Pandémie. La pire crise pour les enfants depuis 75 ans - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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pire crise pour les enfants
© Unicef

Pandémie. La pire crise pour les enfants depuis 75 ans

La covid-19 représente pour les enfants la pire crise que l’Unicef ait connu en 75 ans d’existence. Dans une nouvelle publication, l’organisation des Nations unies fait un état des lieux de la situation et appelle les décideurs publics à agir.

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Dans un rapport publié le 9 décembre par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), l’organisme confirme, chiffres à l’appui, les effets dévastateurs de la pandémie sur les droits de l’enfant. La crise sanitaire annule en effet la plupart des progrès réalisés ces dernières décennies. Notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’alimentation, de la protection de l’enfance et au niveau de la situation économique des familles. La pauvreté et les inégalités se sont accrues et continue de s’accroître.

« Avant la pandémie, nous avions enregistré des progrès considérables pour aider tous les enfants à jouir de leur droit à la santé, à l’éducation et à la protection, souligne Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef, dans l’introduction. Au début de l’année 2020, un nombre sans précédent d’enfants vivaient jusqu’à leur premier anniversaire. La mortalité infanto-juvénile avait baissé de 50 % depuis 2000. La mortalité maternelle et le mariage d’enfants reculaient. Les filles étaient plus nombreuses que jamais à aller et à rester à l’écoleMalheureusement, une multitude de crises menace désormais ces progrès accomplis au prix de durs efforts. La pandémie de covid-19 constitue la menace la plus importante. »

Le taux de pauvreté continue d’augmenter dans les pays à revenu faible

Selon le rapport Évitons une décennie perdue : Mesures à prendre de toute urgence pour inverser les effets dévastateurs de la COVID-19 sur les enfants et les jeunes, en moins de deux ans 100 millions d’enfants supplémentaires sont tombés dans la pauvreté du fait de la pandémie. Cela représente une hausse de 10 % depuis 2019. « Si la situation s’améliore dans les pays plus riches, le taux de pauvreté continue d’augmenter dans les pays à revenu faible et les pays les moins avancés depuis 2020 », souligne la publication. Et cette augmentation de la pauvreté a des conséquences directes sur de nombreux points, et notamment sur la hausse du travail des enfants.

L’Unicef estime qu’aujourd’hui 160 millions d’enfants dans le monde travaillent, soit 8,4 millions de plus qu’il y a quatre ans. Ce chiffre devrait encore augmenter d’ici à fin 2022. Neuf millions d’enfants supplémentaires risquent en effet d’être contraints de travailler.

Malnutrition, recul de la vaccination infantile, détérioration de la santé mentale des enfants…

Alors que la dégradation de la situation économique des familles, les mesures de quarantaine et les fermetures d’écoles ont aussi considérablement augmenté l’insécurité alimentaire, la malnutrition risque encore de s’amplifier dans les prochains mois. L’Unicef estime que 9 millions d’enfants supplémentaires pourraient souffrir d’émaciation d’ici à 2022. Ils sont déjà 50 millions d’enfants à être atteints par cette forme la plus grave de malnutrition.

Sur le plan de la santé toujours, l’organisation des Nations unies s’inquiète aussi du recul important de la vaccination des enfants. « En 2020, plus de 23 millions d’enfants ont été privés de vaccins essentiels, un chiffre en hausse de 4 millions depuis 2019 et inégalé depuis 2009. Sur ces 23 millions d’enfants, plus de 60 % vivent dans dix pays seulement. L’Angola, le Brésil, l’Éthiopie, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines et la République démocratique du Congo. » La pandémie et ses conséquences économiques et sociales ont également grandement fragilisé la santé mentale de nombreux enfants.

Augmentation des violences à l’égard des enfants, recul de l’accès à l’éducation…

Autres effets de la covid-19 et des mesures prises pour stopper la pandémie : l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des violences, déjà bien trop présentes dans la vie des enfants* ; l’explosion des mariages forcés et des grossesses précoces. La crise sanitaire n’a pas non plus épargné l’accès à l’éducation. « En septembre 2021, selon les estimations, les écoliers du monde entier avaient perdu 1 800 milliards d’heures d’apprentissage en classe en raison des fermetures d’école liées à la covid-19, une situation qui aura de profondes répercussions sociales et économiques à long terme et qui creusera les inégalités, note le rapport. Selon des données de l’UNESCO, au 31 octobre 2021, plus de 55 millions d’élèves dans 14 pays étaient privés d’école. Ils ne bénéficiaient d’aucun apprentissage en présentiel. »

Plan d’action à déployer d’urgence en faveur des enfants

Face à ce constat accablant, l’Unicef propose un plan d’action à déployer d’urgence. Ce plan se compose de quatre volets auxquels le BICE ne peut que souscrire :

  • Investir dans la protection sociale, le capital humain. Les gouvernements doivent ainsi maintenir les dépenses essentielles dans le domaine social ; et veiller à utiliser les ressources financières le plus équitablement possible.
  • Mettre fin à la pandémie en assurant un accès équitable aux vaccins contre la covid-19 et en inversant le recul alarmant enregistré dans les domaines de la santé et de la nutrition de l’enfant. Pour cela, il est nécessaire de mettre des vaccins et des services de santé à la disposition du plus grand nombre et d’apporter à chaque enfant une alimentation nutritive, saine et abordable.
  • Veiller à ce que chaque enfant reçoive une éducation de qualité, soit protégé et jouisse d’une bonne santé mentale. Pour cela, la réouverture de toutes les écoles apparaît comme une priorité. Il est de surcroît primordial que les gouvernements allouent des budgets adaptés et investissent dans l’enseignement préscolaire. L’Unicef souligne aussi l’importance de multiplier les services de soutien psychosocial et les programmes d’éducation parentale.
  • Renforcer la résilience afin de prévenir les crises, notamment celles liées au changement climatique, et de mieux protéger les enfants, notamment ceux confrontés à la guerre.

Retrouvez la publication ici.

* Avant la crise sanitaire, la violence touchait au moins un milliard d’enfants chaque année.

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