Sania. Les crèches communautaires lui ont changé la vie - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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Inde - crèches communautaires
© Aina Trust

Sania. Les crèches communautaires lui ont changé la vie

Grâce à ses lieux de garde dédiés à la petite enfance, Aina trust favorise l’épanouissement et le bien-être des enfants issus de familles défavorisés dans la région de Bangalore en Inde du Sud.

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Sania est née en 2018 dans une famille très pauvre du village de Sidlaghatta près de Bangalore dans le sud de l’Inde. Sa maman, Saira, s’occupe seule de ses trois filles de 9, 7 et 3 ans. Son père, bigame, est rarement à la maison et n’aide pas sur le plan financier. Saira vit de la vente ambulante de bananes. En porte à porte. Jusqu’à début 2020, sans argent, sans moyen de garde, elle partait chaque jour avec Sania sur le dos. La petite a ainsi passé ses 20 premiers mois constamment portée. Sans moment d’éveil.

Premières crèches communautaires de la région

Et puis un jour, une autre maman du village apprend à Saira l’existence des crèches communautaires de notre partenaire local, Aina Trust. Créés en 2003, ces lieux de garde accueillent les enfants de 6 mois à 4 ans des familles défavorisées et notamment des mamans seules. « Il n’y avait aucune possibilité de faire garder son enfant en bas-âge à l’époque. Les mamans isolées qui travaillaient n’avaient donc d’autre choix que d’emmener leurs bébés avec elles, à l’usine, au marché, au champ ou dans la rue…, explique Mary d’Aina Trust. Aujourd’hui encore, seules les crèches communautaires d’Aina Trust sont accessibles aux plus démunis. Avant la covid-19, nous demandions aux familles une petite participation symbolique de 10 roupies par mois (12 centimes d’euros). Mais depuis la crise, c’est entièrement gratuit. Les familles souffrent trop de la pauvreté. »

Soins, socialisation, développement

Sania est ainsi accueillie par Aina Trust à un peu plus de 18 mois. Le médecin de l’association – qui ausculte tous les enfants à leur arrivée puis les suit régulièrement – constate alors que la petite souffre de malnutrition et d’anémie. Elle est aussi très renfermée et ne prononce toujours pas de mots. Nourrie le matin, le midi et au goûter dans la crèche communautaire, Sania reprend rapidement des forces. Et s’intègre petit à petit. « Cet accueil en petit groupe lui convient parfaitement, souligne Mary. Elle découvre la socialisation tout en douceur. » Car oui, ce que notre partenaire appelle crèche communautaire équivaut à peu près aux assistantes maternelles chez nous. Sania est donc accueillie avec quatre autres enfants chez une professionnelle formée par Aina Trust.

Sa maman la dépose vers 8h et la récupère vers 18h. Et ses journées sont bien rythmées. Il y a chaque matin un petit-déjeuner, un temps « chant-comptine », suivi de divers jeux d’éveil, de motricité, d’imitation, à l’intérieur et/ou à l’extérieur… puis une lecture d’histoire. Après le déjeuner, les enfants font la sieste. À leur réveil, ils goûtent et reprofitent des jeux jusqu’à l’arrivée de leur maman.  « Sur le plan du développement, cela leur apporte beaucoup. Ils sont stimulés, ont de nombreux jeux à disposition, se sociabilisent, et profitent de vrais temps calmes. Ce que leurs mamans ne peuvent pas leur apporter seules, faute de temps et d’argent. »

Former les parents pour éradiquer les châtiments corporels

Il y a aussi tout un apprentissage sur la toilette corporelle et l’hygiène buccodentaire réalisé avec les enfants, mais aussi avec les parents, lors d’actions de sensibilisation. Et puis, avec le soutien du BICE, les parents sont formés à l’éducation bienveillante. Un point essentiel pour lutter contre l’emploi de la violence domestique, des châtiments corporels, « encore couramment utilisés dans les foyers ».

Aujourd’hui âgée de 3 ans, Sania devrait être accueillie jusqu’à ses 5 ans dans la crèche. Et ensuite ? « Ensuite, nous nous assurons que les enfants sont pris dans le programme préscolaire mis en place dans la région. Puis les enfants entrent à l’école publique obligatoire à 6 ans », souligne Mary. Avant d’ajouter : « Les enseignants sont en général très élogieux quand ils parlent des enfants accueillis par Aina Trust. Ils louent leur curiosité et leur éveil. C’est une grande fierté pour nous. »

Impacts de la pandémie de covid-19

La pandémie touche violemment l’Inde. Mi-septembre 2021, le pays compte près de 33,5 millions de cas et plus de 445 000 morts. Enfin, les conséquences économiques pour les familles vulnérables sont catastrophiques. « Malheureusement, il y a eu des décès dans la communauté. Et les familles des enfants accueillies souffrent beaucoup sur le plan financier. Avec le confinement, tout a été arrêté. Aujourd’hui encore, cela tourne au ralenti. Beaucoup d’activités n’ont pas repris à plein temps », précise Mary. Aina Trust, avec le soutien du BICE, aide donc les familles des 150 enfants accueillis dans les crèches, en leur distribuant chaque mois des denrées de première nécessité. Toutes les assistantes maternelles et les mamans ont également été vaccinées.

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