Affrontements en RDC. « Le sentiment d’être oubliés » - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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Goma affrontements
© Cœur sans frontières

Affrontements en RDC. « Le sentiment d’être oubliés »

À Goma à l’est de la République démocratique du Congo, des affrontements ont fait une dizaine de morts depuis une semaine. Témoignage de notre partenaire, Cœur sans frontières.

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« Jusqu’alors la ville de Goma était plutôt préservée mais plusieurs événements récents ont envenimé les relations entre les communautés Nande et Bakumu. La tension est montée ; suite à des manifestations pacifistes contre l’insécurité au Nord de la Province », décrit un membre de Cœur sans frontières. Puis, en réaction à des interventions policières ou de milices, il y a eu des attaques à la machette dans les rues de Goma, des maisons incendiées selon l’origine ethnique des familles. « On dénombre une dizaine de morts et de nombreux blessés. Ces événements nous ont fait réaliser que des groupes armés sont présents dans Goma. Mais c’est confus… On ne sait pas vraiment qui a les armes, qui tue. Cela crée de la suspicion, de la terreurLes Nande et les Bakumu s’accusent mutuellement. »

5,2 millions de personnes déplacées

Depuis 2014, l’est de la République démocratique du Congo et notamment les territoires de Nyiragongo, Rutshuru, Masisi, Lubero et Beni est le théâtre d’affrontements entre différents groupes armés, d’origines ethniques différentes. Des villages sont fréquemment attaqués, réduits en cendre, et des familles entières tuées à l’arme blanche. Ces violences se sont intensifiées ces dernières mois, obligeant les villageois à fuir. Ainsi, selon les Nations unies, la RDC compte aujourd’hui plus de 5,2 millions de personnes déplacées ; la moitié d’entre elles au cours des 12 derniers mois.

Recrutement d’enfants par les groupes armés

« Goma, dont le nombre d’habitants est estimé à 2 millions, accueille de plus en plus de déplacés qui ont tout perdu. La situation est difficile, tendue. Les gens n’en peuvent plus d’avoir peur ; d’avoir faim ; de vivre dans un territoire en guerre où le recrutement d’enfants par les groupes armés a repris. Ils ont le sentiment de ne pas être soutenus, protégés par la communauté internationale présente sur place. D’être oubliés », conclut Cœurs sans frontière qui espère que le nouveau gouvernement (nommé le 12 avril) s’attachera à renouer le dialogue entre les communautés.

Le BICE a transmis cette semaine un appel urgent à des experts de l’ONU sur la situation à Goma et Nyiragongo. Dans cette communication, le BICE demande à la communauté internationale de réagir.

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