Découvrez le témoignage de la maman de Muhammad…

« Quand mon fils Muhammad était tout petit, je le tenais dans mes bras avec la certitude que je pourrais le protéger de tout, de ce monde parfois si dur… Mais je ne savais pas encore quel monde si particulier vivait en lui. Aujourd’hui, c’est un jeune homme. Il est profondément gentil. Il ressent tout : les émotions, les regards, les intonations… Il comprend quand je vais mal, même si je ne dis rien. Il s’approche, simplement. Il reste près de moi. Et dans cette présence, il y a une chaleur que les mots ne peuvent pas toujours transmettre. Il peut parler. Mais ses paroles ne sont pas toujours comprises par les autres. Parfois, j’ai l’impression que le monde ne l’entend pas. Et parfois, moi non plus, je ne le comprends pas. C’est la douleur la plus difficile à porter. Quand ton enfant fait des efforts, cherche ses mots, ses gestes, te regarde dans les yeux et que tu n’arrives pas à saisir ce qu’il veut dire. Comme si un mur invisible se dressait entre nous. À cet instant, quelque chose se brise à l’intérieur.
Mon fils est autiste. Mais, pour moi, ce n’est pas une question de “limites”. C’est une autre manière de ressentir le monde. Dans son univers, il n’y a ni mensonge, ni faux-semblant. Seulement de l’authenticité. Alors, si vous croisez des enfants comme lui, ne jugez pas trop vite. Derrière le silence, il y a un immense travail. Derrière les comportements différents, il y a des émotions. Derrière le mutisme, il y a toute une vie. Ils ne sont pas dans “leur monde”, comme on l’entend souvent. Ils sont ici. Avec nous. C’est à nous d’apprendre à les rejoindre. Et moi aussi, j’apprends. Chaque jour. J’apprends à écouter son silence. À lire dans ses yeux. À le comprendre avec le cœur… »
… Celui de la mère de Zurho…
« … Je suis la mère de Zuhro, autiste. Son arrivée a divisé ma vie en un avant et un après. Au début, il y a eu la confusion, la peur, des milliers de questions sans réponses. Puis est venu notre chemin, difficile, parfois épuisant, mais le nôtre. Malgré les hauts et les bas, mon cœur est rempli d’un amour immense et inconditionnel pour ma fille.
Chaque pas qu’elle accomplit, chaque nouvelle compétence qu’elle développe, chaque regard qui témoigne d’une meilleure compréhension, tout cela est une victoire. La foi, l’espoir et l’amour nous font avancer. Ils nous donnent la force de gravir les obstacles encore et encore, de ne pas abandonner, même lorsque tout semble trop difficile. Je crois que nous y arriverons. »
… Et celui d’Ayub, 25 ans

Ce qu’il souhaite :
« Je ne veux pas être laissé seul quand je traverse des difficultés. J’ai besoin de personnes qui m’acceptent tel que je suis, sans chercher à me changer pour se sentir plus à l’aise. Je veux avoir des amis, même si ma communication n’est pas comme celle des autres. Nous avons tous besoin d’amis et je ne fais pas exception. Je souhaite être aidé selon mes besoins réels. Je ne veux pas seulement être accepté. »
Quelques informations sur l’autisme chez les filles
Des recherches récentes montrent que l’autisme chez les filles se manifeste souvent différemment, ce qui conduit à un sous-diagnostic. Elles présentent ainsi un risque accru de diagnostic tardif et de troubles associés, tels que l’anxiété, la dépression ou l’épuisement émotionnel.
Le ratio de diagnostic est d’environ 3 à 4 garçons pour 1 fille. Mais, de plus en plus de données suggèrent que les filles passent plus souvent inaperçues.
- Les filles ont davantage tendance à « masquer » leurs difficultés : elles imitent leurs pairs et s’efforcent de se conformer aux attentes sociales.
- Leurs comportements répétitifs peuvent être moins visibles, mais elles présentent souvent des difficultés internes importantes : anxiété, fatigue…
- Leurs centres d’intérêt peuvent sembler socialement acceptables (lecture, animaux, art), de sorte qu’ils ne sont pas toujours perçus comme spécifiques.
Les filles autistes ont besoin d’une attention particulière et d’un repérage précoce, afin que le soutien nécessaire ne soit pas sous-estimé.
Les personnes autistes non verbales ont une voix, elle s’exprime simplement autrement
- Aujourd’hui, on estime que 25 % à 30 % des personnes autistes sont peu ou non verbales. Cela n’est pas lié à leur intelligence ni à leur capacité de compréhension.
- Beaucoup comprennent davantage qu’elles ne peuvent exprimer.
- Les outils de communication alternative (images, gestes, applications, dispositifs numériques) permettent d’exprimer des choix, des émotions et des besoins.
- Les études montrent que lorsqu’une personne dispose d’un moyen de communication adapté, elle est plus apaisée et participe davantage aux interactions sociales.

