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30 avril 2018 | 08:13

Réinsertion réussie pour les 40 jeunes démobilisés des groupes armés en RD Congo

Réinsertion réussie pour les 40 jeunes démobilisés des groupes armés en RD Congo
©CSF

En janvier 2017, le BICE soutenait la Fraternité laïque mariste Cœur sans Frontières (CSF) dans son projet de réinsertion de 40 jeunes démobilisés des groupes armés en RD Congo. L’objectif était de taille : aider ces jeunes, détruits par la guerre et rejetés par leur communauté, à renouer avec leur famille et à apprendre un métier.

Une année plus tard, le bilan du projet mené dans le cadre du programme Éducation du BICE est globalement positif. Si des défis et des fragilités subsistent, la totalité des 40 jeunes accompagnés a acquis une formation professionnelle et se réinsère progressivement dans la société civile. Ces résultats encourageants ne doivent pas cacher la complexité de la tâche, menée de façon globale et agile par CSF.

Un soutien éducatif et psychologique pour les jeunes issus des groupes armés en RD Congo

Les 40 jeunes pris en charge par CSF (19 jeunes filles, 21 garçons) ont été enrôlés, souvent de force, dans les groupes armés en RD Congo, comme combattants ou épouses des miliciens. Démobilisés, ils se retrouvent dans un état de solitude et de délabrement complets.

  • Physiquement, ces enfants sont très affaiblis. Nombre d’entre eux souffrent de paludisme, de grippe, de fièvre typhoïde, de problèmes respiratoires ou encore de MST. CSF a pris en charge 82 consultations pendant l’année pour leur assurer le soutien médical nécessaire
  • Psychologiquement, la violence des traumatismes a laissé des traces. 26 jeunes présentent des troubles graves : agressivité, insomnies, anorexie, addiction aux drogues et à l’alcool, tentative de suicide. Le psychologue de CSF a suivi l’ensemble des enfants en séances individuelles, mais il a aussi proposé des activités récréatives de groupe pour renforcer leur socialisation.
  • Scolairement, 26 enfants étaient analphabètes, 15 d’entre eux n’avaient jamais fréquenté l’école. Des cours leur ont été dispensés pour qu’ils sachent lire, écrire et compter, savoirs indispensables dans leur métier futur.
  • Financièrement enfin, ces enfants, souvent issus de familles très pauvres, n’avaient aucun moyen de subsistance. Grâce à la formation professionnelle de CSF (en couture, coiffure ou menuiserie suivant leur choix), ils ont appris un métier, sésame pour leur réinsertion économique et professionnelle. A la fin du cursus, en décembre 2017, les 40 étudiants ont été diplômés !

Le nécessaire engagement de toute la communauté

Ces actions auraient néanmoins été impossibles et stériles sans le soutien de la communauté. Là encore, les initiatives de CSF se sont multipliées pour sensibiliser les différents acteurs nécessaires au projet.

  • 20 familles d’accueil transitoires ont été sélectionnées, accompagnées et indemnisées pour recevoir les jeunes durant leur formation.
  • CSF a organisé des réunions de sensibilisation pour faire prendre conscience aux parents de leur rôle dans la protection et la croissance de leur enfant. Des médiations ont été menées en parallèle auprès de certaines familles biologiques. Certaines étaient en effet réticentes à reprendre leur enfant, souvent par crainte de représailles des groupes armés.
  • CSF a rencontré leaders communautaires, notables et réseaux de protection de l’enfance locaux pour les impliquer dans la réintégration de ces enfants.
  • Enfin, des maîtres artisans formateurs et des ateliers de production ont accueilli, parfois non sans inquiétude, les jeunes. Ils les ont initiés à leur nouveau métier.

Aujourd’hui, fort d’un apprentissage de base en gestion et équipés d’un kit d’outils financé par CSF, les 40 jeunes sont prêts à lancer, en groupe, leur activité entrepreneuriale. Un nouveau départ vers une nouvelle vie.