDER, les quatre sessions permettent un partage d’expériences Sud-Sud autour d’un même objectif : donner aux travailleurs sociaux des outils pour former et accompagner les jeunes à leurs droits et les accompagner dans leur engagement citoyen à l’école et dans leur communauté. Car lorsqu’ils sont sensibilisés, les enfants et adolescents peuvent participer à défendre leurs droits, à protéger leurs pairs et contribuer à des changements positifs.
En témoigne l’intervention d’Aristote, 16 ans, au cours de la formation du 28 mai : « Avant les sessions de sensibilisation menées par GHOVODI, on ne savait pas, on subissait. On pensait que c’était normal qu’un enseignant nous frappe quand on échouait, on pensait aussi que c’était normal qu’on se donne entre élèves des surnoms humiliants et blessants. Mais pendant la formation, on a compris qu’il existait plusieurs sortes de violences, que nous en étions victimes mais parfois aussi auteurs, et qu’il fallait s’y opposer en relayant ces informations auprès des autres élèves. »
Des clubs scolaires pour promouvoir la paix et les droits de l’enfant
Parmi les outils mis en avant lors de la 2e session : les clubs scolaires. Les participants ont découvert comment ces espaces permettent aux enfants de s’exprimer, de sensibiliser leurs pairs et de promouvoir une culture de paix. Les échanges ont également mis en lumière le rôle essentiel des adultes accompagnateurs et des comités scolaires des droits de l’enfant, chargés notamment de recueillir et gérer les signalements et de favoriser un climat scolaire protecteur.
« Avant d’entrer dans ce comité, j’avais l’habitude de commettre des châtiments corporels sur les enfants, confie une enseignante de Goma. Aujourd’hui, je sensibilise mes collègues à l’inefficacité et la dangerosité des pratiques éducatives violentes. Et puis, grâce à ces clubs ou comité, les élèves osent davantage signaler les violences. Ils participent à faire évoluer les mentalités. »
Les jeunes, acteurs du changement
Le 11 juin, la troisième session a permis de découvrir les pratiques de participation développées par PEDER à travers des groupes de pairs éducateurs. Ces adolescents sensibilisent d’autres jeunes à leurs droits, animent des activités de prévention et participent à des actions de plaidoyer.
Dans mon école, le directeur ne désignait que des filles pour nettoyer la cour. Au sein du club scolaire, nous avons compris qu’on était témoin de discrimination basée sur le genre. Aucun travail n’est spécifique à un garçon ou à une fille. Après avoir sensibilisé les autres élèves en présence des enseignants, il y a eu plusieurs changements de comportement, notamment chez le directeur. »
Kambale, jeune ambassadeur de 10 ans, Goma
«
Cette approche par les pairs repose sur une conviction forte : les jeunes se comprennent et s’écoutent plus facilement entre eux. Elle favorise la confiance, l’engagement citoyen et l’apprentissage collectif.
Enfin, la dernière session, prévue le 19 juin, porte sur les conditions nécessaires à une participation sécurisée des enfants et des adolescents dans les actions de plaidoyer. Il est indispensable que les adultes prennent en considération les propositions et les idées des jeunes, car ce sont eux qui connaissent le mieux les problématiques auxquelles ils sont confrontés. Il convient de les accompagner afin qu’ils puissent exprimer leurs opinions, développer leur esprit critique et devenir des citoyens responsables et engagés. Les participants réfléchiront notamment aux moyens de garantir des espaces sûrs, inclusifs et respectueux pour faciliter une réelle participation active et non symbolique des enfants.
À travers cette formation, le BICE et ses partenaires souhaitent permettre aux enfants et aux jeunes de devenir de véritables artisans de paix et acteurs du changement. Deux manuels d’accompagnement des enfants pour l’éducation aux droits en Afrique partie 1 Formation, Partie 2 Animation ont été élaborés en se basant sur l’expérience de Ghovodi et Peder, ils s‘adressent aux jeunes et à leur accompagnateurs.
