Covid-19. Situation sociale éprouvée au Kirghizstan - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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Kirghizstan initiatives covid
Cours de tricot. Les créations sont ensuite vendues sur des marchés ou via les réseaux sociaux © Bir Duino

Covid-19. Situation sociale éprouvée au Kirghizstan

Au Kirghizstan, le partenaire local du BICE, Bir Duino, a observé ces derniers mois une augmentation de la discrimination à l’encontre des plus fragiles.

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« Le confinement, le ralentissement économique, la fermeture de nombreuses entreprises et l’augmentation du chômage qui en découle ont aggravé la pauvreté au Kirghizstan et tendu les relations sociales, souligne notre partenaire. Les actes de violence domestique sur les femmes et les enfants ont augmenté. Tout comme la discrimination à l’encontre des groupes vulnérables (personnes en situation de handicap, personnes âgées ou malades, personnes migrantes…). »

Cette réalité, Bir Duino, notre partenaire, y est confronté quotidiennement dans le cadre de l’accompagnement qu’il propose aux familles vulnérables, et plus spécifiquement aux mamans seules. Dont la plupart sont déplacées. Le Kirghizstan connaît en effet une très forte migration interne ; plus de 20 % de la population vit dans la capitale à Bichkek. Ces déplacements s’expliquent en partie par un taux d’urbanisation faible et par la difficulté d’accès aux services publics dans les zones rurales et montagneuses. « Certains habitants doivent parcourir des centaines de kilomètres pour se rendre à l’hôpital », précise Bir Duino.

Seul 1 habitant sur 7 y dispose de l’eau courante

Ainsi, autour de Bichtek, plus de 250 000 personnes déplacées vivent dans 49 petits villages de fortune qu’elles se sont construits. Seul un habitant sur sept y dispose de l’eau courante. Les enfants, et notamment les filles, y sont particulièrement vulnérables. Ils sont exposés à la pauvreté, la violence, l’exploitation, au mariage précoce. Beaucoup arrêtent l’école très jeunes.

« Les familles migrantes, et notamment les femmes, vivent le plus souvent du travail informel. Dans la restauration, le textile, le service domestique. Du fait de la pandémie, elles se sont retrouvées sans rien, explique notre partenaire. Nous avons donc en premier lieu, avec le soutien du BICE, apporté une aide humanitaire d’urgence ; distribution d’aliments, de produits d’hygiène, de médicaments ainsi que de kits créatifs, de livres et de jeux de société pour les enfants. » Des distributions organisées dans la capitale mais aussi à Batken, au sud du Kirghizstan, et pour des enfants d’un orphelinat de Yavna.

Soutien psychologique et aide aux activités génératrices de revenus

Du soutien psychologique a aussi été mis en place, en présentiel et en distanciel, pour accompagner les enfants et leurs familles affectés par la situation. Et, plus spécifiquement, pour soutenir les enfants victimes de violence et de discrimination, notamment à l’école où tout le monde sait qu’ils viennent des bidonvilles. « Parmi les jeunes que nous avons aidés ces derniers mois, je pense par exemple à Eldar, un jeune de 16 ans frappé et harcelé par quelques élèves et extrêmement traumatisé. Ou encore à une jeune fille dans un fort état dépressif révélé par la crise. Heureusement, tous deux aujourd’hui vont mieuxAvoir des professionnels disponibles, à leur écoute était essentiel pour eux au regard de ce qu’ils vivaient. » 

Enfin, toujours dans le cadre du programme du BICE « Initiatives covid », Bir Duino mène des actions pour permettre aux familles de retrouver leur autonomie financière. L’ONG organise notamment une formation en boulangerie-pâtisserie et des cours de tricot. Elle aide ensuite les bénéficiaires à vendre leurs produits dans des marchés, des foires ou via les réseaux sociaux. 

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