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10 juillet 2020 | 10:49

Guatemala – « Le centre les éloigne des gangs et de la violence »

Guatemala éducation
© Fondation Pedro Poveda

Les activités de la fondation Pedro Poveda, dans la zone marginalisée de Chinautla au Guatemala, apportent aux enfants et adolescents un soutien éducatif, social, culturel, de grande qualité. Le BICE qui accompagne ce projet depuis trois ans a décidé d'amplifier son soutien dans le cadre du programme Écoles sans murs*.

Des progrès scolaires importants, le développement d’aptitudes artistiques, des avancées sur les plans émotionnel et relationnel, l’acquisition de connaissances dans des domaines tels que le droit à l’éducation, la sexualité, l’égalité entre les hommes et les femmes, la diversité culturelle… À Chinautla, zone urbaine d’une grande pauvreté près de Guatemala City, les actions de la fondation Pedro Poveda, soutenues par le BICE depuis trois ans, apportent un véritable soutien aux enfants qui souffrent cruellement du manque d’accès à une éducation de qualité, à la culture et aux loisirs.

Des méthodes éducatives alternatives

Le partenaire du BICE a ainsi mis en place plusieurs actions adaptées à leurs différents besoins. Une trentaine d’enfants déscolarisés, âgés entre 8 et 15 ans, bénéficient chaque année du programme d’aide individualisée, un programme d’éducation non formelle reconnu au niveau académique. Grâce à des méthodes éducatives alternatives, ils apprennent les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter…), tout en travaillant sur leur développement personnel et le vivre ensemble.

« Avec ce programme, les enfants peuvent exercer leur droit à l’éducation et terminer l’école primaire. Notre objectif est de les aider à se réinsérer sur le plan scolaire afin qu’ils puissent ensuite continuer à étudier dans le système d’éducation formel au niveau secondaire, explique Maria Camila Caicedo, chargée de programme au sein du BICE. La proposition éducative est inclusive et complète ; un soutien psychologique est également prévu si nécessaire. Grâce à cet environnement, nous constatons chez une grande majorité d’entre eux des progrès importants sur tous les plans, émotionnel, social et scolaire. »

Des espaces éducatifs et ludiques animés

Les élèves inscrits dans un établissement public et en difficultés scolaires peuvent, eux, suivre des cours de soutien dans le centre de la fondation Pedro Poveda. Plus de 180 enfants et adolescents bénéficient ainsi chaque année de ce service, au sein duquel les enseignants emploient des méthodes éducatives inclusives et positives. Enfin, le centre héberge une bibliothèque, une ludothèque et une salle informatique ouvertes à tous les jeunes de la ville. Avec plus de 1 200 bénéficiaires, ces espaces éducatifs et ludiques sont un véritable succès.

Dans chacun de ces lieux, un animateur, avec parfois le soutien de bénévoles, se charge d’accompagner les enfants et adolescents. Des conseils personnalisés sont donnés ; les jeunes apprennent ainsi à rechercher des documents et à se servir d’un ordinateur de manière autonome. Dans un souci d’égalité hommes-femmes, des ateliers informatiques dédiés spécifiquement aux jeunes filles ont par exemple été menés afin de les former à cet outil et de les sensibiliser aux dangers d’Internet. Du matériel scolaire est également mis à disposition pour tous ceux qui souhaitent faire leurs devoirs. Des jeux coopératifs, de table et de plein air sont proposés. Ainsi que des ateliers artisanaux, musicaux (flûte, clavier, batucada) et de danse.

Des activités pour leur redonner confiance en eux et le goût du partage

« Ces activités participent à leur redonner confiance en eux avec notamment l’organisation de spectacles devant les familles et la communauté. Elles leur apprennent aussi le respect de l’autre, le partage. Certains adolescents volontaires ont encadré des activités comme la batucada par exemple. Ils se sont investis pour faire vivre ces lieux et accompagner d’autres jeunes. Cet aspect du programme est primordial. Grâce à ces activités, ces différentes animations, les enfants traînent moins dans les rues. Cela les éloigne des gangs et de la violence. » Le Guatemala est en effet considéré comme l’un des pays les plus violents au monde. Son taux d’homicides est très élevé (27,3 pour 100 000 hab. en 2016) ; et la majorité des crimes violents sont liés à la drogue et aux gangs.

Face à ce contexte dramatique et au succès des actions de son partenaire, le BICE a décidé de prolonger son soutien à la fondation dans le cadre du programme Écoles sans murs (2020-2023), lancé début juillet. Les activités décrites précédemment seront ainsi prolongées et développées. Quelques chiffres.

Chaque année, nous prévoyons que :
– Près de 1300 enfants de 5 à 18 ans et 100 de 18 à 25 ans accèdent aux activités de la bibliothèque, de la ludothèque et de la salle informatique
– 225 participent à une école d’été ;
– 60 enfants de 7 à 13 ans bénéficient de cours de soutien scolaire ;
– 35 enfants âgés entre 9 et 17 ans suivent le programme d’aide individualisée ;
– 450 enfants et adolescents, de l’école primaire et secondaire, participent à des ateliers et développent leurs connaissances sur leurs droits ;
– 260 parents participent à des ateliers de sensibilisation sur la parentalité positive et les droits de l’enfant
– Et 157 acteurs du système éducatif suivent une formation.

Le BICE et son partenaire s’adaptent à la crise

De plus, en réponse à la crise sanitaire provoquée par la Covid-19, le BICE et son partenaire ont complété leurs activités par des propositions adaptées. 75 familles reçoivent ainsi des denrées alimentaires, et des jeux de tables et des livres pour leurs enfants. La fondation fournit également à 67 acteurs du secteur éducatif du matériel spécifique ; afin de les aider à transmettre les gestes barrières et à mener des discussions sur le virus avec leurs bénéficiaires.

« Au Guatemala, les mesures prises dès le 5 mars pour limiter la diffusion de la Covid-19 ont malheureusement eu des répercussions socio-économiques dramatiques sur les plus vulnérables. Et notamment les familles travaillant dans le secteur informel, qui ont déjà des difficultés à s’approvisionner en eau et nourriture. Sur le long terme, les conséquences seront particulièrement néfastes pour les populations rurales et indigènes. Il semble donc plus que jamais indispensable d’être présent à leurs côtés », conclut Maria Camila Caicedo.

*avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD)