Pouvoir d’agir. De jeunes ukrainiens formés à la résilience - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
X
Ukraine formation Résilience
©iStock

Pouvoir d’agir. De jeunes ukrainiens formés à la résilience

Depuis début mai, le BICE organise, avec la participation de l’université catholique de Milan, des rencontres « Résilience » en ligne en direction de jeunes ukrainiens âgés entre 16 et 22 ans. Des jeunes guidés par l’envie d’aider leurs pairs, leurs familles, leurs proches.

Soutenir

Ils sont quinze à suivre cette formation animée par Francesca Giordano, psychologue au sein de l’unité de recherche sur la résilience à l’université catholique du Sacré Cœur de Milan, partenaire du BICE. Des jeunes qui ont vu leur vie basculer le 24 février. Et s’immiscer en eux la peur, l’incertitude, l’angoisse de la mort. Certains sont toujours à Kiev, d’autres ont dû fuir avec leur famille à l’ouest de l’Ukraine ou à l’étranger. Une migration forcée souvent mal vécue et cause de traumatismes.

« Dans un état d’alerte constant »

« Quand j’ai dû fuir ma ville natale, je me suis retrouvée dans un état d’alerte constant, très difficile à gérer », confie une adolescente. Et une autre jeune fille de raconter : « Dès que la guerre a éclaté, je suis allée au bureau d’enrôlement militaire pour me proposer comme secrétaire. Je voulais aider à défendre mon pays. Mais mes parents s’y sont opposés et m’ont emmenée avec eux à Lviv. Je ne voulais pas les suivre ; je me suis sentie très triste à ce moment-là. Pour moi, partir était une honte. »

Malgré la violence des chocs auxquels ils sont confrontés et leur soudaineté, ces jeunes ont en eux, depuis le début du conflit, la volonté d’aider leur pairs, leurs familles, leurs frères, pères ou petits copains restés au front. « Ils sont très engagés et veulent se sentir utiles. L’un des moyens pour eux d’être actifs dans cette guerre, de participer à changer les choses est d’être un soutien pour ceux qui en ressentent le besoin. Nous les y aidons », explique Francesca Giordano. 

Formés à la résilience pour soutenir leurs proches

Ainsi, depuis début mai, ces 15 jeunes sont formés sur les modèles des formations Tuteurs de résilience : définition de la résilience, en comparaison à la résistance notamment, description de ce qu’est un traumatisme psychologique et des moyens d’y faire face, travail important mené sur eux-mêmes, apprentissage des principes de la résilience assistée et questionnements sur comment aider l’autre.

« Il faut que chacun prenne conscience de ce qui se passe dans son monde intérieur. Quelles ont été et quelles sont encore leurs réactions face à leur vécu ? Quels facteurs de résilience les ont aidés à surmonter la situation ? Comment chacun est en train de passer de la résistance à la résilience ? explique Francesca. Ce qui m’épate lors de nos rencontres, c’est leur lucidité, leur disponibilité à regarder vers eux-mêmes, à partager leurs propres expériences. Ils ont un esprit résilient incroyable. »

« Leur mobilisation est remarquable »

Ainsi, chacun de ces jeunes, parallèlement aux rencontres « Résilience » qui continueront jusque fin 2022, s’attache à soutenir ses proches, son réseau social, souvent via Internet ; se positionnant en personne ressource. Certains des plus de 18 ans s’investissent également dans des associations.

« La séparation est l’une des expériences douloureuses de la guerre. Pouvoir communiquer, se soutenir via les réseaux sociaux est donc essentiel. Dans ce contexte, donner la possibilité à ces jeunes d’agir en tant que « tuteur de résilience » leur permet aussi d’accepter tout ce qu’ils ne peuvent pas changer. Leur mobilisation est remarquable. C’est, je crois, une expérience enrichissante pour nous tous », conclut Francesca Giordano.

    et sur...