Mardi 21 avril, un nouveau centre de la petite enfance (CEPI) a ouvert ses portes dans la communauté vulnérable de La Libertad, à Presidente Franco, dans l’est du Paraguay. Une avancée majeure pour les familles du département. Ce lieu représente en effet la première crèche publique inspirée d’un modèle associatif ayant déjà fait ses preuves
Développé par Callescuela, partenaire du Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE), le modèle des CEPI est mis en œuvre depuis quelques années dans trois quartiers défavorisés : Santa Ana, Comuneros et Esmeralda-Km 9 où aucun lieu d’accueil des 0-3 ans n’était disponible.


L’éveil précoce, un investissement pour l’avenir
Ces centres permettent aux tout-petits d’accéder à des activités d’éveil et d’éducation préscolaire dans un environnement sécurisé, stimulant et bienveillant, adapté à leurs besoins et à leur rythme. Une initiative déterminante lorsque l’on sait que dès les premières années de la vie, l’enfant construit les fondations de son développement cognitif, émotionnel, social et moteur.
« À travers le jeu, les interactions, les histoires, l’exploration sensorielle ou encore les activités artistiques, l’enfant développe progressivement ses capacités à communiquer, à observer, à mémoriser, à résoudre de petits problèmes et à entrer en relation avec les autres. Ces apprentissages précoces nourrissent non seulement sa curiosité naturelle, mais renforcent également sa confiance en lui et son envie d’apprendre. C’est essentiel pour la suite de son parcours scolaire et personnel », explique Julia Cordozo, coordinatrice de cette initiative chez Callescuela.
L’organisation des CEPI repose également sur une approche globale du développement de l’enfant, associant étroitement les familles et les communautés.
Un modèle désormais porté par les pouvoirs publics
Voir ce modèle repris aujourd’hui par les autorités de Presidente Franco, qui s’engagent à en assurer la gestion et la pérennité, constitue une étape décisive. Dans le même élan, un second centre est en cours de réalisation dans la communauté d’El Triunfo, à Minga Guazú, confirmant l’ancrage régional de cette dynamique.
Cette évolution est le fruit d’un travail de plaidoyer patient et structuré. Avec l’appui du BICE, Callescuela a multiplié les– échanges avec les autorités municipales et les instances locales de protection de l’enfance. Les communautés elles-mêmes ont joué un rôle décisif en portant cette demande auprès des décideurs. Des mères dont les enfants fréquentent déjà les CEPI ont notamment partagé leurs expériences et les progrès observés chez leurs enfants.
Inscrire les actions dans la durée
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Écoles sans Murs 2, porté par le BICE en partenariat avec cinq organisations locales et avec le soutien de l’Agence française de développement. Déployé dans quatre pays, ce programme vise à garantir aux enfants les plus vulnérables un accès à une éducation de qualité, en agissant sur l’ensemble de leur environnement et en renforçant les compétences des acteurs sur le terrain.
Le passage de relais aux autorités locales est de surcroît l’une des finalités du travail du BICE : faire émerger des initiatives efficaces au sein des communautés, les consolider, puis favoriser leur appropriation par les pouvoirs publics afin qu’elles s’inscrivent durablement dans les politiques au bénéfice des enfants.
