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13 décembre 2016 | 09:40

Des nouvelles du projet « Accueil petite enfance et formation d’assistantes maternelles » en Inde

Des nouvelles du projet « Accueil petite enfance et formation d’assistantes maternelles » en Inde
©L. Winter - BICE

De retour d’une mission d’évaluation, Léa Winter, chargée de programme au BICE raconte les progrès et les défis du projet « Accueil petite enfance et formation d’assistantes maternelles » que le BICE soutient depuis 2012 à Sidlaghatta dans le sud de l’Inde.

Qu’est ce qui a changé dans la vie des enfants de Sidlaghatta depuis le lancement du projet « Accueil petite enfance et formation d’assistantes maternelles » du BICE ?

« Notre partenaire local, Aina Trust, membre du réseau BICE depuis l’année passée, fait un formidable travail pour les enfants les plus vulnérables de cette région. En l’absence de système de garde, les enfants devaient accompagner leurs mères dans les ateliers de fabrication de soie où elles travaillent et ne bénéficiaient d’aucune attention pendant la journée. Ils étaient exposés à un environnement dangereux, nocif à leur développement.

Aujourd’hui, grâce au projet « Accueil petite enfance et formation d’assistantes maternelles », plus de 150 enfants sont accueillis 6 jours sur 7 par des assistantes maternelles formées par notre partenaire. Elles leur apprennent des jeux, des danses et des comptines. Les enfants apprennent à reconnaître les lettres, les chiffres, les couleurs et même les légumes locaux !

Les premiers enfants à avoir bénéficié du projet qui ont atteint l’âge d’entrer dans les crèches publiques ou à l’école se font remarquer pour leur autonomie, leur participation et leur envie d’être là et d’apprendre de nouvelles choses. »

Qu’est ce qui vous a le plus marqué au cours de la mission ?

« Au-delà des sourires des enfants, je dirai que c’est les témoignages que m’ont livrés les femmes participant aux projets. Elles sont issues d’une communauté très traditionnelle qui ne leur a pas donné accès à l’éducation. Grâce aux formations d’Aina Trust, ces femmes sont devenues des agents du changement dans leur communauté. Elles transmettent leurs connaissances sur les principes d’une bonne nutrition, de premiers secours, les règles d’hygiène et la parentalité positive.

Quant aux mères qui se sont regroupées en groupe d’entraide pour développer des activités génératrices de revenus, elles ont appris à écrire leur nom et à faire des transactions à la banque.

Toutes m’ont dit à quel point l’accompagnement d’Aina Trust avaient renforcé leur confiance en elles-mêmes et transformé la relation avec leurs enfants. »

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

« Depuis l’année passée, Aina Trust a un accord avec le Ministère indien du Développement des Femmes et des Enfants pour former les éducateurs de la petite enfance des crèches publiques. Il est aussi prévu que tous les enfants de plus de 3 ans qui fréquentent les crèches communautaires d’Aina Trust soient transférés dans le système public d’ici 2018.

Le transfert des enfants de 3 à 6 ans est aujourd’hui pratiquement terminé. Cependant, les crèches publiques fonctionnent avec des horaires qui ne sont pas aussi flexibles que celles d’Aina. Ainsi, les enfants, libérés avant le retour de leur mère du travail, sont parfois livrés à eux-mêmes.

Pour ce qui est des enfants de 0 à 3 ans qui restent aux soins des assistantes maternelles de la communauté, il est aussi prévu qu’à l’horizon 2021, ils soient également pris en charge par le système public. Pour y parvenir, le travail de construction d’alliances et de plaidoyer d’Aina Trust est primordial et doit être renforcé. »