Mis en œuvre par le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE) avec ses partenaires locaux, l’Union RHEA et Public Health Foundation (PHF), ce programme a permis d’accompagner des centaines d’enfants, de parents et de professionnels, tout en renforçant les mécanismes de protection de l’enfance.
Les enfants en situation de handicap, davantage exposés aux violences
Les enfants, adolescents et jeunes en situation de handicap sont particulièrement vulnérables. Ils sont entre trois et quatre fois plus susceptibles d’être victimes de violences physiques, sexuelles ou de négligence que les autres enfants. À cette vulnérabilité s’ajoutent souvent l’isolement social, l’accès limité aux services de qualité, les discriminations et les difficultés d’insertion professionnelle à l’âge adulte.
Face à ces défis, le projet Faire tomber les barrières, soutenu par l’Agence française de développement (AFD) et la fondation Michelham, a été déployé à Tbilissi ainsi que dans les municipalités d’Aspindza, d’Akhalkalaki et de Ninotsminda.
Prévenir les violences et améliorer la prise en charge des victimes
Sensibiliser pour prévenir les violences
L’un des axes du projet consistait à renforcer la prévention des violences à travers des actions de sensibilisation destinées aux enfants, aux familles et aux professionnels.
Plusieurs outils pédagogiques ont été élaborés et publiés en géorgien et en arménien1,notamment des guides destinés aux parents, aux enfants en situation de handicap et à leurs pairs.
Le projet a également mis en œuvre un programme de sensibilisation destiné à l’entourage des jeunes bénéficiaires. Dans ce cadre, 96 parents biologiques et familles d’accueil ont participé à des réunions d’information consacrées à la prévention et à l’identification des violences, ainsi qu’aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. Pour toucher un public plus large, une campagne numérique a été menée sur les réseaux sociaux. Près de 150 publications ont été diffusées afin de promouvoir les droits des enfants en situation de handicap et leur protection contre la violence.
Un réseau local de soutien au service des familles
Des référents (points focaux) ont été établis dans les trois municipalités d’intervention afin de faciliter le signalement et l’accès à l’information, à l’orientation et aux services de soutien.
Grâce à ce dispositif, 244 personnes ont bénéficié d’un accompagnement direct parmi lesquelles 127 enfants, 89 parents et 28 professionnels.
Les bénéficiaires ont pu recevoir des conseils et un soutien personnalisé par téléphone, WhatsApp ou messagerie, y compris de manière anonyme lorsque cela était nécessaire.
Renforcer les compétences des professionnels
Parallèlement, le projet visait à améliorer la prévention et la prise en charge des situations de violence grâce au renforcement des compétences des professionnels.
Avec le soutien du BICE, l’experte internationale et psychologue clinicienne Dr Aafke Scharloo a accompagné les équipes locales à travers des formations spécialisées et des sessions de supervision.
Par ailleurs, 134 professionnels – médecins, infirmiers, travailleurs sociaux, enseignants, éducateurs et représentants de la société civile – ont été formés dans les trois municipalités ciblées.
Afin d’assurer un accompagnement dans la durée, 22 sessions de supervision ont ensuite été organisées. Les évaluations réalisées avant et après les formations ont montré une progression des connaissances comprise entre 40 % et 60 % selon les profils professionnels et les territoires.
Un module universitaire consacré à la prévention des violences
Le projet a également permis la création d’un module universitaire consacré à la prévention et à la réponse aux violences envers les enfants. Intégré au cursus de formation des enseignants de l’Université d’État de Samtskhé-Djavakhétie, ce programme a déjà été suivi par 29 étudiants.
Des guides méthodologiques destinés aux professionnels ont également été élaborés afin de renforcer durablement les pratiques de protection de l’enfance et l’accompagnement des enfants en situation de handicap victimes de violences.
Favoriser l’autonomie grâce à l’apprentissage de savoir-faire
Acquisition de compétences sociales et de techniques artisanales
Le deuxième pilier du projet portait sur le développement professionnel et l’inclusion sociale des jeunes en situation de handicap.
Avec l’appui de maîtres artisans géorgiens spécialisés dans les arts décoratifs et appliqués, 51 adolescents et jeunes en situation de handicap ont bénéficié d’une formation à l’artisanat dans 12 domaines différents.
Au total, 1 178 sessions de formation ont été organisées : 360 à Tbilissi ; 330 à Akhalkalaki ; et 488 à Aspindza.
Les ateliers, notamment dans les domaines de la céramique et du textile, ont permis aux participants de développer leurs compétences en artisanat leur autonomie et leur confiance en eux. Ils ont également constitué un véritable espace thérapeutique favorisant l’expression personnelle et l’inclusion sociale.
Impliquer les familles dans le parcours d’inclusion
L’originalité du projet réside également dans l’implication active des parents au sein des ateliers inclusifs.
Les mères notamment ont participé aux activités aux côtés de leurs enfants, bénéficiant elles aussi d’un accompagnement et de nouvelles opportunités d’apprentissage. Cette approche a contribué à renforcer la communication familiale, à valoriser les capacités des jeunes et à ouvrir des perspectives d’activités économiques partagées.
Des créations valorisées sur les marchés locaux
Le projet a accompagné la commercialisation des objets fabriqués dans les ateliers inclusifs. Les créations ont été présentées dans plusieurs espaces d’exposition et points de vente en Géorgie, notamment dans des boutiques artisanales, des marchés locaux, des événements culturels et des plateformes de vente en ligne.
Des partenariats ont également permis la réalisation de ventes institutionnelles auprès de plusieurs organisations, démontrant la qualité des produits réalisés et leur potentiel économique.
Une mobilisation collective pour les droits de l’enfant
En associant enfants, familles, professionnels, autorités locales, établissements d’enseignement et organisations de la société civile, le projet Faire tomber les barrières a contribué à créer un environnement plus inclusif et plus protecteur pour les enfants et les jeunes en situation de handicap en Géorgie.
[1] Le projet intervient dans une région multi-ethnique avec une présence importante d’Arméniens.
