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20 décembre 2019 | 16:16

Violences sexuelles en RDC : une situation catastrophique

RDC - action de sensibilisation
Action de sensibilisation menée par Ghovodi à Munigi

Il y a quelques jours, Médecins sans frontières alertait sur l’augmentation des violences sexuelles dans le Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Il estime à plus de 560 le nombre de victimes en un trimestre. Une réalité alarmante que notre partenaire local Ghovodi, présent dans la région de Goma, confirme.

« Nous devrions avoir des données émanant de l’État à la fin du mois, mais je crains d’ores et déjà qu’elles ne soient bien pires. » En RDC, et particulièrement au Nord-Kivu, les violences sexuelles constituent en effet un lourd fléau. Une arme de guerre ou de répression qui ravage la société depuis plusieurs années. Et cette situation est aggravée par les conflits à répétition et la présence de groupes armés de plus en plus nombreux. Ils sont aujourd’hui plus de 130 dans la région.

« Les victimes sont en majorité des femmes et des filles, mais il y a aussi des hommes et des garçons, explique Bene Kimathe, chargé de programme chez Ghovodi. Les gens peuvent être agressés partout et à tout moment, en allant au champ, à l’école… lors de leurs activités quotidiennes. Ils sont terrifiés. C’est terrifiant. » Des violences sexuelles sont aussi perpétrées lors des déplacements massifs des populations fuyant les conflits. « Et l’on observe des phénomènes d’abus sexuels dans les maisons de tolérance. »

 « Il est même dangereux de porter plainte »

« Les auteurs sont le plus souvent des membres de groupes armés, des forces de l’ordre, des ex-combattants, mais aussi des membres de la communauté. » Ces exactions commises interviennent dans un contexte de vide sécuritaire. Les victimes peinent à obtenir justice et réparations. « Il est même dangereux de porter plainte, ajoute Marie-Laure Joliveau, chargée de programme au BICE. Un climat d’impunité domine. C’est pour cela qu’il est essentiel de mener des actions de prévention, d’accompagner les garçons, dès leur plus jeune âge, vers une masculinité positive. Leur apprendre à avoir des comportements respectueux et non violents envers les jeunes filles et les femmes. Leur apprendre le respect de l’autre et l’équité. »

Ghovodi, qui agit au quotidien auprès des victimes*, souligne également l’importance de renforcer les plaidoyers au niveau local, régional et international pour que cesse l’impunité et pour une meilleure prise en charge des victimes.

 

* Dans la région du Nord-Kivu et en matière de lutte contre les violences sexuelles, Ghovodi mène des actions de sensibilisation communautaire auprès des écoles, des églises et autres leaders de la communauté. Il élabore des plaidoyers, organise des tribunes d’expression populaire, met en place des structures communautaires de protection et d’alerte. L’organisation offre aussi un appui psychosocial aux victimes et les oriente vers les structures adaptées. Elle les aide à se réinsérer sur le plan socio-économique.