Notre mission :

Défendre les droits et la dignité des enfants partout dans le monde

4 juin 2020 | 14:55

Écoles sans murs : promouvoir
le droit à l’éducation

Ecoles sans murs au Cambodge
© OEC

Le BICE lance dès ce mois de juillet son nouveau programme Écoles sans murs pour une durée de trois ans. L’objectif ? Garantir le droit à l’éducation et éduquer aux droits des enfants vivant dans des contextes socio-économiques précaires et où la présence des institutions publiques est défaillante. Ce programme se déploiera dans quatre pays : le Cambodge, le Guatemala, le Paraguay et la République démocratique du Congo (RDC) avec deux partenaires dans ce dernier pays.

« Nous agissons avec nos partenaires locaux depuis plusieurs années dans ces pays. Nous avons donc élaboré ce nouveau programme Écoles sans murs au regard des difficultés d’accès à l’éducation et à la formation professionnelle que nous avons pu observer sur le terrain, explique Alessandra Aula, secrétaire générale du BICE. Ainsi, tout en étant cohérent dans son ensemble grâce à la mutualisation des expériences de chacun, il s’adapte à chaque réalité. Cela permet de répondre précisément aux besoins des enfants que nous accompagnonsNous avons également la volonté de promouvoir une parentalité responsable et de doter les espaces éducatifs de codes de conduite pour garantir la bientraitance des enfants, en particulier des filles. »

Développer l’accès à des programmes d’éducation non formelle et à la formation professionnelle

Entre 2020 et 2023, plus de 8 000 enfants, jeunes, parents, acteurs du système socio-éducatif bénéficieront ainsi directement du programme. 45 800 de manière indirecte. Parmi les actions prévues : la création et/ou la réorganisation d’espaces éducatifs adaptés à la petite enfance ; la scolarisation ou la remise à niveau des enfants et des adolescents qui avaient décroché ; la distribution d’une aide alimentaire et sanitaire renforcée suite à la pandémie du coronavirus ; la tenue de formations en entreprenariat. Enseignants et parents seront de surcroît sensibilisés pour faciliter l’insertion des enfants dans un parcours éducatif. Et nous mèneront deux études sur l’accès à l’éducation des enfants vivant dans des zones marginalisées. Les initiatives de plaidoyer sur les plans local, national et international viseront à améliorer l’application du droit à l’éducation dans les pays concernés par le projet.

Favoriser la participation des enfants dans le cadre du programme Écoles sans murs

Le BICE et ses partenaires souhaitent aussi favoriser la participation des enfants. « Éducation aux droits des élèves ; sensibilisation des familles et communautés sur les droits de l’enfant et l’éducation positive ; création d’espaces éducatifs accueillants et protecteurs… Ces trois volets permettront de réunir les conditions nécessaires pour que les enfants deviennent acteurs de leurs droits. »

Un programme ambitieux qui a obtenu le soutien de plusieurs financeurs dont l’Agence française de développement (AFD).

Quelques actions du programme Écoles sans murs présentées par pays

Dans chaque pays, des actions adaptées aux problématiques locales seront menées. Quelques exemples.

Cambodge

Au Cambodge, les enfants vivant dans les zones reculées souffrent encore aujourd’hui d’une marginalisation scolaire. L’école publique la plus proche se situant souvent à plusieurs kilomètres. Parmi les actions prévues dans la province de Preah Sihanouk par le BICE et son partenaire Opérations Enfants du Cambodge (OEC) : la collecte de données précises sur le nombre d’enfants privés d’éducation à cause de l’éloignement géographique, le plaidoyer pour une reprise étatique progressive des initiatives d’éducation non-formelle afin de les pérenniser, l’intégration des enfants déscolarisés dans les classes d’éducation non formelle mises en place dans les villages ou encore la sensibilisation des familles et des enseignants au droit de l’enfant à vivre sans violence.

Guatemala

Au Guatemala, un enfant sur cinq risque d’abandonner sa scolarité en raison de la pauvreté et environ 70 % de ceux qui vivent dans des zones marginalisées sont contraints de travailler. À Chinautla, à la périphérie de la capitale, le BICE et son partenaire la Fondation Pedro Poveda prévoient ainsi de consolider l’accompagnement scolaire alternatif, déjà mis en place, pour les adolescents qui ont quitté l’école. Du soutien scolaire, une aide alimentaire et des activités récréatives pour les fratries sont aussi programmés. Ceci répond à la nécessité de faire en sorte que l’école ne représente pas une charge économique pour les familles. Autre action prévue : le développement de la participation des adolescents au sein du Bureau de la Jeunesse créé par la municipalité en 2018 et la valorisation de leur parole.

Paraguay

Concernant le Paraguay, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a déploré récemment l’absence quasi-totale de structures d’accueil et d’éducation pour les plus jeunes. Il a ainsi appelé les autorités paraguayennes a intensifié leurs efforts pour donner aux enfants des zones rurales et aux enfants autochtones accès à l’éducation, en particulier à l’éducation préscolaire. Ce pays est en effet l’un des pays latino-américains où le taux d’analphabétisation est le plus élevé. Il atteint 8,1% dans le département d’Alto Paraná où le projet se développe. Dans ce contexte, le BICE et Callescuela ont notamment prévu de sensibiliser les familles et les communautés à l’importance de l’éveil précoce. L’accompagnement nutritionnel et le suivi sanitaire des enfants les plus vulnérables est également programmé. Une mesure prise pour lutter contre les ravages de la malnutrition. Autre action : le développement de la participation des enfants aux instances territoriales.

République démocratique du Congo

En RDC, selon un rapport d’Unicef (2018), près de 7 millions d’enfants de 5 à 17 ans sont en dehors de l’école. Pour le seul Sud Kivu, les enfants vivant et/ou travaillant dans la rue étaient estimés en 2018 à 10 000, d’après le partenaire du BICE, PEDER. Une situation très préoccupante créée, entre autres, par le fait que trois quarts des dépenses liées à la scolarité des enfants sont à la charge des parents. Et ce, alors que 63,4% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Autre fléau dans les provinces du Nord et Sud Kivu, où persistent les conflits armés : les violences sexuelles. Des violences trop souvent impunies ; des victimes peu prises en charge sur le plan psychologique et social.

Dans ce contexte, le BICE et ses partenaires (PEDER à Bukavu et Ghovodi à Goma) travailleront sur plusieurs actions : la réhabilitation des enfants des rues à travers la formation et l’accompagnement psychosocial, l’autonomisation des jeunes filles victimes de violences par le biais de la formation, le plaidoyer pour une éducation gratuite et de qualité pour tous, la sensibilisation des familles et des enseignants contre les châtiments corporels…