Apprendre à prendre des mesures, réaliser un patron, couper un tissu en limitant les pertes, maîtriser une machine à coudre, assembler les différentes pièces d’un vêtement et soigner les finitions… En six mois, les participantes au projet ont parcouru beaucoup de chemin.
Lorsqu’elles ont commencé leur formation au Centre culturel Champagnat de Koumra, certaines ne savaient pas faire fonctionner une machine à coudre. Au terme du programme, elles sont désormais capables de réaliser, avec une autonomie croissante, des robes, des jupes, des chemises ou encore des vêtements pour enfants. En parallèle, elles ont acquis des notions essentielles pour gérer une micro-entreprise et mieux maîtriser leurs finances (calculer les coûts de production, déterminer un prix de vente adapté, gérer ses recettes et ses dépenses, tenir des comptes simples…), tout en étant sensibilisées aux droits des femmes.
Sur les 60 jeunes filles initialement inscrites, 56 ont suivi le projet jusqu’à sa phase finale. Quatre participantes ont dû interrompre leur formation en juillet et août, notamment en raison de contraintes sociales et des difficultés liées à la saison des pluies.
« Les périodes de travaux agricoles et la saison des pluies restent des moments particulièrement sensibles pour les jeunes filles que nous accompagnons. Les responsabilités familiales peuvent également peser sur leur assiduité. Dans ces moments, nous sommes particulièrement attentifs à leur situation et assurons un suivi individuel afin de les aider, autant que possible, à poursuivre leur formation », explique Frère Ngardoum Nandoumangar, coordinateur du projet au Centre culturel Champagnat de Koumra.



De l’apprentissage à une véritable activité économique
Durant la dernière phase du projet, les participantes ont été placées dans des conditions proches de celles d’un véritable atelier de couture. Elles ont notamment travaillé sur des commandes de clients. Une étape déterminante qui leur a appris à comprendre une demande, organiser leur travail en fonction d’un délai, calculer les quantités de tissu nécessaires, respecter des exigences de qualité et échanger directement avec la clientèle.
Avec la rentrée scolaire, une nouvelle opportunité s’est présentée : la confection de tenues complètes pour les élèves. Ces premières expériences constituent un signe encourageant. Les savoir-faire acquis, transformés en une activité génératrice de revenus, contribuent progressivement à l’autonomie économique des jeunes femmes.
Ce qui fait la singularité de notre projet, c’est qu’il a offert à de jeunes filles vulnérables une véritable opportunité d’apprendre, de prendre confiance en elles et de préparer un avenir meilleur. Grâce à la formation professionnelle, elles ont acquis des compétences pratiques en couture qui les aident à devenir plus autonomes et à créer des perspectives durables pour elles-mêmes et leurs familles. Nous avons pu constater combien cet accompagnement leur avait apporté sur les plans personnel et professionnel. Nous sommes très reconnaissants envers le BICE et toutes les personnes qui ont contribué à rendre ce projet possible. Leur soutien a eu un impact concret et significatif dans la vie des bénéficiaires.
Frère Ngardoum
Des machines à coudre pour poursuivre l’activité
La fin de la formation ne marque pas celle de l’accompagnement. Afin de favoriser la pérennité des acquis, des machines à coudre et de kits complets ont été remis aux jeunes femmes ayant achevé avec succès leur parcours.
Cet équipement leur permet de mettre immédiatement en pratique leurs nouvelles compétences et de développer leur activité dans de bonnes conditions. Certaines ont choisi de travailler individuellement, tandis que d’autres se sont organisées en petits groupes ou en coopératives. Cette seconde solution permet notamment de mutualiser le matériel et les ressources, de réunir différents savoir-faire et de répondre à des commandes plus importantes.
Le parcours de ces jeunes filles contribue aussi à sensibiliser leur entourage et, plus largement, la communauté à l’importance de l’éducation et de la formation des filles. Leur évolution et les perspectives qui s’ouvrent aujourd’hui à elles en sont une illustration concrète.
