Notre mission :

Défendre les droits et la dignité des enfants partout dans le monde

5 juin 2020 | 09:26

Droit à l’identité : nouvelles actions au Togo

Enregistrement des naissances Togo
©A2PEJF

Au Togo, pour répondre aux besoins des populations rurales, le programme d’enregistrement des naissances mis en place en 2019 avec A2PEJF (Association pour la promotion et la protection de l’enfant et de la jeune fille) est prolongé. 500 enregistrements et des actions de sensibilisation sont prévus de septembre 2020 à février 2022

Dès la naissance, chaque personne a le droit d’avoir une identité*. Un droit humain fondamental qui permet à chacun d’accéder à l’ensemble de ses droits (nationalité, santé, éducation, protection…). Sans enregistrement à l’état civil, l’enfant n’a en effet pas d’existence légale. Un mécanisme absolu d’exclusion sociale. Encore aujourd’hui, chaque année dans le monde, selon l’Unicef, plus de 50 millions de naissances ne sont pas enregistrées. Des enfants privés de leur droit à une identité. Des enfants « invisibles ». 

Le Togo fait partie des pays particulièrement touché par ce problème. Plus de 30% des naissances dans les zones rurales ne sont pas enregistrées (source : Unicef 2019). Les principales raisons ? Des démarches coûteuses et complexes pour des parents en situation de grande précarité, qui ignorent de surcroît souvent l’importance de cette démarche administrative.

En 2019, une première action de 6 mois réussie

Dans ce contexte, le BICE a décidé de travailler sur le sujet auprès de son partenaire A2PEJF dans la région Sud-Est maritime du Togo. Après une première action réussie en 2019, au cours de laquelle 50 enfants ont obtenu leur extrait de naissance après de longues démarches juridiques et administratives menées par notre partenaire, il est apparu évident que cette action devait se prolonger en 2020. « La population a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme notre projet. Chefs traditionnels, directeurs d’école, comités locaux de protection de l’enfance… se sont réellement investis dans les actions de sensibilisation. Ils ont eux-mêmes mené des actions dans leurs villages pour informer la population sur l’importance d’enregistrer leur enfant dès la naissance », souligne Marie-Laure Joliveau, chargée de mission au BICE.

Enregistrements de 500 enfants et des actions de sensibilisation

Cette année, le BICE et son partenaire vont donc élargir leur région d’intervention et augmenter le nombre de demandes de jugement supplétif pour l’obtention d’actes de naissance. Ainsi, démarches et financement seront assurés pour l’enregistrement de 500 enfants vulnérables de 1 à 17 ans. Quelque 50 leaders communautaires, chefs traditionnels, notables et agents d’état civil participeront également à des actions de sensibilisation sur l’importance de l’enregistrement systématique et légal des enfants dès la naissance. Ces actions seront menées dans 10 villages du sud-est maritime du Togo. Enfin, deux radios de vaste audience diffuseront desémissions sur cette thématique.

* L’identité regroupe le nom, le prénom, la date de naissance, le sexe et la nationalité de la personne.

« Je m’appelle Akossiwa, je suis veuve, j’ai huit enfants à ma charge et je suis analphabète. Je ne connaissais pas l’importance des actes de naissance pour les enfants jusqu’à l’année dernière. Ma cinquième fille a dû abandonner l’école. Elle ne pouvait pas passer l’examen du Certificat d’études de premier degré (CEPD) parce qu’elle n’a pas d’acte de naissance. Mes deux derniers enfants n’avaient pas, eux non plus, d’acte de naissance. Mais heureusement, grâce à l’action d’A2PEJF et du BICE, ils disposent désormais d’un jugement supplétif transcrit. Ils ne vivront pas la déception que ma fille a dû vivre.

Désormais, je vois les choses autrement et je comprends l’importance de ce papier. Les actions de sensibilisation auxquelles nous avons assisté nous ont aussi appris que sans cet acte de naissance, il est impossible d’avoir un certificat de nationalité, une carte d’identité, un passeport…. Il est important que le plus grand nombre de parents le sachent. Pour qu’ils fassent les démarches nécessaires dès la naissance de leur enfant. »

Akossiwa – deux de ses enfants ont bénéficié du projet 2019