Contexte
Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les conflits armés et l’instabilité fragilisent depuis de nombreuses années les populations, particulièrement les enfants. Au Sud-Kivu, les violences, l’insécurité et les difficultés économiques affectent la vie quotidienne des familles et le fonctionnement des établissements scolaires.
Dans ce contexte, les enfants et adolescents disposent de peu d’occasions de participer aux décisions qui les concernent. Pourtant, ils peuvent jouer un rôle essentiel dans la promotion du dialogue et le renforcement de la cohésion sociale.
C’est dans cette perspective que le BICE accompagne le Groupe Jérémie, en partenariat avec des écoles, qui représentent des espaces privilégiés pour apprendre à vivre ensemble, connaître ses droits, respecter les différences et développer son engagement citoyen.
Descriptif
Mis en œuvre par le Groupe Jérémie, association congolaise engagée depuis 1993 dans la défense des droits humains, l’éducation civique et la promotion de la paix, le projet se déroule dans trois établissements scolaires de Bukavu : l’Institut Mulindwa, l’Institut Technique de Bukavu (ITB/ISDR) et l’Institut Mapatano.
Il repose sur trois axes complémentaires :
- Créer trois clubs scolaires de paix et de citoyenneté avec chacun 30 membres. Accompagnés par des enseignants référents, les adolescents se réuniront régulièrement pour échanger sur leurs préoccupations, apprendre à défendre leurs droits et préparer des initiatives collectives.

Localisation
Bukavu, province du Sud-Kivu, République démocratique du Congo (RDC)
Partenaire
Groupe Jérémie
Durée
9 mois (octobre 2026 – juin 2027)
Domaines d’action


- Former les enfants aux droits de l’enfant, à la citoyenneté et à la résolution pacifique des conflits. Des ateliers participatifs leur permettront d’aborder le respect des règles, les droits et les responsabilités, la tolérance, la diversité culturelle, la solidarité et la protection de l’environnement. Des élèves seront également formés à la médiation pour contribuer à prévenir et résoudre les conflits entre camarades. Un forum inter-écoles favorisera le partage d’expériences.
- Encourager les initiatives citoyennes et solidaires portées par les enfants. Les clubs organiseront notamment des plantations d’arbres et de fleurs symbolisant la paix, des campagnes de sensibilisation, des saynètes sur les droits de l’enfant et des actions d’entraide en faveur des élèves les plus vulnérables. Ils participeront également à des activités de nettoyage et d’amélioration de leur environnement scolaire.
Résultats attendus
Le soutien du BICE permettra d’accompagner 90 élèves de 14 à 17 ans dans leur rôle de membre de clubs scolaires, dont au moins 40 % de filles, répartis dans trois établissements scolaires de Bukavu. Environ 1 200 autres élèves assisteront à des activités de sensibilisation et des initiatives menées par leurs camarades.
Au sein de clubs créés, 18 élèves seront plus particulièrement formés à la médiation afin de favoriser le règlement pacifique des différends entre élèves.
Les jeunes seront également encouragés à concevoir et à mettre en œuvre neuf mini-projets citoyens et solidaires, soit trois par établissement.
À travers ces actions, le projet ambitionne de réduire de 30 % les violences et autres abus en milieu scolaire, tout en renforçant leur sens des responsabilités des adolescents et leur capacité à devenir des acteurs du changement.
Avant la formation, je pensais que la paix était seulement l’absence de guerre. Grâce aux ateliers, j’ai compris que la paix commence dans nos gestes quotidiens. J’ai appris à écouter, à dialoguer et à résoudre les conflits dans mon quartier. Aujourd’hui, je suis médiateur volontaire et j’aide les jeunes de mon village à régler leurs différends sans violence.
Jean, 22 ans, ancien bénéficiaire d’une formation à la paix
Suivi-évaluation
Le suivi du projet sera assuré par le Groupe Jérémie, en collaboration avec les enseignants encadreurs et les responsables des trois établissements scolaires.
L’évaluation des résultats reposera notamment sur la participation régulière des élèves aux clubs, l’acquisition de connaissances sur leurs droits, le nombre de conflits résolus par la médiation et la réalisation des initiatives citoyennes. Une attention particulière sera portée à l’évolution des comportements, au respect mutuel entre élèves et à la diminution des violences dans les établissements.
L’implication des équipes éducatives et des autorités locales contribuera également à inscrire les clubs de paix dans la durée, au-delà de la période de financement.
