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Atelier de résilience à Ivanivka, oblast de Tchernihiv, Ukraine
Atelier de résilience à Ivanivka, oblast de Tchernihiv, Ukraine © WCU

Des images pour libérer la parole

Utilisés par le BICE et ses partenaires, les livres sans texte accompagnent les enfants vulnérables et leurs familles. Sans imposer de mots, ils ouvrent un espace où chacun peut s’exprimer à son rythme.

L’équipe de rédacteurs. Publié le
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Les livres sans texte, ou silent books, sont de précieux outils de résilience et de dialogue. Développés depuis 2022 par le BICE, à Kiev d’abord, ces petits ouvrages trouvent aujourd’hui leur place dans des contextes très variés. Neuf partenaires du BICE les ont déjà adoptés, adaptant les illustrations et le récit à leur réalité : en Ukraine, auprès des enfants fragilisés par la guerre ; en RDC, pour accompagner ceux déplacés de force ; au Bénin ou au Guatemala, pour sensibiliser les plus jeunes et les parents à leurs droits ; en Argentine, pour alerter sur les dangers des écrans…

Depuis 2022,
20 livres sans texte ont déjà été créés.
Plus de 19 000 enfants en ont bénéficié.

Favoriser l’expression des émotions

« Je ne propose pas aux enfants une “bonne” histoire ; je les invite à raconter ce qu’ils voient, comment ils comprennent les événements et ce qu’ils pensent que les personnages ressentent. Très souvent, un même livret donne naissance à des récits différents. C’est précisément ce qui permet à l’enfant de parler de sa propre expérience en toute sécurité », explique Olga, tutrice de résilience à Women’s Consortium of Ukraine, partenaire du BICE. Pour des enfants confrontés à des événements traumatiques, « à des pertes répétées », cette mise à distance joue un rôle essentiel : parler d’un personnage peut aider à mettre des mots sur son propre vécu, ses émotions.

« J’ai beaucoup appris grâce au livre Semillitas (petite graine). J’ai appris que parfois, comme une graine qui vole au loin et tombe sur une terre sèche, nous devons être patients avant de grandir, nous épanouir. Être volontaires, avancer même quand c’est difficile. J’aime cette histoire, elle me fait me sentir bien.

Milagros, 9 ans, Minga Guazú, Paraguay

Promouvoir les droits humains

Les silent books aident aussi les enfants à mieux comprendre leurs droits, à identifier les situations de violence et de discrimination. Au Bénin, par exemple, notre partenaire les utilise notamment pour favoriser l’accès à l’éducation. Un enjeu majeur dans les zones rurales du nord du pays, où la précarité conduit de nombreuses familles à envoyer leurs enfants travailler aux champs plutôt qu’à l’école. « À partir des illustrations, les enfants répartis par groupes d’âge dessinent, débattent, jouent des saynètes, créent des affiches… Ils s’approprient ainsi pleinement le sujet, explique Yves Soton, chargé du projet chez les Franciscains Bénin. L’année dernière, nous avons vu les mentalités évoluer. Je me souviens d’un groupe de garçons qui a pris conscience de l’importance de l’éducation des filles. Ce qui était loin d’être une évidence pour tous au début des ateliers. »

L’une des grandes forces de cet outil est aussi d’être accessible à ceux qui ne savent pas lire. Au Bénin, comme au Paraguay ou en Argentine, des parents illettrés ont ainsi pu participer aux rencontres, échanger sur leurs enfants, leur développement, leurs droits et porter un nouveau regard sur leurs besoins. Certains ont souhaité, à leur tour, transmettre ces messages à d’autres parents, prolongeant ainsi la sensibilisation bien au-delà des ateliers. Une belle façon de faire vivre le projet.

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