Je me souviens des comptines, des bons déjeuners, des jeux avec les autres enfants, des dessins et des danses… Nous dansions souvent. » Afrin avait neuf mois lorsqu’elle a été confiée à une assistante maternelle formée par Aina Trust.
Née d’une famille extrêmement vulnérable, marquée par la pauvreté et les violences de son père envers sa mère, elle se rappelle avec émotion la crèche comme d’un lieu où elle se sentait protégée. Un espace où elle recevait l’attention dont un jeune enfant a besoin. « Quand j’étais bébé, Sahera, la dame qui s’occupait de nous, me prenait souvent dans ses bras. J’aime ce souvenir. »
Un lieu pour grandir et s’épanouir
Comme Afrin hier, grâce au projet actuel mené avec l’appui du BICE et de la Fondation Jean-François Peterbroeck, 150 enfants de moins de 5 ans bénéficient du soutien d’Aina Trust et de ses 30 assistantes maternelles, qui les accueillent chaque jour à leur domicile. « Nous formons ces femmes et les suivons régulièrement afin qu’elles proposent des activités variées qui stimulent le langage, la motricité, la curiosité et les relations avec les autres », explique Mary Chelladurai, directrice d’Aina Trust.
« Si je suis aujourd’hui en 7e classe, c’est grâce à cet accueil. Ça a changé ma vie. J’y ai appris plein de choses qui m’ont aidée pour l’école », raconte Afrin. Et puis, l’accompagnement ne s’arrête pas aux activités ludiques et éducatives. Un repas équilibré est servi le midi, des visites médicales organisées chaque mois et les parents sensibilisés à la nutrition, aux soins préventifs, aux droits de l’enfant…
À titre indicatif, 150 € (51€ après réduction fiscale) financent le déjeuner de 10 enfants pendant 6 mois


Aux côtés des mamans
Un appui social est aussi proposé aux familles les plus fragilisées. « Comme nous avons aidé la mère d’Afrin face aux violences domestiques ou pour assumer les frais de scolarité, précise Mary Chelladurai, 120 mamans sont actuellement accompagnées dans la création et la gestion de microentreprises : petite épicerie, restauration de rue, vente de fleurs, transformation de fruits secs… » Une étape
essentielle pour leur permettre de gagner en autonomie financière et de mieux répondre aux besoins de leurs enfants au quotidien.
Le parcours d’Afrin témoigne des effets de cette prise en charge globale dès la petite enfance. Elle obtient aujourd’hui de bons résultats à l’école, a même reçu plusieurs prix lors de concours scolaires et compétitions sportives. À 13 ans, elle se projette dans l’avenir et rêve de devenir « policière ». Pour les jeunes enfants accompagnés aujourd’hui, ces premières années peuvent, elles aussi, faire une vraie différence et ouvrir un chemin vers un futur qu’ils pourront choisir.
