Développement d'une communauté quechua en Bolivie - BICE
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bolivie - projet Activités génératrices de revenus avec la communuaté Quechua
© Bolivia Digna

Bolivie. « Nous sommes très fiers du chemin déjà accompli »

Plus de 70 familles quechua installées depuis de nombreuses années dans des maisons de fortune dans la banlieue de Sacaba en Bolivie s’investissent pleinement dans le projet de développement de leur communauté mis en place par Bolivia Digna et soutenu depuis 2021 par le BICE. Les résultats sont très encourageants. Tour d’horizon.

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Création d’un verger et d’un potager, installation de poulaillers, mise en route d’une cantine, et maintenant développement d’activités génératrices de revenus… Les choses bougent dans le bidonville situé derrière le marché d’Arocagua, dans la banlieue de Sacaba. Et les 72 familles quechua sur place, heureuses de voir leurs conditions de vie s’améliorer, s’investissent pleinement dans le projet. « C’est aussi ce qui explique le succès de ces actions développées par notre fondation Bolivia Digna et soutenues par le BICE. Les familles sont très impliquées et s’approprient les activités à mener depuis le début », explique Dante González, président de Bolivia Digna.

Une cantine pour lutter contre la malnutrition des enfants

Depuis quelques semaines, une cantine équipée d’une cuisine collective sert des repas et goûters aux enfants issus des familles les plus démunies et aux personnes âgées isolées. « Et puis, si un parent n’a pas non plus de quoi se nourrir, nous ne le laissons pas sans rien bien sûr », précise Dante. Dans la cuisine, des mamans volontaires, soutenues par des bénévoles, confectionnent les plats. Des plats pensés sur le plan nutritionnel, « à base de soupe de quinoa, lentille ou blé, accompagnés de légumes et herbes aromatiques du potager et par exemple, de temps en temps, de milanaises de foie… » Car l’objectif, avant tout, est de lutter contre la malnutrition, qui touchait près de 70 % des enfants en 2021.

Pour ce faire, un médecin et deux infirmières ont rencontré tous les enfants de la communauté en août afin de vérifier leur état de santé en général et plus précisément leur état nutritionnel. Une deuxième visite sera réalisée avant fin novembre, afin de voir l’évolution de chacun. Les enfants souffrant de graves problèmes de santé sont eux suivis une fois par semaine. « Nous allons également former les mamans sur ce qu’est une alimentation saine, comment confectionner des repas nutritifs. Certains enfants, par exemple, sont en surpoids alors qu’ils sont sous-nutris », souligne Dante.

« Avec l’augmentation du nombre de travailleurs informels, gagner un peu d’argent est de plus en plus difficile »

Depuis l’ouverture de la cantine, le nombre de repas servis quotidiennement est passé de 40 à plus de 80. L’insécurité alimentaire est importante pour nombre de familles quechuas. Car beaucoup vivent dans l’extrême pauvreté. « Le nombre de travailleurs informels ayant augmenté avec la crise, il est de plus en plus difficile de gagner un peu d’argent, la concurrence entre eux est forte. D’ailleurs, plusieurs parents qui habitent à 2 km ont entendu parler de la cantine et y emmènent désormais leurs enfants. »

L’ouverture de cette cantine est aussi un moyen de lutter contre le travail des enfants, obligés jusqu’alors de faire des petits travaux pour gagner de quoi manger. Cela favorise ainsi leur maintien à l’école. Autre avantage : les parents, qui s’absentaient parfois 10-12 heures par jour pour pouvoir nourrir les enfants le soir, peuvent désormais être plus présents et partager davantage de moments en famille.

Développer le soutien aux activités génératrices de revenus

Face à ces premiers constats, la Fondation Bolivia Digna a choisi de renforcer l’aide alimentaire. Et de développer le soutien aux activités génératrices de revenus. Un soutien primordial pour que les mamans retrouvent leur autonomie financière. « Après la création des potager, verger, poulaillers et clapiers communautaires, et l’installation de réservoirs d’eau, qui permettent aux familles d’accéder à une certaine sécurité alimentaire, nous travaillons désormais sur l’indépendance économique des mamans. Beaucoup dépendent totalement de leurs maris ou ex-maris et se retrouvent dans des situations difficiles sur le plan financier quand ces derniers partent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, comme ouvriers agricoles dans le Tropique de Cochabamba. »

Dix premières femmes formées et soutenues pour lancer leur projet

Ainsi, les mamans et les jeunes femmes sans enfants de la communauté intéressées par le projet ont identifié, avec l’aide de Bolivia Digna, plusieurs secteurs d’activités. Parmi eux : la cuisine, la coiffure, la couture, le nettoyage de maisons et de bureaux. Dans un premier temps, dix d’entre elles vont être formées puis soutenues pour lancer leurs micro-entreprises. Puis dix autres.

« Comme tout ce que nous avons développé depuis le début de ce projet, cela fonctionnera aussi grâce à l’entraide, la solidarité entre les familles. Ainsi, les premières femmes en activités financeront une petite partie de la formation des suivantes. Et ainsi de suite. Nous sommes très fiers de toutes ces actions. Portées par les familles, elles agissent sur plusieurs pans et proposent une évolution de la communauté dans son ensemble. Ce travail global, possible grâce au soutien du BICE, fonctionne. Cela représente beaucoup d’espoir. »  

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