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2 juin 2017 | 14:09

Une nouvelle formation sur les ateliers grain de sable en Amérique latine

Une nouvelle formation aux ateliers Grain de sable en Amérique latine©MC Caicedo
Une nouvelle formation aux ateliers Grain de sable en Amérique latine©BICE

Les ateliers Grain de Sable se multiplient et s’adaptent en fonction des pays. Retour sur le partage d’expériences des quatre partenaires d’Amérique latine lors de leur session de formation complémentaire.

La méthode Grain de sable, mise au point par l’association « Accompagnement, Lieux d’Accueil, Carrefour Educatif et Social » (ALC), est un programme de prévention des violences faites aux enfants et aux adolescents. Dans le cadre d’ateliers souvent réalisés en école, les enfants apprennent à identifier les situations de violence auxquelles ils peuvent être confrontés (dans leur famille, dans la rue, avec leurs pairs…) et à trouver des clés pour y répondre, comme la recherche d’aide auprès d’un médiateur (adulte relai) identifié.

Les ateliers Grain de sable en Amérique latine ont débuté en 2016 avec les partenaires du BICE au Chili (VPSC), au Pérou (CESIP), en Uruguay (JPC) et au Paraguay (BECA). La formation complémentaire qui s’est tenue à Asunción, du 13 au 15 mars 2017, a réuni 4 organisations autour de Patrick Hauvuy, Directeur et formateur chez ACL. Ce dernier revient pour nous sur ces journées de partages et d’échanges.

Les 3 objectifs de la formation grain de sable au Paraguay

Patrick Hauvuy : Plus qu’une simple formation, cette rencontre Grain de Sable avait 3 objectifs.
Faire un tour d’horizon de l’avancée des différents projets, en pointant aussi sincèrement que possible, ses forces et ses faiblesses dans chaque organisation.
Renforcer les capacités des partenaires en s’appuyant sur des projets déjà installés et d’autres plus en construction.
Poursuivre la construction collective initiée avec le BICE, en associant en premier lieu les jeunes, les adultes référents et les responsables.

Des partenaires impliqués dans la construction d’un projet

Patrick Hauvuy : Les participants se sont appropriés la méthode Grain de Sable de façon impressionnante. Nous, les formateurs, leur avions précisé que ce programme n’était pas un programme « prêt à penser », une sorte de cahier de coloriage où il suffirait de remplir des cases pour répondre aux objectifs. Nos attentes dans ce sens ont été comblées !
De plus, nous avions, au sein des participants, des personnes extrêmement douées pour l’animation avec les jeunes. Or, comme partout ailleurs, c’est dans ce travail d’animation que se joue l’intérêt des ateliers Grain de Sable en Amérique latine. Plus l’animation est juste, plus le principe fonctionne dans l’appropriation des thèmes et la compréhension des objectifs.
Enfin, ce qui ressort clairement, c’est la nécessité de faire simple avec des thèmes très complexes. Sans les rabaisser ou les vulgariser mais être dans une démarche de partage avec l’autre, le public, le jeune, pour lui permettre de s’exprimer et de trouver ses propres ressources.

Il y a une sorte d’universalité dans la maltraitance

Patrick Hauvuy: Il n’existe pas de différence sur le fond entre les ateliers Grain de Sable en Amérique latine et ceux menés dans les autres pays. Si les organisations qui travaillent avec le BICE sont disparates, elles ont en effet toutes comme point central l’intérêt supérieur de l’enfant.
Par contre, les manifestations et les problématiques diffèrent, elles, suivant les lieux et les époques. L’abus sexuel est toujours un acte odieux, mais sa perception et son traitement varient d’un pays à l’autre. Par exemple, avec le partenaire moldave du BICE (CRICC), le thème des enfants confiés était central dans sa campagne lorsqu’il est relativement peu abordé dans les ateliers Grain de Sable en Amérique latine.
Ce qui est troublant, c’est de constater que les mécanismes d’enfermement sont les mêmes. La culture – ou ce qui est décrit comme telle- peut renforcer ce sentiment d’enfermement, mais les situations décrites sont souvent identiques : impossibilité d’en parler, étouffement, pression, crainte de l’environnement…Il y a une sorte d’universalité de la maltraitance, dans des contextes bien singuliers suivant les pays.