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22 septembre 2020 | 16:00

Écoles sans murs en RDC

RDC écoles sans murs - pauvreté frein à la scolarisation

Au Nord et au Sud-Kivu, où les conditions de vie sont très difficiles pour une grande partie de la population, la pauvreté est un véritable obstacle à la scolarisation des enfants.

À l’Est de la République démocratique du Congo, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont confrontées à de multiples menaces. Des menaces environnementales (zone volcanique et sismique) ; sanitaires (virus Ebola, Covid-19) ; et structurelles (forte présence de groupes armés, corruption, impunité).

Difficile pour de nombreuses familles de financer la scolarité de leur enfant

Malgré la richesse du pays, de nombreuses familles (63,4% de la population dans tout le pays) vivent de surcroît en dessous du seuil de pauvreté. Elles n’ont donc pas suffisamment de moyens pour subvenir aux besoins de leurs enfants et pour les scolariser. Alors que l’école primaire est censée être obligatoire et gratuite, 75% des dépenses liées à la scolarité des enfants doivent en effet être pris en charge par leurs parents (RESEN, 2014). Difficile pour les familles vulnérables de supporter ce poids. Selon le rapport 2018 de l’Unicef RDC, près de 7 millions d’enfants de 5 à 17 ans sont ainsi déscolarisés.

Le Sud et le Nord-Kivu très touchés par les violences sexuelles

Les enfants, et les filles en particulier, sont donc les premiers à subir les conséquences de ce contexte de vie extrême. Et à être victimes de violences (y compris à l’école pour ceux qui y ont accès). Les Provinces du Nord et Sud Kivu, où persistent encore le conflit armé et ses séquelles, sont les plus touchées par les violences sexuelles. En 2013, 10 706 cas ont été rapportés au Sud Kivu et 6 898 au Nord Kivu*.

Plus de 10 000 enfants en situation de rue au Sud Kivu

Beaucoup d’enfants, et de plus en plus jeunes, fuient ainsi leurs familles négligentes ou maltraitantes. Vivant dans la rue, déscolarisés, ils sont alors les proies de toutes formes d’exploitation et d’abus, et risquent d’être happés par des groupes armés ou exploitées dans des maisons de tolérance. Pour le Sud Kivu seul, les enfants vivant et/ou travaillant dans la rue sont estimés à 10 000 (Peder, 2018).

Actions du BICE et de ses partenaires Peder et Ghovodi

Dans le cadre du programme Écoles ans murs, le BICE travaillent avec deux structures en RDC. Le Groupe des hommes voués au développement intercommunautaire (Ghovodi) dans le Nord-Kivu et le Programme d’encadrement des enfants de la rue (Peder) dans le Sud-Kivu. Ghovodi travaille depuis 2002 sur le droit à l’éducation et à la formation professionnelle. Il promeut l’artisanat pour assurer des activités génératrices de revenus notamment aux jeunes filles victimes de violences sexuelles et de grossesses précoces. Peder aide depuis 1989 les enfants en situation de rue. Il gère quatre centres de soutien et de formation. Depuis 2016, les éducateurs des deux structures suivent ensemble des formation Tuteurs de résilience.

Parmi les actions programmées dans le cadre du programme Écoles sans murs :

Aider les enfants et adolescent.e.s à se réinsérer socialement et professionnellement

– Réinsertion des enfants et adolescents en situation de rue dans le Sud-Kivu et des jeunes filles victimes de violence dans le Nord-Kivu à travers la formation. Éducation de base, apprentissage d’un métier et gestion économique de leur activité.

– Appui technique et financier à la création de leurs micro-entreprises. Puis accompagnement mensuel des groupes de jeunes dans leur activité professionnelle.

– Échange d’expériences entre les animateurs du PEDER et ceux de GHOVODI. En termes d’éducation non formelle et de formation professionnelle des enfants.

– Accompagnement psychosocial de ces enfants et jeunes filles fondé sur la résilience.

– Sensibilisation des bénéficiaires du projet et des enfants scolarisés dans les écoles alentours à la défense de leurs droits.

Promouvoir une éducation gratuite et de qualité

– Actions de plaidoyer pour obtenir l’accès à une éducation de qualité et gratuite pour tous les enfants.

– Formation et sensibilisation du personnel enseignant et des parents à l’éducation bienveillante. Afin qu’ils ne recourent plus aux châtiments corporels et autres traitements dégradants envers les enfants.

– Mise en place de codes de conduite dans les écoles afin de combattre les inégalités de genre. Et pour prévenir les violences sexuelles perpétrées sur les filles dans les espaces éducatifs.

Actions mises en place en réaction à la pandémie de Covid-19

– Mise en place d’une campagne de sensibilisation dans le Nord et le Sud-Kivu. Avec la diffusion de spots radio et la distribution d’affiches et de dépliants de prévention.

– Distribution d’une aide alimentaire et de kits d’hygiène pour les familles en situation de vulnérabilité dans le Nord et le Sud-Kivu.

 

* Rapport 2017 du Bureau du Représentant personnel du chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles