Syrie. Les Maristes bleus auprès des enfants meurtris - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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© les Maristes bleus

Syrie. Les Maristes bleus auprès des enfants meurtris

Les Maristes bleus sont présents à Alep en Syrie depuis le début de la guerre en 2012. Ils répondent aux besoins d’urgence de la population et accueillent chaque jour dans leurs classes de maternelle 200 enfants de 3 à 6 ans issus de familles défavorisées. Des enfants qu’ils accompagnent dans leur développement physique, intellectuel mais aussi psychologique.

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Basma, Youssef, Mohamed ou encore Moustapha font partie des 200 enfants scolarisés dans les classes de maternelle créées par les Maristes bleus à Alep en Syrie en réponse au conflit… Âgés entre 3 et 6 ans, ils ne connaissent leur pays que en guerre ou détruit par la guerre. Les bombardements, les déplacements forcés pour fuir le conflit, le rationnement, la pauvreté.

« Nous vivons dans une ville en ruine »

« La vie est extrêmement difficile à Alep ; la crise économique y est terrible, explique le frère syrien Georges Sabe, membre des Maristes bleus. Nous avons de l’eau, heureusement, mais nous n’avons que trois heures d’électricité par jour. Le pain comme l’essence par exemple sont rationnés. Et les prix de la plupart des denrées alimentaires et des médicaments ont fortement augmenté. La majorité des habitants vit sous le seuil de pauvreté. Et il n’y a pas de travail. À la fin des bombardements en décembre 2016, nous croyions au fait qu’Alep allait ressusciter. Mais rien ne se passe. Nous vivons dans une ville en ruine et l’espoir a quitté la population. C’est très dur. »

Des enseignantes formées à la résilience pour accompagner les enfants

Pour soutenir les enfants meurtris, les enseignantes des projets éducatifs préscolaires « Apprendre à grandir » et « Je veux apprendre » ont été formées à la résilience dans le cadre du programme Tuteurs de résilience mené par le BICE et son partenaire l’université catholique du Sacré Cœur de Milan. Ainsi, en plus des enseignements classiques (socialisation, préparation à la lecture, à l’écriture, activité d’éveil et de motricité), elles apportent aux élèves un fort soutien psychologique basé sur l’écoute, la valorisation de soi, la confiance, la gestion des émotions. Elles les aident à trouver en eux les ressources nécessaires pour cicatriser leurs blessures visibles et invisibles.

« En Syrie, beaucoup d’enfants sont effrayés au moindre bruit, se bouchent les oreilles et fuient les regroupements. Ils ont souvent un attachement extrême à leur maman. La séparation est compliquée », explique frère Georges Sabe. Même plus âgés, certains enfants ne trouvent le sommeil qu’à côtés de leurs parents et sont pris de panique si, à leur réveil, les parents ne sont plus dans la pièce. Et puis, pour quelques-uns, la violence très présente en eux, est le seul moyen de s’exprimer. »

Retrouver foi en l’avenir

Parmi ces enfants, les Maristes bleus ont accueilli en 2019 Youssef. Il avait alors 3 ans. Déplacée à Alep, sa famille avait fui les conflits plusieurs fois et vivait dans un quartier très pauvre, entourée de maisons détruites. Irritable, Youssef avait des réactions violentes, tapait, refusait le cadre, n’acceptait pas le partage et détestait être enfermé dans une classe. « Nous lui avons apporté beaucoup d’amour, de la sécurité ; nous lui avons donné le temps de nous faire confiance sans le brusquer. Nous lui avons ensuite appris à exprimer ses besoins de façon calme, à s’autogérer. Puis nous l’avons amené à réaliser des activités avec les autres enfants. Aujourd’hui, presque deux ans plus tard, il joue, partage, est empli de compassion pour ses camarades. »

Basma, 5 ans, atteinte d’une malformation à la main droite, a elle aussi retrouvé le sourire auprès des enseignantes de l’école mariste. « À son arrivée il y a deux ans, elle était extrêmement timide, avait honte, cachait sa main en permanence. Nous lui avons appris à tenir un crayon avec sa main malformée, à dessiner. Et nous avons organisé des activités de groupe pour qu’elles jouent avec les autres enfants. Elle entre à l’école élémentaire en septembre. Elle est ravie… Et nous aussi. Dans un contexte de guerre, de désillusion, il est important d’aider ces enfants à retrouver foi en l’avenir, à réapprendre à faire confiance et à se faire confiance. »

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