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11 septembre 2020 | 15:37

Écoles sans murs au Paraguay

Paraguay Callescuela écoles sans murs

Au Paraguay, le projet Écoles sans murs (2020-2023) mis en œuvre avec l’association Callescuela se concentre notamment sur l’éducation préscolaire.

Le Paraguay est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. La corruption, les disparités sociales et la répartition inégale des terres – 3% de la population possède 80% des terres productives – grèvent le pays. Chaque année, entre 1997 et 2006, environ 9 000 familles paysannes, expulsées de leurs terres, ont dû s’entasser aux périphéries des villes. Pour ces familles en grande partie autochtones, ce déracinement imposé est source de perte de repères, de fragilisation et de difficultés pour accéder aux services publics dont l’école.

Taux d’analphabétisme élevé

Les conséquences de ces inégalités sociales sont sans appel y compris dans le domaine de l’éducation. Par exemple, le taux d’analphabétisation atteint 8,1% dans le département d’Alto Paraná où le projet se développe. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a ainsi appelé récemment les autorités paraguayennes à intensifier leurs efforts pour donner aux enfants autochtones accès à l’éducation, en particulier à l’éducation préscolaire. Le Comité a en effet déploré l’absence quasi-totale de structures d’accueil et d’éducation pour les plus jeunes. Seuls 5,5% des enfants en bas âge sont accueillis dans un espace petite enfance.

Alimentation déséquilibrée, retards de croissance

Dans les communautés visées par ce projet, les enfants de moins de 5 ans ne disposent en effet pas d’espaces nécessaires pour une stimulation appropriée. Et n’ont pas accès au matériel pédagogique nécessaire à leur éveil précoce. Nombre d’entre eux commencent ainsi leur vie scolaire à 6 ans, ce qui rend plus compliqué leur processus d’apprentissage. Leur alimentation est également déséquilibrée ; de ce fait, les enfants présentent des retards dans leur croissance. Enfin, les parents, pour la plupart des travailleurs informels, sont installés dans la précarité. Ils ont tendance à considérer l’école comme une charge pour l’économie familiale.

Importantes inégalités hommes-femmes

Autre disparité : l’importante exclusion de l’école et du marché du travail des filles issues des milieux défavorisés. Essentiellement en raison des tâches domestiques que leurs familles leur attribuent (Rapport ONU Mujeres, Igualdad de género y brechas en Paraguay, 2015). Ces jeunes filles souffrent ainsi du manque d’accès aux services de santé et à l’éducation, mais aussi souvent d’actes de violence, largement répandus dans les zones défavorisées. Un chiffre accablant : au niveau national, environ 2 filles entre 10 et 14 ans accouchent chaque jour. En général, victimes d’une agression sexuelle ou d’un viol.

Actions du BICE et de son partenaire Callescuela

Dans ce contexte, le BICE a décidé de renouveler son soutien* à son partenaire Callescuela. Cette association est à l’origine du modèle des Centres d’éducation pour la petite enfance (CEPI – Centro de Educación Primera Infancia) qui préparent l’entrée dans des établissements formels. Elle est également impliquée dans la lutte contre les violences, en particulier de nature sexuelle.  Parmi les actions mises en place dans le cadre du projet Écoles sans murs (2020-2023) :

Favoriser une éducation de qualité dès le plus jeune âge

– Soutien à la mise en place de trois espaces éducatifs et récréatifs informels (CEPI) pour des enfants de 1 à 5 ans.
– Organisation de cours de soutien scolaire pour les 6-17 ans.
– Mise à disposition de tous les enfants d’espaces éducatifs de qualité : bibliothèque, ludothèque, salle informatique
– Sensibilisation des familles pour qu’elles reconnaissent l’importance de l’éveil précoce.
– Accompagnement sanitaire et nutritionnel des enfants les plus vulnérables.
– Accompagnement des enfants et des parents dans l’intégration du système scolaire formel.
– Plaidoyer au niveau local et national pour la reconnaissance des CEPI, l’allocation de ressources à leur fonctionnement dans le cadre du budget des municipalités. Demande auprès du ministère de l’Éducation d’un soutien pédagogique et de matériel didactique.
– Plaidoyer pour la constitution d’un Conseil municipal de l’enfance dans les communautés concernées par le programme. Mise en place de processus participatifs.

Promouvoir la bientraitance

– Promotion auprès des familles de la parentalité respectueuse des droits de l’enfant, de la bientraitance et de l’égalité des genres.
– Mobilisation de tous les acteurs communautaires ; et, en premier lieu, les enfants pour prévenir toute forme de violence à leur égard, en particulier de nature sexuelle.
– Création d’espaces et développement de stratégies pédagogiques ; pour que les enfants, leurs référents et le milieu communautaire accèdent à des cours d’éducation à la sexualité.

*Depuis 2005, le BICE soutient les CEPI ainsi que d’autres activités en faveur d’enfants plus âgés tant à Asunción que dans le département de Alto Paraná.