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Enfant dans la nature avec une pomme à la main
© Adobe Stock

« Les enfants devraient être reconnus comme une source d’inspiration »

Le frère Juan Carlos Fuentes a travaillé quatre ans au Liban comme chef du projet de Fratelli, un programme socio-éducatif de la congrégation des Frères maristes, à laquelle il appartient, et de la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes, soutenu par le BICE. Une initiative qui vise à accueillir et protéger des jeunes libanais, mais aussi syriens et palestiniens en favorisant leur inclusion sociale par l’école et l’accès à l’emploi. Ce frère, désormais conseiller général des Frères maristes, à la maison généralice de Rome, nous raconte son enfance, sa vocation, son attachement pour le Liban et ses habitants.

L’équipe de rédacteurs. Publié le
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Portrait du frère Juan Carlos Fuentes

En quoi votre enfance a-t-elle façonné la personne que vous êtes aujourd’hui ?

Je suis né il y a 51 ans dans un petit village de la région de Valence en Espagne. Mes parents étaient des chrétiens engagés. Ils vivaient leur foi à travers une forte implication sociale, qu’ils exprimaient dans leurs relations quotidiennes et leurs choix de vie. Nous étions une famille de classe moyenne. Mon père travaillait dans une banque et prenait parfois des emplois supplémentaires pour compléter ses revenus. Ma mère, au foyer, s’occupait de mon frère et moi. Nous étions heureux de notre situation et avons appris à apprécier les choses simples. Nous considérions l’éducation comme l’un de nos plus grands trésors. J’ai grandi en me sentant protégé et soutenu, à la fois par mes camarades et par les adultes qui m’entouraient. Cela m’a donné confiance dans la vie.

Est-ce enfant que votre vocation est née ?

Devenir frère mariste s’est imposé naturellement à moi. J’ai grandi dans une atmosphère profondément religieuse, j’ai étudié dans une école mariste près de mon village. Dès l’âge de 14 ans, j’ai ressenti le désir de les rejoindre.

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre engagement auprès des enfants ?

Être entouré d’enfants me rend conscient de l’immense énergie qu’ils portent. Cela me permet aussi de faire l’expérience directe de valeurs fondamentales de l’humanité telles que la transparence, l’innocence, la compassion authentique, la créativité, la joie… Travailler avec eux est une véritable source de motivation : ils me rappellent ce que notre société pourrait et devrait être. Dans l’exercice de ma mission auprès d’eux, je contribue à ce qu’ils grandissent dans un environnement sûr et bienveillant, propice à l’épanouissement de leurs plus hautes aspirations. Dans cette perspective, les enfants ne devraient pas être perçus comme de simples récepteurs de notre supposée sagesse. Ils devraient, au contraire, être reconnus comme une source d’inspiration, nous montrant le monde que nous sommes capables de créer.

Quelle relation entretenez-vous avec le Liban où vous avez vécu quatre ans ?

Quand mes supérieurs m’ont demandé de me rendre au Liban, j’ai accepté sans hésiter, même si cela représentait un changement radical dans ma vie. Après quatre ans là-bas, je peux dire que je n’aurais jamais imaginé m’attacher aussi profondément à cette terre et surtout à ses habitants. Et puis, les relations que j’ai construites ont transformé ma manière de penser, d’aborder la réalité et de comprendre les autres. Au début, je pensais devoir défendre mes idées, sensibiliser les personnes à ma manière de voir les choses, convaincu que c’était la bonne. En travaillant avec elles et en affrontant des moments difficiles à leurs côtés, peu à peu, mon regard et surtout mon coeur ont changé. Je me sens profondément reconnaissant envers tous ceux – enfants, adolescents, éducateurs… – qui m’ont permis de faire grandir un monde intérieur fait de compréhension, d’amitié et de liens profonds.

Quels sont vos espoirs pour l’avenir ?

Si nous permettons aux enfants, adolescents, jeunes et adultes vulnérables de participer pleinement à nos programmes, comme bénéficiaires et comme acteurs engagés, nous apprendrons d’eux, redécouvrirons des valeurs essentielles telles que la simplicité, l’unité et l’accueil. Et, avec eux, nous pourrons construire un monde de véritables frères et soeurs. C’est seulement ainsi qu’un avenir différent sera possible, où la justice, l’équité et la paix pourront régner partout.

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