Hommage au père José Antonio López Lamus - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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Hommahe au père José Antonio
Le père José Antonio (au centre, en bas) dans le centre La Dolorosa.

Hommage au père José Antonio López Lamus

Dans la confiance de la Résurrection en Christ, le BICE a appris avec une grande émotion la nouvelle du retour au Père du p. José Antonio López Lamus le 29 janvier 2021, à l’âge de 82 ans.

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Appartenant à la Province de San José de la Congrégation des Religieux Tertiaires Capucins, le père José Antonio vivait en Équateur. Sa relation avec le BICE remonte à plusieurs décennies. Administrateur de notre organisation, initiateur du programme Enfance sans Barreaux en Équateur, grand connaisseur du fonctionnement des communautés thérapeutiques, il est, surtout et avant tout, un exemple de dévouement et d’engagement pour les enfants en grande vulnérabilité comme ceux en conflit avec la loi.

« J’ai rencontré le père José Antonio lors de ma première mission sur le terrain pour le BICE en 2008 chez lui. Chez lui signifiait au Virgilio Guerrero, à la Dolorosa au milieu d’adolescents infracteurs ou à risque, témoigne Alessandra Aula, secrétaire générale du BICE. Très sagement, le père avait souhaité que la connaissance de ces jeunes dépasse les documents officiels et que nous partagions le repas qu’ils avaient eux-mêmes préparé, une petite conversation dans un couloir, bref des moments de vie avec ceux qui, parfois, avaient causé la mort… Tous les principes de la justice réparatrice prenaient ainsi sens. Les préjugés tombaient, un jeune infracteur servait une camomille à un juge américain qui n’arrivait pas à trouver le sommeil, Eliseo nous racontait son rêve d’ouvrir un magasin de fruits, une fois sa peine purgée… et le père José Antonio veillait avec fermeté et bienveillance. »

L’héritage du père José Antonio s’appelle écoute, empathie, service, il s’appelle Amour du prochain.

 

Témoignages

Carmen Serrano, ancienne responsable du réseau Amérique latine et Caraïbes du BICE

La mort du père José Antonio López, des suites de la Covid-19, m’a laissé le cœur triste, et en même temps, me sont revenus à l’esprit tant de bons moments et d’enseignements importants, partagés avec lui sur les enfants en conflit avec la loi.  

Le père José Antonio a fait partie du BICE, presque, depuis sa fondation. Au niveau international, comme membre du Conseil d’administration et en Amérique latine, comme guide, inspirateur et défenseur inlassable de la rééducation des adolescents. Il avait l’habitude de dire : « Une jeune personne en difficulté est une réclamation d’amour » ; car pour lui, il n’y avait pas de causes perdues, il y avait toujours une seconde chance pour remarcher sur le bon chemin.

J’ai admiré aussi chez lui, la capacité d’entrer en relation avec des autorités publiques et des entreprises pour les convaincre de consacrer des ressources aux secteurs les plus défavorisés. Grace à ses efforts, depuis 1995 en accord avec l’État équatorien de l’époque, la Congrégation des Tertiaires Capucins fut chargée de diriger et administrer le Centre pour les Adolescents Infracteurs de Virgilio Guerrero de la ville de Quito. La même année, les premières communautés thérapeutiques pour l’attention des adolescents en situation d’addiction sont apparues. Quelques années plus tard, le père José Antonio avec une équipe, a ouvert et dirigé le Centre La Dolorosa, le premier Centre de Pré-Liberté, préventif et de traitement des enfants en situation de risque et en conflit avec la loi.

Merci père José Antonio, pour ta vie engagée sans faille pour les plus petits et marginaux et pour ton grand cœur où de nombreuses personnes pouvaient entrer.

Stefan Vanistendael, ancien responsable R&D du BICE

Un jour le père José Antonio avait besoin de la signature officielle de l’administration publique pour un document urgent concernant un adolescent en conflit avec la loi dans le centre de détention de Quito, Équateur. Impossible de l’obtenir, il fallait toujours revenir plus tard. Pour une simple signature. Pas possible de faire respecter ce jeune avec son problème. Finalement José Antonio s’installa sur le trottoir devant la porte de l’édifice de l’administration et entama une grève de la faim, uniquement pour obtenir cette signature urgente. Le problème fut vite réglé. Un mélange bizarre de fidélité et de respect pour cet adolescent, de respect pour les autorités publiques, même défaillantes, de persévérance et de force, mais sans violence, de créativité et d’intelligence dans la démarche.  

Une histoire moderne qui aurait sa place dans l’évangile, à coté de la veuve qui – dans une parabole de Jésus – force le juge d’écouter sa demande justifiée, ou même du bon samaritain, les soins pour un blessé de la vie. En ligne directe avec un des exemples que Jésus donne pour indiquer ce qui, en fin de compte, est vraiment important dans la vie, appelé « le dernier jugement », la visite au détenu. Fruit d’un amour, véritable et profond, avec compréhension et miséricorde, à la fois ferme et doux. Un petit évènement dans la vie de José Antonio, probablement un parmi des centaines d’autres, très variés, souvent discrets, selon les besoins et les nécessités des gens exclus, démunis et parfois oubliés qui croisaient son chemin.

En même temps, José Antonio voyait la nécessité de soutenir ces engagements très concrets, aussi dans une perspective plus large dans la société, par une réflexion soutenue, par une science bien enracinée dans la vie, par des réformes structurelles, par des améliorations des systèmes juridiques. Il était, entre autres, un grand défenseur des droits de l’enfant, inspiré par le combat pour la dignité des enfants et de leurs familles.

Sans jamais négliger les petites attentions, ni l’écoute, ni la gentillesse ni un véritable intérêt, pour chaque personne, sans distinction, à commencer par les plus petits et démunis. Mais aussi avec la beauté, à commencer dans la simplicité quotidienne, même à un endroit improbable, comme le modeste « chalet », avec ses belles fleurs, où il demeurait avec ses compagnons, et où il recevait ses hôtes chaleureusement… derrière la « prison » des jeunes infracteurs qu’il fallait traverser pour y arriver !

Une ouverture sur la vie comme on ne l’imaginait même pas, une inspiration, c’était cela une rencontre avec José Antonio, un ami de la vie, de toute vie, et qui marquait nos vies à jamais.

Prêtre, ami de Jésus qui rendait Jésus si évident dans la vie, pour chacun, même sans en parler, mais par sa façon d’être, sa joie spontanée, sa présence : une invitation à la vie, toute la vie. Comme je l’ai vu inscrit sur le tombeau d’un jeune père de famille : « Une vie qui touche le cœur des autres vivra pour toujours. » Merci José Antonio, repose en paix, si ce n’est pas trop calme pour toi…

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