Lutte contre les violences. Présentation de neuf actions concrètes - BICE - ONG de protection des droits de l'enfant
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lutte contre les violences - présentation make.org
Le 23 septembre 2021, Make.org et ses partenaires ont dévoilé le plan d’actions de la Grande Cause pour la protection de l’enfance.

Lutte contre les violences. Présentation de neuf actions concrètes

Make.org a présenté fin septembre les neuf actions qui seront mises en place au cours des deux ans à venir, suite à la consultation citoyenne pour la lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants

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« En tant que juge des enfants, je peux vous dire qu’il m’est arrivé d’avoir peur de ce que j’entendais en audience… Il y a des enfants qui vivent dans une maison qui n’est pas un lieu de sécurité mais un lieu de peur… Nous avons le devoir de les protéger… Un enfant qui révèle des violences et comprend qu’il n’est pas cru risque un effondrement psychique. Et s’il n’est pas protégé immédiatement, il perd confiance dans le monde des adultes. Individuellement et collectivement, nous voulons être quelqu’un à qui un enfant malheureux peut faire confiance. » Invité par Make.org lors de la présentation de son plan d’actions, Edouard Durand, juge des enfants et co-président de la commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), a ainsi rappelé l’importance de se mobiliser, d’agir pour améliorer l’accompagnement des enfants victimes de violences.  

Agir. C’est bien l’objectif de la grande cause Enfance initiée par Make.org il y a un an et soutenue par des entreprises, des personnalités et une quarantaine d’associations dont le BICE*. Neuf projets seront ainsi mis en œuvre au cours des deux prochaines années. « Plus de 70 000 personnes ont participé à cette consultation citoyenne. Et il y a eu environ 4 300 propositions. Nous sommes donc partis des idées les plus récurrentes, celles qui faisaient consensus, pour établir quatre axes de travail : la prévention ; la détection/alerte ; la procédure judiciaire ; la prise en charge », précise Marion Hislaire, responsable des opérations chez Make.org.

1er axe : Renforcer la prévention

Ce premier axe comprend quatre projets.

Des ressources en ligne pour les parents

Ce premier projet consiste à soutenir le développement d’un site d’informations et de ressources à destination des parents. Lancé par le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du CHU Robert Debré à Paris, ce site (Clépsy – Pédopsychiatrie, CHU Robert Debré (clepsy.fr) promeut l’éducation bienveillante. Il met à disposition du grand public des outils interactifs, des fiches pratique ; afin d’aider les parents à mieux appréhender les troubles de leurs enfants.

Un espace pour les jeunes

Ce projet, porté par En avant toute(s) et le 119, propose d’offrir aux adolescents un espace d’informations et de discussion où tous les sujets pourront être abordés : violence, cyberviolence, amitié, sexualité, relations familiales… L’objectif est de ne pas les laisser seuls avec leurs peurs, leurs questions, leur mal-être. Cet espace leur proposera donc un soutien, une écoute et une redirection vers les structures de prise en charge adaptée.

Un clavier anti-haine

L’entreprise Bodyguard travaille sur la création d’un clavier détectant les messages haineux ; afin d’inciter les enfants à mieux se comporter en ligne. Le clavier analyse le texte. Si le message est haineux, il le fait savoir à l’utilisateur. Puis lui demande s’il veut vraiment envoyer le message et lui propose un texte alternatif. Tout cela afin que l’enfant ou adolescent prenne conscience de son acte.

Un dessin animé : Ton super pouvoir

Une série télévisée sur les violences (violences sexuelles, harcèlement, discriminations…), à destination des 6-8 ans, est en cours de création. « Dans cette série d’animation composée de 13 épisodes de 2 minutes, le super pouvoir est la parole », souligne l’un des auteurs, Nicolas Sedel. Et ce super pouvoir permet de lutter contre les violences dont les enfants peuvent être victimes ou témoins. « Nous espérons qu’elle sera diffusée d’ici un an dans les programmes jeunesse », ajoute Marion Hislaire.

2e axe : Détection/alerte

Cet axe comprend deux projets. L’objectif est de proposer de nouveaux canaux de détection et d’alerte, en complément avec le 119.

Sensibiliser les professionnels de santé

Le projet prévoit de former en e-learning près de 200 000 professionnels de santé, en contact avec les enfants, dans la détection et le signalement des cas de violences.

Un bouton « À l’aide » pour les élèves

Un bouton « À l’aide » pourrait être mis à disposition des élèves sur tous les espaces numériques de travail des écoles. Cela permettrait aux enfants de signaler des faits de violences et de solliciter l’aide d’un adulte sur un espace sécurisé. « ONE, réseau éducatif pour les primaires et NEO, pour les collèges et lycées, c’est 700 millions de connections par an. Ce serait donc intéressant de s’appuyer sur ces réseaux existants pour développer ce projet », souligne l’intervenante.

3e axe : La procédure judiciaire

Cet axe comprend un projet.

Le recueil de la parole de l’enfant

Ce projet se propose d’améliorer les conditions d’audition des enfants. Pour ce faire, de nouvelles salles d’audition adaptées seront créées dans les gendarmeries avec le soutien de la Voix de l’enfant. Actuellement leur nombre reste en effet insuffisant. Et dans certains cas, les salles ont des équipements inadaptés et vieillissants.

4e axe : La prise en charge de l’enfant victime

Cet axe comprend deux projets.

Groupes de parole pour les victimes de harcèlement

Aujourd’hui en France, on dénombre plus de 700 000 enfants victimes de harcèlement par an. L’objectif de ce projet est de mettre en place un dispositif efficace d’accompagnement psychologique de ces victimes. Des groupes de paroles en ligne seront proposés aux enfants et adolescents ; ainsi qu’un soutien aux parents grâce à un accompagnement individualisé avec un psychologue spécialisé.

Mon allié numérique

E-Enfance développe un outil en ligne permettant aux enfants victimes de cyberharcèlement d’être pris en charge. Cet outil les aidera aussi à porter plainte. Il qualifiera en effet juridiquement les messages haineux reçus par l’enfant ; et les stockera dans un dossier numérique, afin de constituer des preuves.

Plus d’infos sur Grande Cause Make.org : Comment protéger les enfants contre toutes les formes de violences ?

*Le BICE mène actuellement un programme interrégional « Lutte contre la violence à l’encontre des enfants, en particulier de nature sexuelle » en Amérique Latine et en Europe de l’Est.

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