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4 mars 2019 | 12:09

40e session du Conseil des droits de l’homme : le plaidoyer en action

40e session du Conseil des droits de l’homme : le plaidoyer en action

Du 25 février au 22 mars 2019 se tient au siège des Nations-Unies, à Genève, la 40e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Du 25 février au 22 mars 2019 se tient au siège des Nations-Unies, à Genève, la 40e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Grâce à son statut consultatif, le BICE participe à ces sessions. Elles sont l’occasion d’assurer un plaidoyer auprès des États pour que les droits de l’enfant soient le mieux respectés possible.

Yao Agbetse est chargé des activités de plaidoyer au sein du BICE. Il nous en dit plus sur ses missions et sur la 40e session du Conseil des droits de l’homme.

 

Qu’est-ce que le plaidoyer ?

Le plaidoyer est l’ensemble des démarches coordonnées entreprises auprès des autorités nationales et internationales en vue d’obtenir un changement. Cela peut concerner une modification de loi, un changement de pratiques la mise en place d’un programme social ou encore la mise en place d’un service public comme par exemple une crèche.

 

Quels sont les enjeux de cette 40e session du Conseil des droits de l’homme ?

Le Conseil des droits de l’homme (https://www.ohchr.org/FR/HRBodies/HRC/Pages/Home.aspx) est un organe intergouvernemental des Nations Unies. Il est composé de 47 États membres. Ils ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme et de l’enfant dans le monde.

La session qui a lieu du 25 février au 22 mars abordera plusieurs thématiques en lien avec les droits de l’homme. Par exemple l’impact de la dette sur la situation des droits de l’homme ou la liberté religieuse.

Une journée sera dédiée aux droits des enfants. Le thème de cette journée qui se tiendra le 4 mars est l’autonomisation des enfants vivant avec un handicap. Cela renvoie principalement à l’éducation inclusive. Il s’agit de promouvoir la possibilité pour les enfants porteurs d’un handicap d’aller en classe avec les autres enfants.

 

Quelles sont les actions de plaidoyer que mène le BICE ?

Le BICE a plusieurs types d’actions de plaidoyer. Tout d’abord, un plaidoyer au niveau des institutions internationales. Des communications orales et écrites sont remises lors des sessions du Conseil, à Genève. Le but est d’obtenir du Conseil des recommandations aux États pour mieux faire respecter les droits de l’enfant.

Par exemple, pour cette session, le BICE présentera une déclaration sur l’éducation inclusive lors de la journée de débat sur les droits de l’enfant. Avec notre partenaire russe de saint Pétersbourg (le Centre de Pédagogie Curative), nous allons partager ses bonnes pratiques. Il a développé une méthode éprouvée pour préparer les enfants qui ont un lourd handicap à entrer dans une classe classique. L’intégration de ces enfants est en effet un vrai défi. Ils l’ont relevé et nous travaillons à ce que cette belle initiative puisse servir d’exemple ailleurs !

Dans le même registre d’action, nous allons intervenir lors de la session sur la situation des enfants au centre et au nord du Mali. Du fait du chaos qui règne dans ces régions du pays, plus de 700 écoles sont fermées et 2 000 000 d’enfants sont ainsi exposés au terrorisme et à tous les abus. C’est un véritable drame ! Nous nous mobilisons donc pour que la communauté internationale agisse concrètement et rapidement pour ces millions d’enfants délaissés.

Un autre type d’action de plaidoyer est le plaidoyer national, voire local. Cela consiste pour nos partenaires à rencontrer les autorités locales, à faire des propositions concrètes, et à influencer le processus de prise de décisions. Ils peuvent ainsi peser sur les décisions publiques qui ont un impact sur les enfants.

C’est que nous faisons par exemple en Côte d’Ivoire. Notre partenaire local (DDE-CI) est très impliqué dans la réforme du code de procédure pénale. Nous travaillons main dans la main avec eux pour faire émerger une législation spécifique aux enfants. En Côte d’Ivoire il n’y a actuellement pas de code pénal spécifique aux enfants. C’est un très gros problème pour la mise en œuvre effective des droits de l’enfant.

 

Pourquoi le plaidoyer est-il important ?

Le plaidoyer est très important car il permet d’avoir des effets pérennes pour l’ensemble des enfants du pays concerné. Lorsque qu’une loi est adoptée, lorsqu’un service public est mis en place, lorsque les pratiques sont améliorées, c’est l’ensemble des enfants du pays qui en profite. Le plaidoyer rappelle leurs missions aux État et contribue à une mise en œuvre effective de ces missions.

 

Peux-tu nous donner un exemple marquant de réussite ?

Une victoire qui me tient particulièrement à cœur a eu lieu en Géorgie. Avec notre partenaire local (Public Health Foundation), nous avons réussi à faire intégrer dans la loi sur la justice juvénile des aspects de protection des enfants. Les assistants sociaux peuvent maintenant retirer à leur famille les enfants maltraités. Auparavant, seuls les policiers et les juges avaient ce droit, et ils n’avaient pas forcément les mêmes critères d’intervention que les assistants sociaux. C’est une avancée fondamentale pour la protection des enfants dans ce pays.