Mali. Actions du partenaire du BICE dans les zones aurifères - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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Mali - site orpaillage
© BNCE-Mali

Mali. Actions du partenaire du BICE dans les zones aurifères

Le BNCE-Mali, partenaire du BICE, intervient dans la zone transfrontalière et aurifère du sud-est du Mali. Il aide les familles les plus démunies sur le plan alimentaire. Et mène des actions en faveur de la parentalité positive et du respect des droits de l’enfant.

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Dans cette région, au sud de Sikasso, à la frontière du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, nombreuses sont les familles qui viennent tenter leur chance dans l’extraction de l’or, qu’elle soit artisanale ou industrielle. Notamment ces dernières années où les populations du nord et du centre du pays fuient la crise sécuritaire. En raison du boom de l’exploitation, la concurrence est de plus en plus rude.  « Pour beaucoup, le rêve de bien gagner sa vie grâce à cette activité ne se réalise pas. Loin de là. Nombreux sont ceux à être rattrapés par la misère », témoigne le BNCE-Mali.

Les conséquences sur l’environnement sont, quant à elles, dramatiques. Dans certains villages, les activités d’orpaillage ont même supplanté les activités agricoles, dévastant tout sur leur passage… Les produits chimiques utilisés pour traiter l’or polluent en effet les terres, ravagées, de surcroît, par les puits et les galeries.

Dépendantes sur le plan alimentaire

Un contexte difficile que la crise de la Covid-19 n’a fait qu’aggraver. « L’agriculture étant passée au second plan, les populations qui vivent sur les sites d’orpaillage sont dépendantes sur le plan alimentaire des villages voisins des pays frontaliers, explique le BNCE-Mali. La fermeture des frontières a donc entraîné la hausse des prix de certains produits de base comme l’huile ou le riz… De plus, avec le ralentissement des activités et la baisse du prix de l’or, les familles ont vu leurs revenus fondre. C’est très dur. » Autre conséquence de la crise sanitaire : avec la fermeture des écoles, beaucoup d’élèves sont allés  travailler sur les sites d’orpaillage ; augmentant ainsi le nombre d’enfants travailleurs* dans le pays. « L’école n’est pas perçue comme une priorité. Le retour à l’école de ces enfants n’a donc pas été systématique à la rentrée en janvier. »

Soutien matériel et respect des droits de l’enfant

Pour répondre aux besoins des enfants les plus vulnérables, le BNCE-Mali, avec le soutien du BICE, accompagne ainsi 100 familles sur le plan alimentaire. Il apporte également un appui matériel (fournitures scolaires, vêtements, produits d’hygiène) en fonction des demandes. L’autre volet de son action porte sur la sensibilisation des parents, et plus largement de la communauté, au respect des droits des enfants. Dont l’accès à l’éducation et le droit de vivre dans un environnement sain et bienveillant. Quelque 700 adultes bénéficient ainsi de ces rencontres-discussions et autres ateliers dans 10 villages de la région.

« Nous avons décidé de mener ces actions après avoir observé une détérioration des rapports entre parents et enfants. » Sous pression, fragilisés par la Covid-19 mais aussi par la crise sécuritaire et politique dans le pays, certains parents font en effet usage de pratiques éducatives violentes. « Il nous semblait donc essentiel de leur transmettre des stratégies d’éducation bienveillante, de les aider à adopter ou à retrouver un comportement protecteur envers leurs enfants. »

*Précisons également qu’une augmentation de la traite des enfants a été constaté sur les sites miniers du pays, notamment dans les mines d’or de Gao et de Kidal (Lire article 46e session du Conseil des droits de l’homme : intervention sur le Mali).

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Histoire de vie

Agée de 10 ans, Rosalie vit avec sa famille dans le village de Bananso. Les parents de Rosalie, originaires de la ville de Sikasso à 100 km au nord, ont migré voici trois ans pour devenir orpailleurs. Malheureusement, son père, tailleur de formation, a essuyé de nombreux échecs depuis son arrivée… Et n’arrive pas à reprendre le dessus. Pour nourrir ses enfants, la maman de Rosalie arpente chaque jour les sites d’extraction abandonnés à la recherche d’or et propose son aide aux orpailleurs en échange d’un peu d’argent. Sa fille l’accompagnait quand les écoles étaient fermées. Pour aider cette famille en situation d’extrême pauvreté, le BNCE-Mali la soutient depuis quelques mois sur le plan alimentaire et matériel (fournitures scolaires) notamment. Rosalie a ainsi pu retourner à l’école dès sa réouverture en janvier. Elle est aujourd’hui en 4e année.

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