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21 février 2020 | 17:01

Russie : La vie de Kirill transformée 

Kirill, enfant en situation de handicap en Russie
© CPC

Ouvrir les internats russes pour les enfants en situation de handicap aux accompagnants bénévoles et aux experts est l’un des objectifs du projet Changer une vie 2 du BICE et de son partenaire Le Centre de pédagogie curative. Cela participe grandement à l’amélioration de la prise en charge des enfants. En témoigne l’histoire de Kirill.

« Le vaillant soldat de plomb, c’est la première chose qui nous est venue à l’esprit quand on a vu Kirill, alors âgé de 14 ans. Ses membres inférieurs et l’os iliaque (ou os coxal) s’étaient ressoudés entre eux par manque d’activités. Seuls ses bras fonctionnaient. Il n’arrivait pas se mouvoir tout seul », se souvient Elena Lasareva, coordinatrice des bénévoles du CPC à l’internat pour les enfants en situation de handicap de Goloven’kovskiy, dans la région de Toula en Russie.

Le rôle essentiel des bénévoles

Il y a deux ans et demi, les premiers bénévoles ont fait leur apparition à l’internat, suite à un accord de coopération signé entre cette institution, le Centre de pédagogie curative (CPC), partenaire du BICE, et l’association Sodeystvié. Ces bénévoles devaient participer à l’amélioration de l’accompagnement des enfants. Avec la réalisation d’activités récréatives et éducatives, des sorties, l’apprentissage des gestes du quotidien…

Kirill fut l’un des premiers à bénéficier de cet accompagnement. Avec les six autres enfants les plus lourdement touchés par le handicap. Ils vivaient alors tous dans la même chambre et n’étaient jamais sortis de leur lit.

Aujourd’hui, il a presque 17 ans et adore les balades. Il dispose d’un fauteuil roulant adapté et prend ses repas dans la salle à manger. Il accueille tous les samedis « sa » bénévole. Et choisit lui-même ce qu’ils vont faire ensemble. « Récemment, un événement merveilleux s’est produit. Lorsqu’on a pris Kirill dans les bras, il a pu bouger les pieds. Il ne les sentait pas auparavant. »

Voici un exemple poignant de l’importance d’ouvrir ces internats sur l’extérieur, de la nécessité d’apporter une aide adaptée à ces enfants en situation de handicap.

L’amélioration des soins contrôlée par une enquête publique

La qualité de la prise en charge des enfants dans cet établissement a par ailleurs été examinée fin décembre 2019 par une équipe d’experts du CPC dans le cadre de l’activité de contrôle prévue dans le projet et mandatée par le gouvernement russe. « Les soins médicaux et les services sociaux se sont nettement améliorés. Beaucoup de pratiques ont heureusement changé. C’était primordial. Désormais, notre objectif numéro un est d’assurer à ces enfants l’accès à l’éducation », souligne Anna Bittova, présidente du conseil d’administration de CPC.

Pendant la visite, le directeur de l’internat a également présenté les futurs appartements aménagés au sein de la structure. Avec cuisine commune, salon, chambres, salle de bain.  « Tout comme dans les immeubles ordinaires. » Les adolescents pourront y apprendre les gestes du quotidien et se préparer à une vie autonome.

Enfant en situation de handicap Russie

Témoignage

Une bénévole raconte...

Depuis que le programme « Changer une vie » a été mis en place, il y a eu de nombreux changements dans les internats dans lesquels nous intervenons. D’abord, le nombre d’enfants a diminué. Certains ont notamment été placés chez leurs proches ou en famille d'accueil. Les chambres ont été meublés de tables, d'étagères et de tables de nuit. Un espace de jeu avec des jouets et des livres a été aménagé. Le murs ont été décorés. Certains enfants ont aussi bénéficié de nouveaux fauteuils roulants.
Autre changement important : la présence des bénévoles deux fois par semaine. Nous sortons avec les enfants, les aidons à se laver, à manger. Nous organisons aussi des activités d’éveil. Avec le développement de ces activités, quelques enfants ont par exemple appris à manger seuls.
Enfin, le personnel est devenu plus attentionné et bienveillant envers les enfants polyhandicapés. Les enfants du service dit de « Miséricorde » participent maintenant à des activités artistiques et à des sorties, ce qui n'était pas le cas avant.