Résilience. Le jeune Daniel soutenu après une catastrophe naturelle - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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résilience Mozambique
À gauche : formation de tuteurs de résilience ; en bas, à droite : Daniel, 13 ans © Veronica Hurtubia, Amel

Résilience. Le jeune Daniel soutenu après une catastrophe naturelle

Daniel, 13 ans, vit à Beira, une ville de 500 000 habitants du centre-est du Mozambique. Le cyclone de 2019 lui a pris sa maison et un peu de son enfance. L’accompagnement par les éducateurs et enseignants, formés à la résilience par le BICE et l’université catholique de Milan, l’aide à se sentir plus serein, plus confiant. Témoignage.

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Le 14 mars 2019, la tempête Idaï ravage la région de Beira. Les vents violents et les inondations provoquent la mort de plus de 600 personnes au Mozambique, dévastent les cultures et détruisent d’innombrables logements. Dont celui de Daniel et de sa famille. Avec ses trois frères et sœurs et ses parents, Daniel se retrouve alors sans toit. Et les projets de la famille de vivre dans des conditions un peu plus confortables sont anéantis.

« Mon père gagne sa vie grâce à des petits travaux de maçonnerie. Ses revenus ne sont pas stables et certains jours sont plus difficiles que d’autres… Mais là, il avait réussi à mettre un peu d’argent de côté pour agrandir notre maison. Nous étions contents. Le cyclone nous a volé notre rêve, raconte Daniel. L’argent nous a quand même permis de reconstruire un logement. Plus petit que celui d’avant malheureusement. Finalement, nous avions de la chance par rapport à d’autres familles totalement démunies. »

« Le stress et la peur étaient partout »

Plus de 1,8 millions de personnes se retrouvent en effet en grande vulnérabilité après le passage du cyclone Idaï. Des centaines de milliers sont déplacées. Et le fait que le Mozambique soit l’un des 10 pays les plus pauvres au monde, avec 46% de ses habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté, aggrave encore la situation. « De nombreuses familles ne savaient pas où dormir, quoi manger, comment survivre… Le stress et la peur étaient partout. Cet événement a traumatisé beaucoup d’entre nous », témoigne un éducateur du réseau La Salle.

Dans ce contexte, l’Association mozambicaine des éducateurs lasalliens (AMEL) organise, après la catastrophe, des distributions de produits de première nécessité, de vêtements en direction des familles des élèves scolarisés dans les établissements du réseau La Salle. Et fait appel au BICE pour mener, en partenariat avec l’université catholique de Milan, des formations Tuteurs de résilience. Et ce, afin d’aider les enseignants, les éducateurs à répondre aux besoins des enfants sur le plan psychologique. 

« Les éducateurs et enseignants sont plus à l’écoute, plus patients »

« Dans des contextes traumatisants, il est en effet important de ne pas oublier la santé mentale, le bien-être moral des enfants », précise Veronica Hurtubia, formatrice, qui lors de la première session en octobre 2019 note un niveau de stress très élevé chez les participants. « Tout le monde était affecté par le cyclone. Je les ai sentis démunis. Nous nous sommes donc longuement concentrés sur eux et leurs ressources de résilience avant de leur transmettre les outils pour devenir à leur tour des tuteurs de résilience. » Depuis, deux autres sessions de formation ont été organisées en décembre 2020 et octobre-novembre 2021.

Pour Daniel, scolarisé dans l’école Jean XXIII, et les élèves des cinq établissements concernés, être entourés par des enseignants formés à la résilience, est bénéfique. Cela les aide à s’exprimer, et à identifier leurs propres ressources. « Les enseignants et éducateurs se montrent plus patients, à l’écoute. Ils semblent comprendre les différences de chaque élève. Nous avons ainsi confiance pour partager ce que nous ressentons avec eux. Et ça fait du bien », confie Daniel.

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