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6 novembre 2018 | 09:13

Oui, tout se joue avant 6 ans

Tout se joue avant 6 ans

En 1970, le Dr Fitzhugh Dodson, un psychologue américain, publiait sous ce titre un ouvrage consacré au développement des tout-petits. Les dernières avancées scientifiques renforcent aujourd’hui son propos.

Les neurosciences l’ont, dans les années 70, mis en évidence : tout se joue avant 6 ans pour l’avenir d’un enfant. En effet, le cerveau de l’enfant se construit, dans les 100 premiers jours, à la vitesse vertigineuse de 1000 nouvelles connexions neuronales à la seconde. Pour cela, il lui faut toutefois bénéficier d’un carburant indispensable. Ce carburant, c’est une alimentation équilibrée, un entourage bienveillant, des jeux stimulants… A l’inverse, si l’enfant s’éveille au monde dans un climat difficile, le processus est bloqué. Un stress toxique freine, voire stoppe, son développement cérébral.

Tout se joue avant 6 ans

« Les conséquences de la malnutrition, de la négligence et en particulier de la violence sur les petits enfants sont considérables, nous explique Maria-Lucia Uribe, Directrice d’Arigatou International Genève. […] Cela a un impact sur le développement des enfants, sur leurs performances scolaires et même sur leur implication dans des comportements à risque. » Autant de situations qui se révèlent coûteuses pour la société, en termes de santé, d’éducation ou de sécurité. Le bien-être des tout-petits est donc bien un enjeu d’avenir, pour eux et pour la société où ils grandissent. En 2015, le développement de la petite enfance a ainsi été inclus dans les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies (ODD).

Des évolutions encourageantes

L’UNICEF déplore encore que trop peu d’investissements soient faits en faveur de la petite enfance. Néanmoins, les choses sont en train de changer. Selon Maria-Lucia Uribe, « il y a plus de sensibilisation, de recherche et d’efforts réalisés par les agences internationales. La Banque mondiale a accordé la priorité aux investissements pour le Développement de la Petite enfance. L’OMS, quant à elle, a récemment lancé le programme Nurturing Care dans le même objectif. »

La résilience comme seconde chance

L’égalité des chances dès les premières années de vie est pourtant loin d’être acquise. Selon l’UNICEF, 250 millions d’enfants de moins de 5 ans risquent de ne pas réaliser pleinement leur potentiel de développement. En cause : les carences nutritionnelles (pour 1 enfant sur 4), mais aussi les violences sociétales auxquelles 300 millions de tout-petits sont confrontés. Les ONG, conscientes de l’enjeu, développent des programmes d’éveil précoce dans les régions les plus défavorisées. Elles cherchent également à favoriser la résilience chez les enfants qui ont grandi dans les difficultés. « Les choses peuvent s’améliorer si des systèmes de soutien sont mis en place, poursuit Maria-Lucia Uribe. Le soutien spirituel est extrêmement important. Il offre aux enfants la possibilité de se connecter à eux-mêmes et d’apprendre à se faire confiance. Il nourrit aussi leur propre spiritualité, développe leurs valeurs et renforce leur résilience. »